• Vous devez être connecté à votre compte pour me contacter

  • Auteur :

    jiljadidbejaia

  • novembre 2017
    D L Ma Me J V S
    « mar    
     1234
    567891011
    12131415161718
    19202122232425
    2627282930  
  • Commentaires récents

    • Visiteurs

      Il y a 1 visiteur en ligne

    Projet de société. Partie 1

    Posté par jiljadidbejaia le 21 mars 2017

    Jil Jadid

     

     Projet de Société

    Pour une Algérie moderne

    -o-o-o-o-o-o-o-

    Introduction

    « Si tu constates un mal, corrige-le avec la main, si tu ne le peux pas, alors avec la parole, si tu ne le peux pas, alors avec le cœur, et c’est là l’expression de la foi la plus faible » Hadith Nabaoui.

         Dans l’Algérie des années 90 du siècle dernier, avec la première tentative d’ouverture démocratique, la notion de projet de société avait fait flores. Tous les partis politiques voulaient offrir un idéal aux Algériens, tel qu’ils l’avaient conçu selon les idéologies  usuelles et  les interprétations en cours. Face à l’islamisme qui couvait depuis quelques décades, une tentative de  projet de société dit moderniste lui fut opposée. Mais par delà les discours politiques, il était difficile de comprendre exactement la portée intellectuelle de ces projections et encore moins les moyens pratiques pour le concrétiser.

         Logo_Jil_JadidDans le corps de la société, la scission était là, béante et conflictuelle. La place et le rôle de la religion, de la femme, de la tenue vestimentaire ou même des interdits culinaires avaient pris une dimension dramatique dans les harengs politiques. L’Islam était l’argument d’autorité jeté à la face de tous ceux qui voulaient remettre en cause des rapports sociaux archaïques, déséquilibrés et inadaptés au monde d’aujourd’hui. Le code de la famille, la peine de mort, la liberté de travail pour la femme,  les obligations religieuses, la répudiation… tout était sujet à conflit potentiel, tout devenait source de tension. La problématique idéologique s’articulait autour de questions sociétales, du rapport homme-femme, des croyances et des rites, de l’ordre familial, de l’identité, des langues usitées…

         Mais pourquoi ces thématiques se sont-elles imposées avec cette intensité ? Pourquoi précisément en cette fin du XXe siècle en Algérie ? S’agissait-il d’une impasse politique ? Cela relevait-il de la nature même du régime instauré depuis l’acquisition de l’indépendance ? Cela s’expliquait-il par l’échec de l’expérience socialiste et du parti unique tentés depuis 1962 ? Des conséquences de la colonisation ? D’où venait exactement cet emballement de l’histoire et ce bouleversement de la donne concernant la perception de la société ? Autant de questions qui ne trouvaient point de réponses et restaient de ce fait en suspens.

         Les partis politiques séculiers, modernistes ou nationalistes, les plus en vue et les mieux outillés, n’embrayaient pas ou plus sur la société. Seul le courant islamiste semblait avoir définitivement emporté toutes les batailles, le vent en poupe. Il lui restait toutefois la guerre à gagner pour confirmer son ascendant définitif ! Son discours empreint de religiosité mais caractérisé par une effervescence passionnelle et des attitudes enfiévrées, était rétrograde, misogyne, traditionnaliste et en même temps violent. Le recours au rapport de force brutal semblait être dans sa nature même. Populiste, totalitaire, sectaire, le mouvement ne pouvait qu’aboutir à l’initiation de troubles majeurs. Et pourtant, il semblait en même temps profondément en phase avec l’état d’esprit d’une bonne partie du peuple. Il a incontestablement incarné la volonté du petit peuple même si celle-ci apparaissait comme fantasmagorique et quelque peu naïve. La rupture entre l’Algérie profonde et les notions de liberté, d’émancipation, de démocratie semblait ontologique. Comble de l’ironie, ceux qui défendaient la démocratie devaient par la suite se mettre au travers de la route de la majorité du peuple. Le régime du parti unique, du socialisme « spécifique », du progressisme était l’objet d’un rejet viscéral et la seule alternative semblait être le retour aux « sources » et la restauration des valeurs « authentiques ».

         Après les événements d’Octobre 1988, l’heure n’était donc pas aux débats d’idées. Qui pouvait d’ailleurs en formuler et en soumettre impunément à l’opinion publique ? L’université, vidée de sa raison d’être, n’était plus qu’une machine à reproduire au pareil des « porteurs de diplômes » sans esprit critique. L’élite universitaire n’avait pas la capacité d’entreprendre pour le compte d’une société désemparée, une longue et douloureuse introspection tellement nécessaire pour proposer de vraies réformes. Les hommes politiques étaient souvent démunis face à la profondeur de la crise. Qui donc pouvait plonger dans les abysses  psychologiques d’une société saisie de violents soubresauts et en plein tourment ?  En effet, on ne peut concevoir un projet de société sans d’abord analyser et même oserons-nous dire psychanalyser la société elle-même. Agir sur une société pour dénouer des nœuds, fluidifier son flux vital, la libérer de ses complexes si puissants et si nuisibles, doit être précédé par une compréhension intime de son esprit, de sa structure inconsciente, de ses points forts et de ses points faibles.

         Aucun courant de pensée, aucun mouvement politique, quelle que soit sa pertinence et sa  dimension, ne peut inventer de facto un modèle de société et l’imposer à un peuple dont les éléments psychosociologiques et anthropologiques ne s’y prêtent pas. Or, ni le socialisme, dût-il être spécifique, ni l’islamisme, distorsion idéologique et affective de l’islam, ni le populisme, de nature sentimentaliste et démagogique, ni un capitalisme cupide et matérialiste, ne pourront apporter le remède dont notre société a présentement besoin.Oui, il faut bien parler de remède car, comme peut l’être toute autre société, la nôtre a été atteinte d’un mal, d’une pathologie, ayant surgit d’elle-même, de ses propres entrailles, sans qu’elle ne le sache ni ne le comprenne et, par conséquent, ne le prévienne.

         Aujourd’hui, un projet de société ne peut être un programme pour énumérer les millions de logements à construire, les emplois à créer et les crédits à offrir. Un projet de société doit fondamentalement relever un défi historique en proposant un idéal partagé, car  compréhensible, séduisant et réalisable. Il faut offrir un dessein et une vision d’avenir qui s’enracinent en une croyance collective puissante et exprime une raison d’être transcendant les égoïsmes et sublimant les qualités intrinsèques d’un peuple.Ce projet de société doit être pensé et mis en œuvre par une élite digne de ce qualificatif, en phase avec son peuple et avec le monde d’aujourd’hui. C’est à cette tâche que ce travail est dédié.

    La problématique algérienne 

    L’Algérie affronte une mutation profonde de ses structures sociétales. Nous passons d’une société traditionnelle à une forme de modernité naissante non encore stabilisée. Les changements des valeurs anthropologiques sous jacentes à la société ont provoqué des troubles très profonds des comportements et un désarroi de la collectivité. C’est l’univers social (affectif) qui est en cause. Une modernisation exogène et impensée, imposée à une société traditionnelle sclérosée a désorienté les Algériens et créé un malaise par la perte de repères intériorisés.

    L’Algérie n’est pas dans une pathologie d’excès sécuritaire ou guerrier. Rien n’indique que la société ait une tendance à l’esprit de guerre qui est reflété par des valeurs de grande discipline et de rationalisme. Tout au contraire, c’est le laxisme, l’indiscipline et l’absence du sens de responsabilité qui dominent. Le terrorisme et les violences dramatiques qu’elle a vécus sont les symptômes réactifs, dérivés d’un bouleversement de l’univers affectif. Les troubles affectifs ont alors été associés à une réactivation des univers sécuritaire et religieux.

    Malgré les apparences d’une religiosité, parfois forcenée, les Algériens sont au fond, souvent en défaut quant au respect des valeurs morales. Fraude, triche, vol, violence, mensonge, hypocrisie, impolitesse, arrogance ne sont pas rares et démontrent s’il en était besoin que le ritualisme religieux n’est qu’une façade pour cacher l’affaissement générale de la foi et de la morale traditionnelle dans la société. Ces phénomènes de transgression viennent de l’enfermement de l’individu dans l’enclos exigu des traditions dont il veut sortir, attiré par un monde moderne plein de tentations. Ne pouvant le faire ouvertement à cause du poids de la société, il est amené à transgresser les règles séculaires par des voies contournées. Cela donne des comportements d’hypocrisie très répandus. Les troubles de l’univers affectif se manifestent également par des comportements sentimentaux immatures. Les humeurs et les affects dirigent souvent les actes en lieu et place de la raison froide et de la lucidité. La vanité, la prétention et les fanfaronnades cachent en fait un malaise plus profond, une perte de confiance en soi et une perte du sens logique de l’action.

    La dislocation des vieilles structures de la société traditionnelle, sous les coups de boutoir de la modernité, a entrainé la décomposition de son « blindage » à caractère sacré, soit la morale religieuse. La partie instrumentée de la religion, utilisée comme « carcan » de renforcement de la tradition est de fait, elle aussi, en voie de destruction. L’Islam avait donné une cohésion et une force exceptionnelles aux structures traditionnelles. Leur inéluctable recomposition mettra à mal la dimension religieuse de la société, aujourd’hui en crise et en proie à l’incohérence générale.

    La désorganisation fonctionnelle des codes sociaux a entrainé des troubles au sein de la société. Le désordre immerge peu à peu tous les compartiments et toutes les activités de la nation. Celle-ci se fracture entre individus à tendance traditionnaliste ou moderniste selon les situations et créant des attitudes schizophrènes. Le besoin d’un recours à des structures stables, censées apporter de l’ordre, sollicite l’institution religieuse (lutter par tous les moyens contre la dissolution brutale et effrayante de la morale est la solution pour certains) ainsi que  l’institution sécuritaire (sécuriser les citoyens dans leurs libertés publiques contre les nouveaux inquisiteurs est l’issue pour d’autres). Ces deux institutions sont sollicitées sans cesse et appelées à la rescousse pour compenser la perte de l’ordre qui devait découler normalement d’un univers social (affectif) stable et apaisé.

    La société d’aujourd’hui         

    Depuis des décades, la société algérienne vit des bouleversements successifs et douloureux qui impliquent les fondements de ses structures politiques, sociologiques et psychologiques et qui la mènent vers une nouvelle configuration sociétale.

    D’abord lentement durant la première moitié du  XXe siècle jusqu’au soulèvement nationaliste, puis de plus en plus rapidement après l’accession à l’indépendance, les mutations ont fini par prendre une allure incontrôlée aux conséquences tragiques.

    Comme tous les peuples, les Algériens n’ont conscience que d’une couche superficielle de leur vécu. La vie économique, sociale et politique est perçue, à tort, comme le moteur d’une évolution désirée, crainte ou refusée. La réalité est que l’aspect extérieur, l’aspect manifeste de cette vie, n’est que le résultat visible d’une réalité inconsciente très profonde qui, elle, motive les choix et les actes des individus et par extension, de toute la société.

    Ce sont les valeurs anthropologiques, tels des logiciels qui gèrent toutes les fonctionnalités d’un ordinateur, qui sont aux commandes des comportements sociaux et qui se traduisent alors en système sociologique, économique et politique.

    Des mouvements de fond dans les structures mentales opèrent comme la tectonique des plaques. Les valeurs les plus puissantes qui déterminent les comportements, les choix et les espoirs des populations sont celles qui sont inscrites dans la structure même de l’inconscient collectif et qui deviennent de ce fait, comme des vérités intangibles auxquelles se lie le sens de la vie de chacun. Les psychanalystes appellent cette instance, le Surmoi. Ces valeurs ont été sculptées durant des siècles au travers un mode de vie forcément en rapport direct avec le milieu ambiant, géographique, climatique, biologique etc.…

    Des normes comportementales et sociales se sont ainsi établies sur le très long terme. Ce lien avec la terre a permis la construction d’une vision du monde. Le mode de vie que cela implique et les normes établies sont alors transmis de génération en génération avec une haute fidélité grâce au conditionnement des enfants par une éducation familiale normalisée, puis par les institutions éducatives (zaouïas, mosquées…) et, enfin, maintenus par une pression sociale intense.

    Dans ce rapport au concret (nature du territoire, économie de l’eau, agriculture et élevage, climat, pression démographique, règles primaires de la vie en commun, insertion des croyances religieuses, appréhension des phénomènes naturels, explications métaphysiques etc.) les hommes finissent par créer un mode de vie cohérent avec leur époque et leur milieu.

    Avec le temps, il s’établit des stéréotypes comportementaux qui reviennent comme des leitmotive dans chaque situation où l’individu est appelé à faire des choix ou à prendre des décisions. Tout comme des programmes préétablis, les attitudes, comportements et actions sont prédéterminées en grande partie par une imprégnation psychologique de ces stéréotypes qui, au final, constituent les structures mêmes de la société.

    Plus ce système est cohérent et plus longtemps il peut durer. Lorsque le mode d’exploitation du territoire est en harmonie avec le rituel social, les valeurs comportementales et les croyances religieuses, la structure sociétale sera puissante et perdurera sur des siècles. La dimension sacrale d’une religion bien adaptée à ces structures sociétales les consolidera et les verrouillera définitivement. La religion devient l’armature de renforcement d’un ordre social qui, à l’origine, s’était constitué en dehors d’elle, et auquel elle donne la dimension du sacré pour empêcher toute velléité de changement, ou d’évolution,  assimilée à une transgression religieuse.

    Ce sont des dysfonctionnements internes à l’univers affectif et l’ébranlement concomitants des structures de la société qui ont été à l’origine de la décennie noire et de sa violence dramatique. Pour sortir rapidement de cette étape inévitable sans avoir à rajouter aux dégâts déjà immenses et réussir sa nécessaire métamorphose, l’Algérie doit préparer un modèle de société qui lui sied. Un modèle de société qu’elle doit construire avec les matériaux qui ont cours aujourd’hui : la responsabilité, la justice, la créativité, la solidarité. Il faudra trouver un nouvel équilibre entre les univers affectif, matériel, sécuritaire et spirituel.

    Quel chemin prendre

    Ce n’est pas à l’homme (ou dorénavant la femme) politique de transformer la société. Cependant, la classe politique doit comprendre les forces profondes qui agissent au sein de cette dernière pour l’accompagner avec un rôle de facilitateur. Le politique doit résoudre les conflits et les tensions qui tiraillent sans cesse la société en fonction d’une vision claire sur l’avenir. C’est la société qui, imperceptiblement, impose son propre projet de société. En l’occurrence, la société algérienne doit être aidée par un pouvoir légitime et compétent à dépasser au plus vite ses contradictions internes, à renforcer ses points forts, à réparer ses points faibles. Un pouvoir qui anticipe doit adapter la structure de l’Etat aux réels besoins de la population qui se profilent : citoyenneté, tempérance du rapport de force, légitimité du gouvernement, respect des libertés, performance économique… Un pouvoir intelligent doit également accélérer la prise de conscience politique et l’éducation des citoyens dans des valeurs essentielles : sens des responsabilités, justice mais aussi innovation ou solidarité.

    L’Algérie est face à un immense défi : reconstruire sur des bases rationnelles, une société actuellement désarticulée et délabrée. Il faut rétablir une échelle de valeur conforme aux exigences du monde moderne et reconstruire un « Surmoi collectif » capable de créer de l’harmonie dans la communauté. C’est à travers une lente et longue mutation que s’inscrit désormais le rapport entre l’individu, la conscience citoyenne et le pouvoir. C’est essentiellement la prise de conscience par les acteurs, des forces motrices profondes qui portent le changement et lui indique le chemin à prendre qui leur permettra, par l’action politique, d’aider la société à retrouver ses repères et à se stabiliser dans ses structures.

    Comprendre le fonctionnement de la société en général et de la nôtre en particulier, nous permet  de saisir l’origine des anomalies et autres pannes du pays. Ces dernières  entravent sa marche vers un monde plus moderne, mieux adapté au présent et en meilleur capacité d’offrir plus de bonheur aux citoyens et à lui assurer une sécurité sans sacrifier sa liberté.

    L’effondrement de la structure interne à la société traditionnelle a entrainé des dégâts immenses tant pour la collectivité que pour les individus. Cette fin aurait pu être prévue et l’évolution générale de la société mieux accompagnée. Aujourd’hui, la société semble être toujours sous l’emprise de la tradition mais celle-ci a cependant perdu sa cohésion interne et n’est plus en mesure d’entretenir les ambitions et les rêves légitimes de notre nation. Déstructurée, affaiblie par un combat inégal face à la modernité, elle a été démantelée et fragmentée. Elle subit un processus de résorption qui peut, cependant, être très long et donc pénible.

    On ne remontera pas le temps

    Il y a peu de risques pour qu’un retour en arrière soit possible. Les moments de violence totale des années 90 sont désormais loin derrière nous. Ils ne reviendront pas. Cependant, cela ne signifie pas que d’un coup, au prix d’une guerre civile, les structures traditionnelles ont été remplacées par de nouvelles, plus adaptées au monde moderne. Au contraire, la disqualification des traditions laisse devant nous, un vide immense qui risque de perdurer, de créer encore des tensions, du stress et des névroses.

    Si les Algériens commencent à percevoir leur problème sous cet éclairage, ils ne le saisissent pas totalement et avec discernement. Ils ne le réfléchissent pas en termes systémiques. Jusqu’à présent, le terme « société » a été perçu comme un vocable désignant une collection de personnes qui, à la limite, avaient certaines préoccupations en partage. Et c’est tout. Peu de gens ont conscience de l’effet extrêmement puissant et contraignant des structures de la société, chacun croyant naïvement agir en toute liberté et en toute bonne foi en tant que personne mentalement autonome.

    La société, faut-il le répéter, est en fait un logiciel, un programme de comportement social stéréotypé que reçoivent les individus dès l’enfance, et qu’ils intègrent comme partie prenante de leur réalité. Ce programme partagé prend la forme d’une structure extérieure aux individus à laquelle, bon gré mal gré, ils se soumettent, toujours de manière inconsciente. Ainsi, la société devient une entité complexe, faite d’une myriade d’individus interconnectés et fonctionnant de manière harmonieuse chacun dans sa propre « niche psychosociologique ». Le tout est alors cohérent et vivant. Les structures de la tradition sont alors intégrées dans le subconscient et s’établissent en tant que normes dont la transgression entraine culpabilité et honte.

    Depuis 1962, la société qui était en place, dite traditionnelle, a été attaquée violemment par des valeurs nouvelles, souvent antagonistes à celles qui la fondaient. Jusqu’à aujourd’hui, et extérieurement, malgré certains remaniements visibles, cette société traditionnelle semble être toujours souveraine. En réalité, ses piliers internes ont été sapés. L’édifice tient dans certaines de ses parties mais n’est plus fonctionnel. La tradition ne répond donc plus aux raisons qui l’ont constituée.

    Les Algériens ne le savent pas encore, mais avec la destruction de la société traditionnelle, ils sont eux-mêmes directement atteints : leur programme comportemental est devenu inapte à poursuivre un travail collectif. Ils deviennent nuisibles les uns pour les autres, antagonistes entre eux et finalement sombrent tous dans le stress, le mal-être et le désarroi.

    Par ailleurs, une partie de leur culture religieuse ritualiste, a été ébranlée étant donnée son alliance intime avec la tradition. L’utilisation abusive du sacré pour le maintien des structures traditionnelles s’est retournée contre la religion lorsque la modernité s’est introduite par effraction dans l’univers mental des Algériens. Avec le changement des valeurs anthropologiques en cours, l’Islam va être de plus en plus contesté, d’abord de façon subtile puis, par la suite, frontalement. Sur les deux ou trois générations à venir, l’Islam tel que nous le connaissons subira de profonds changements essentiellement du point de vue formel. Pourtant, la société algérienne en gardera de très profondes traces dans sa culture. La sécularisation progressera avec des à-coups, avec quelques chocs dus aux résistances, mais probablement de manière irréversible. L’univers spirituel risque alors de rétrécir, de s’assécher et de se résorber ne laissant qu’une armature virtuelle d’inspiration islamique, tout comme a été le sort du christianisme dans ses versions catholique ou protestante dans une Europe médiévale qui détruisit sa société traditionnelle, créant un vide comblé alors par les nationalismes naissants.

    Cette évolution probable n’est pourtant pas à souhaiter. Tout au contraire, au fur et à mesure que le formalisme ritualiste reculera, il faudra combler la faille religieuse par une spiritualité de qualité.

    Ambition et réalisme

    L’Islam a d’immenses réserves spirituelles. Ce sera l’atout déterminant pour faire épanouir et renforcer notre personnalité et notre identité. Dans cette optique, il sera essentiel de déconnecter l’Islam des structures de la société traditionnelle. L’Islam ne doit pas être mis au service d’une forme obsolète de société. Tout au contraire, l’Islam, dans sa dimension divine et spirituelle doit aider les hommes à devenir des êtres libres et libérés des conditionnements sociaux archaïques.

    Il faut impérativement inscrire l’évolution de l’Algérie dans une perspective universaliste. Or, le monde entier, par la globalisation, est en bute à de très graves questions : la fin du pétrole et de l’énergie bon marché, la pénurie d’eau, les changements climatiques, les pollutions, la pauvreté…

    L’Algérie doit avoir les plus grandes ambitions possibles. Cependant, son ambition ne doit pas être plus grande que ce que le réel peut offrir. La consommation excessive et débridée qui accompagne un univers matérialiste hypertrophié est hors d’atteinte.

    La dimension spirituelle et culturelle doit être encouragée. L’Algérien doit reconstruire un équilibre entre ses quatre univers de façons raisonnable. Il doit apaiser ses affects, enrichir son humus culturel, organiser sa sécurité et nourrir sa sensibilité spirituelle.

    L’Algérie a-t-elle les moyens d’une telle évolution ?

    La question en elle-même est un défi et la réponse qu’elle appelle, un risque. Mais « qui ne risque rien n’a rien » dit l’adage. L’Algérie doit se décider à construire son destin. Et elle a des atouts.

    Beaucoup d’atouts

    Tout d’abord, il y a l’éclosion d’une nouvelle génération d’Algériens. Libérés de beaucoup de contraintes liées à l’univers mental traditionnel, les jeunes d’aujourd’hui, pour un certain nombre d’entre eux au moins, sont mieux éduqués, plus cultivés, mieux adaptés aux nouvelles relations sociales. Ils sont prêts à vivre différemment que leurs aïeux. Pour le moment, ils ne forment pas la majorité. Ils sont eux-mêmes tiraillés entre des croyances qui leur ont été transmises mais devenues problématiques et un horizon nouveau qu’ils n’arrivent pas à percevoir ni à imaginer. Dans la société qui se profile, les rapports hommes/femmes se rééquilibrent peu à peu, la mixité devient plus naturelle. L’individu commence à s’imposer face au groupe avec parfois, il est vrai, des excès : juste retour de balancier dirons certains ! Par ailleurs, la pression économique agit en sélectionnant de nouveaux profils psychologiques. Vu le système politique actuel du pays, il faut souvent faire fonctionner ses réseaux familiaux, tribaux ou régionalistes pour progresser dans le champ économique. Mais il y a aussi quelques qualités complémentaires nécessaires aux candidats à l’enrichissement : audace, action, créativité, maitrise de l’environnement, ambition…

    L’installation d’une classe possédante induira forcément la naissance d’une nouvelle technocratie, une classe moyenne plus compétente, plus performante que la précédente par le jeu de la concurrence et du mérite. Plus que cela, les rapports d’autorité évolueront nécessairement. Le rapport de force traditionnel sera moins productif. Des rapports de raison vont peu à peu s’imposer. Le travail d’équipe, du collectif, de l’échange deviendront des objectifs de management.

    Mais, la question qui se pose pour chacun de nous, à titre personnel, est : que faire concrètement ?

    Maintenant que la tradition est en pleine débâcle, pouvons-nous vivre sans structures sociétales ou bien doit-on (et peut-on) la remplacer par autre chose ? Y a-t-il une société « moderne » prête à l’emploi et que  signifierait-elle au juste pour nous ?

    Quelle modernité ?

    Le réflexe facile serait bien entendu de proclamer la victoire inéluctable de la modernité et la fin de l’histoire ! Celle-ci, par opposition à la tradition, pourrait être caractérisée par certains traits : individualisme affirmé, cellule familiale réduite au couple avec enfants mineurs (famille nucléaire), ou même recomposée selon plusieurs schémas incluant les couples homosexuels, émancipation et libération de la femme, tendance vers une indifférenciation sexuelle (théorie du genre), liberté de conscience, liberté d’initiative, propriété privée prononcée, matérialisme, hédonisme à tendance narcissique…

    Le couple société-culture moderne a donné ainsi naissance à une civilisation matérielle et technologique exceptionnelle offrant une puissance extraordinaire aux pays développés. Mais elle n’est pas sans paradoxes. Elle véhicule également des valeurs destructrices du lien social, de la solidarité et de la fraternité. La spiritualité s’est rétrécie en peau de chagrin. Les univers affectif, sécuritaire, matérialiste et spirituel sont déséquilibrés. L’homme a de grandes difficultés à trouver les raisons de vivre. Par dépit, il ne reste plus que la recherche de l’activation et l’excitation de ses sens.

    A chaque fois qu’homosapiens fait un saut vers une organisation nouvelle, plus sophistiquée, il traîne avec lui le bon et le mauvais côté qui le constitue, comme le dit si bien le Coran :

    « Par l’âme en son équilibre, du fait qu’Il lui inspira le mal et le bien intrinsèquement. » S91V7-8.

    A chaque pas évolutif, il gagne de nouveaux horizons mais perd en même temps de sa substance.

    La modernité a, peu à peu, sécularisé et rationalisé les esprits, contribuant à la régression de l’esprit magique primitif et dans son sillage, a entrainé la dévalorisation de toute spiritualité. Les univers mentaux matérialiste et sécuritaire sont devenus hégémoniques, les univers affectifs et spirituels, chétifs et rabougris.

    Au niveau individuel, le délitement social provoquée par la modernité est vécu avec de l’anxiété, des névroses, des dépressions… La solitude des vieux devient une fatalité que même la compagnie des animaux domestiques n’arrive pas à rompre.

    Lorsque l’on regarde de près les sociétés dites modernes, surtout avec l’œil de la tradition, elles apparaissent comme froides, rationalistes à la limite du cynisme, inscrivant tout acte humain dans les colonnes « actifs » et « passifs » des livrets de comptabilité. Tout est traduit en chiffres.

    Il est donc légitime de se demander si le démantèlement des traditions ne nous mènera pas au vide dépressif, voire suicidaire. Les croyances en des stéréotypes structurants étant maintenant inopérantes, seule la force extérieure des lois peut alors s’imposer. L’Etat, qui détient le monopole de la violence, est sommé de sévir pour maintenir l’ordre.

    S’étant affaiblie de l’intérieur, la société doit maintenant se maintenir grâce à un « exosquelette », c’est-à-dire des structures qui s’appuient pour l’essentiel sur les règles du droit positif et non plus sur des croyances intégrées dans la subjectivité. Ce n’est plus l’emprise des sentiments, de l’honneur et de l’esprit qui règne sur les comportements qui est légitime. Dorénavant, c’est le droit, énoncé par des institutions qui doit faire office de référence. Les réactions pulsionnelles, façonnées par les valeurs anthropologiques et déclinés à travers « l’honneur » et l’amour-propre, n’ont plus de légitimité, ne se justifient plus. Il est aujourd’hui difficile de réclamer le droit de tuer celui par qui un déshonneur serait advenu. C’est la loi, discutée et votée au parlement qui va dire le bien et le mal, le vrai et le faux, le hallal et le haram !

    La tradition qui mettait en œuvre le droit coutumier mâtiné de sacré, bat en retraite. Elle se retire progressivement du champ de l’action humaine, parfois sur la pointe des pieds, d’autres fois plus brutalement. Mais la tendance historique est que homo sapiens, finira par construire la société par le droit. Le spirituel deviendra l’affaire des individus s’ils ont les moyens de son appréhension. Si tel est l’avenir, l’homme démuni de la notion du divin risque de se perdre en lui-même, n’étant pas maître des raisons de son existence.

    Les sociétés modernes actuelles se sont reconstruites tant bien que mal, au gré des rapports de force qui agitaient ses élites, ses classes sociales et les indices de la bourse, c’est-à-dire, finalement sans plan directeur préconçu.

    Nous pouvons refaire cette expérience. Laisser le temps qu’il faut pour que petit à petit, un nouvel équilibre s’établisse ;comme on laisserait une plaie se refermer avec le temps. Elle finira bien par cicatriser.

    Mais on peut également intervenir à bon escient, comme un catalyseur, juste pour accélérer certains changements, en favoriser ceux qui sont porteurs d’efficacité ou freiner et faire ralentir ceux qui sont à l’évidence négatifs. Ainsi, on gagnerait du temps, tout en diminuant les souffrances, grâce à l’éclairage des bons chemins à prendre.

    Bien entendu, il ne s’agit pas de venir avec une recette bien écrite et conçue en laboratoire. Il faut juste être attentif aux pulsations de la société et agir en cohérence avec les forces profondes qui travaillent à l’évolution positive de  la nation.

    Il sera nécessaire de mener des réformes de fond sur plusieurs fronts : religieux, identitaire, et bien entendu sur celui des valeurs et des principes de vie. C’est-à-dire, en définitive, agir sur ce que nous avions défini dès le début de cet essai comme étant le « génotype » de la société, soit sa culture. Aujourd’hui, nous sommes en « devoir d’agir », chacun à son niveau. Nous sommes tous responsables !

    Publié dans Analyses | Commentaires fermés

    La fraude a officiellement commencé.

    Posté par jiljadidbejaia le 26 septembre 2016

    Le pouvoir algérien a, depuis toujours, excellé dans la fraude électorale empêchant ainsi l’émergence des nouvelles compétences tout en favorisant la médiocrité. Après chaque élection « remportée », le pouvoir et ses valets se mettent ensuite à l’œuvre pour renforcer ses cercles de soutien et procéder aux recrutements d’éléments qui pourront, un jour, occuper des postes de responsabilité au mépris du bon sens et de l’efficacité.

    Avant, la fraude se faisait d’une façon vulgaire et arrogante à un point tel que l’on pouvait remplir une bibliothèque d’anecdotes aussi insolites les unes que les autres comme par exemple faire voter des personnes décédées depuis des décennies, une personne qui possède deux ou trois cartes de vote, des électeurs qui votent dans plusieurs communes à la fois, etc…
    Mais avec les dénonciations de certains partis politiques, de certaines personnalités politiques, le pouvoir a « amélioré » ses techniques jusqu’à mettre au point un logiciel, sur mesure, qui fait ressortir les quotas de siège comme il sied au pouvoir.

    Depuis quelques années, le pouvoir a abandonné toutes les vieilles astuces pour tricher en optant pour la grande corruption, la « chkara » dit le citoyen lambda. Des sommes énormes d’argent sont versées dans des comptes d’associations-écran qui n’existent que sur papier, des marchés cédés à leurs affidés dans des conditions douteuses, des importations de tout-venant, et même de bouses de vache comme si nos vaches sont chroniquement constipées…

    Parmi les dernières techniques utilisées pour procéder à des actions de corruption à grande échelle, on peut citer l’augmentation de 50% des salaires des policiers à qui on a ordonné ensuite d’interdire, à coups de matraques, toute  tentative de rassemblement au niveau de la capitale. C’est ainsi que nous avons vu des avocats, des médecins, des enseignants, de vieux révolutionnaires, etc…se faire tabasser comme de vulgaires malfrats.

    On peut encore citer la spectaculaire augmentation  des indemnités des députés qui est passée du simple au triple. Peu de temps après, ces mêmes députés ont voté (presque à 2 mains si cela était autorisé) le viol flagrant de la constitution pour accorder le mandat à vie à un président gravement malade.

    Aujourd’hui, la presse nationale a rapporté que le ministre de l’intérieur vient de donner le coup d’envoi officiel d’une fraude future. Se sentant acculé par l’opposition et par la société civile, le pouvoir se voit contraint de faire des concessions sur certaines exigences comme la révision du fichier électoral, la commission indépendante de suivi et de contrôle des élections. Mais la crainte de se voir écarté aux prochaines élections, si élection il y a, le pouvoir prend de l’avance sur les évènements en prétextant des réformes portant sur une valorisation des gestionnaires, autrement dit élargir les prérogatives des secrétaires généraux de mairie au détriment des élus locaux qui ont vu déjà leur pouvoir diminué avec le nouveau code communal.

    Comme nous le savons si bien, l’administration a toujours été l’instrument, par excellence, de la fraude au service du pouvoir. Le ministre de l’intérieur a donc avancé que 72 nouveaux grades seront créés pour soi-disant « la prise en charge  de fonctions vitales« . Par contre, il n’a pas soufflé mot sur la police urbaine qui doit être mise sous l’autorité du maire comme le stipule le code communal. C’est avec l’aide de cette police urbaine que le maire peut instaurer le respect de l’hygiène publique, l’ordre et la discipline dans sa commune, etc…

    Il nous est aisé de deviner que tout se jouera au niveau des communes concernant l’exploitation des résultats des élections et de proclamations des résultats finaux qui seront en conformité avec les orientations de la tutelle.

    Les vieilles pratiques ont la peau dure parce qu’elles sont entretenues par le pouvoir lui-même dont son seul souci est de se maintenir aux commandes malgré tous les échecs enregistrés et tous les scandales financiers liés, pour la plupart, à de sales affaires de corruption dont la justice  demeure craintive pour ouvrir des enquêtes.

    Avec tous ses risques et ces pièges qui se préparent, on se demande quelles seraient les formations politiques, mis à part les partis satellitaires et les pseudo-opposants, qui s’aventureraient dans cette nouvelle mascarade dont les jeux sont à l’avance fermés.

    Réforme

    Publié dans Analyses | Commentaires fermés

    Informations et vérités sur l’ITE de Bgayet

    Posté par jiljadidbejaia le 19 septembre 2016

    La presse d’aujourd’hui rapporte qu’un mouvement de contestation a été provoqué par les étudiants de l’université de Bgayet qui revendiquent, entre autres, la réouverture de la cité universitaire (ITE de A3mriw) car celle-ci a été restituée à la direction de l’éducation.

    J’ai donc jugé nécessaire d’apporter quelques éléments d’information concernant cet édifice. Que nos jeunes étudiants sachent qu’il n’est nullement dans mon intention de désavouer leurs revendications, qui sont tout à fait légitimes, bien au contraire, toute la société civile les soutient car les conditions de vie de ces futurs cadres du pays évoluent dans des conditions lamentables et indécentes.

    Mon intervention porte uniquement sur la genèse de cette infrastructure qui était anciennement I.T.E (Institut de Technologie de l’Education) qui avait pour mission principale d’assurer une formation pédagogique des futurs enseignants comme cela est pratiqué partout dans le monde. Malheureusement, cet institut a cessé de fonctionner, pour des raisons que nous ignorions mais qui nous est facile aujourd’hui de deviner ; autrement dit, la bâtisse est restée vide à part quelques employés qui assuraient le gardiennage.

    Le recteur de l’époque, Mr Djoudi Merabet, a sollicité l’APW (Assemblée Populaire de Wilaya) que j’avais l’honneur de présider, pour lui céder cette infrastructure pour 2 ou 3 années, c’est à dire le temps de finir la construction d’une cité universitaire.
    Les arguments avancés en pleine assemblée, par le recteur, étaient convaincants. Il a informé l’ensemble des élus et les cadres de l’administration de wilaya de l’ambition projet mis en route comme la création de nouveaux départements, de nouvelles facultés et du nouveau campus d’Abudaw. Ceci provoquera inévitablement un flux important d’étudiants des communes de l’intérieur de la wilaya de Bgayet et d’autres wilayas du pays.

    Le Directeur de l’éducation de la wilaya de Bgayet, présent à la session, a été invité à donner son avis du moment que cette infrastructure, un bien du patrimoine de la wilaya, était gérée par sa direction. Il a confirmé que depuis quelques années, et sur instruction du ministère de l’éducation, tous les ITE ont cessé d’activer. (Nous comprenons aisément, aujourd’hui, pourquoi nos enseignants dérapent et piétinent vulgairement les règles pédagogiques de l’éducation. Tous les malheurs de gestion ont une cause humaine).

    Après débat, l’Assemblée Populaire de Wilaya a délibéré favorablement pour céder, à titre provisoire, à l’université de Bgayet l’infrastructure de l’ITE pour servir de cité d’hébergement des étudiants.
    Comme l’université a joui d’une grande renommée pour la qualité de son enseignement, de très nombreux étudiants des autres wilayas ont afflué vers notre ville pour leur formation universitaire. De ce fait, toutes les nouvelles résidences construites n’ont pas suffi pour absorber le flux, de plus en plus important, d’étudiants. Par conséquent, le délai de 2 années accordé a été largement dépassé d’autant plus que le ministère de l’éducation n’a jamais affiché sa volonté de relancer les ITE.

    Aujourd’hui, nous relevons, avec joie et bonheur, que le ministère de l’éducation -j’allais dire le pouvoir, parce qu’un ministre ne fait qu’exécuter le programme qu’on lui donne- a décidé d’engager de « sérieuses réformes » dans le système éducatif en réhabilitant les instituts de technologie. Il est donc logique que ce centre soit repris pour assurer à nouveau sa mission de formation des enseignants.

    Ceci ne diminue en rien le bien-fondé des revendications des étudiants qui exigent de meilleures conditions d’hébergement et de travail que le ministre de l’enseignement supérieur se doit de satisfaire si l’on veut que le jeune étudiant d’aujourd’hui soit la relève de demain.

    ITE de Bgayet

    Publié dans Analyses | Commentaires fermés

    La communication. La plus grave des crises algériennes

    Posté par jiljadidbejaia le 12 septembre 2016

    Indiscutablement, par la faute d’une gouvernance irréfléchie et inadaptée, notre pays est secoué par plusieurs crises qui se traduisent par une déstructuration totale de la société. Cette situation alarmante a été décriée par plusieurs formations politiques et des personnalités nationales sans que cela ne retienne l’attention de nos dirigeants qui s’entêtent à foncer sur le mur, en accélérant.

    Parmi toutes ces nombreuses crises qui mettent à mal la stabilité sociale et mettent en danger la cohésion nationale, il en est une qui est la plus importante car elle conditionne toutes les autres, c’est la crise de communication.
    Comme chacun sait, le système politique algérien n’a jamais inscrit la politique de communication dans son registre de priorités comme l’exige une gestion rigoureuse, efficace et transparente. Bien au contraire, le régime algérien affectionne la cachoterie et la gouvernance trouble pour mieux voiler ses insuffisances, préférant ainsi favoriser les rumeurs de rue et les spéculations.

    Il est universellement reconnu que la culture de communication incombe, depuis toujours, à tous les acteurs de la société, en premier la classe politique et les universitaires en général, qui doivent s’inscrire dans la mise en place de cette culture de communication et de l’enraciner dans les mœurs sociales si l’on veut rétablir la confiance entre les institutions de l’Etat et le peuple, condition sine qua non d’une stabilité sociale.

    Malheureusement, à défaut d’une communication officielle et rigoureuse, la société comble les vides par des rumeurs des plus alarmantes aux plus farfelues. Et comme par hasard, ce sont les rumeurs les plus folles qui se répandent le mieux et qui sont colportées, malgré eux, par les citoyens en mal d’informations.

    Voilà pourquoi j’ai repris un passage d’une déclaration faite par le président de l’association « Aâlawiya » de Mostaganem lors de la célébration du centenaire de la Voie Soufie Aâlamiyya.

    Communication

    Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

    Publié dans Analyses | Commentaires fermés

    La Plate-Forme de la Soummam. Texte intégral

    Posté par jiljadidbejaia le 23 août 2016

    Congressiste

    POUR ASSURER LE TRIOMPHE DE LA RÉVOLUTION ALGÉRIENNE,

    DANS LA LUTTE POUR L’INDÉPENDANCE NATIONALE

     

    INTRODUCTION

    Les extraits de la présente plate-forme d’action du FRONT DE LIBÉRATION NATIONALE ont pour objet de définir, d’une façon générale, la position du FLN, à une étape déterminante de la Révolution Algérienne.

    Elle est divisée en trois parties : 

    I) La situation politique actuelle.

    II) Les perspectives générales.

    III) Les moyens d’actions et de propagande.

    I)  LA SITUATION POLITIQUE ACTUELLE

    A) L’ESSOR IMPÉTUEUX DE LA RÉVOLUTION ALGÉRIENNE

    L’Algérie, depuis deux ans, combat avec héroïsme pour l’indépendance nationale.

    La révolution patriotique et anticolonialiste est en marche.

    Elle force l’admiration de l’opinion mondiale.

    a.    La Résistance armée.

    En une période relativement courte, l’Armée de Libération Nationale, localisée dans l’Aurès et la Kabylie, a subi avec succès l’épreuve du feu.

    Elle a triomphé de la compagne d’encerclement et d’anéantissement menée par une armée puissante, moderne, au service du régime colonialiste d’un des plus grands États du monde.

    Malgré la pénurie provisoire d’armement, elle a développé les opérations de guérillas, de harcèlement, de sabotage, s’étendant aujourd’hui à l’ensemble du territoire national.

    Elle a consolidé sans cesse ses positions en améliorant sa tactique, sa technique, son efficacité.

    Elle a su passer rapidement de la guérilla au niveau de la guerre partielle.

    Elle a su combiner harmonieusement les méthodes éprouvées des guerres  anti-colonialistes avec les formes les plus classiques en les adoptant intelligemment aux particularités du pays.

    Elle a déjà fourni la preuve suffisante, maintenant que son organisation militaire est unifiée, qu’elle possède la science de la stratégie d’une guerre englobant l’ensemble de l’Algérie.

    L’Armée de Libération Nationale se bat pour une cause juste.

    Elle groupe des patriotes, des volontaires, des combattants décidés à lutter avec abnégation jusqu’à la délivrance de la patrie martyre.

    Elle s’est renforcée par le sursaut patriotique d’officiers, de sous-officiers et de soldats de carrière ou du contingent, désertant en masse avec armes et bagages les rangs de l’armée française.

    Pour la première fois dans les annales militaires, la France ne peut plus compter sur le « loyalisme » des troupes algériennes. Elle est obligée de les transférer en France et en Allemagne.

    Les Harkas de goumiers, recrutés parmi les chômeurs souvent trompés sur la nature du « travail » pour lequel ils étaient appelés, disparaissent dans le maquis. Certaines sont désarmées et dissoutes par les autorités mécontentes.

    Les réserves humaines de l’ALN sont inépuisables. Elle est souvent obligée de refuser l’enrôlement des Algériens jeunes et vieux, des villes et campagnes, impatients de mériter l’honneur d’être soldats de leur  « Armée ».

    Elle bénéficie pleinement de l’amour du peuple algérien, de son soutien enthousiaste, de sa solidarité agissante, morale et matérielle, totale et indéfectible.

    Les officiers supérieurs, les commandants de zones, les commissaires politiques, les cadres et soldats de l’Armée de Libération Nationale sont honorés comme des héros nationaux, glorifiés dans des chants populaires qui ont déjà pénétré aussi bien dans l’humble gourbi que la misérable Khaïma, la ghorfa des casbahs comme le salon des villas.

    Telles sont les raisons essentielles du « miracle algérien » : l’ALN tenant en échec la force colossale de l’armée colonialiste française, renforcée par les divisions     « atomiques » prélevées sur les forces de l’OTAN.

    Voilà pourquoi en dépit des incessants renforts, jugés aussitôt insuffisants, malgré le quadrillage ou autre technique aussi inopérante que les déluges de feu, les généraux français sont obligés de reconnaître que la solution militaire est impossible pour résoudre le problème algérien.

     Nous devons signaler particulièrement la formation de nombreux maquis urbains qui, d’ores et déjà, constituent une seconde armée sans uniforme.

    Les groupes armés dans les villes et villages se sont notamment signalés par des attentats contre les commissariats de police, les postes de gendarmerie, les sabotages de bâtiments publics, les incendies, la suppression de gradés de la police, de mouchards, de traîtres.

    Ce qui affaiblit d’une façon considérable l’armature militaire et policière de l’ennemi colonialiste, augmente la dispersion de ses forces sur l’ensemble du sol national, mais aussi accentue la détérioration du moral des troupes, maintenues dans un état d’énervement et de fatigue par la nécessité de rester sur un qui-vive angoissant.

    C’est un fait indéniable que l’action de l’ALN a bouleversé le climat politique en Algérie.

    Elle a provoqué un choc psychologique qui a libéré le peuple de sa torpeur de la peur, de son scepticisme.

    Elle a permis au peuple algérien une nouvelle prise de conscience de sa dignité nationale.

    Elle a également déterminé une union psycho-politique de tous les Algériens, cette unanimité nationale qui féconde la lutte armée et rend inéluctable la victoire de la liberté.

    b. Une organisation politique efficace.

    Le FRONT DE LIBÉRATION NATIONALE, malgré son activité clandestine, est devenu aujourd’hui l’unique organisation véritablement nationale. Son influence est incontestable et incontestée sur tout le territoire algérien.

    En effet, dans un délai extrêmement court, le FLN a réussi le tour de force de supplanter tous les partis politiques existants depuis des dizaines d’années.

    Cela n’est pas le fruit du hasard. C’est le résultat de la réunion des conditions indispensables suivantes :

    1°)  Le bannissement du pouvoir personnel et l’instauration du principe de la direction collective composée d’hommes propres, honnêtes, imperméables à la corruption, courageux, insensibles au danger, à la prison ou à la peur de la mort.

    2°)  La doctrine est claire. Le but à atteindre, c’est l’indépendance nationale. Le moyen, c’est la révolution par la destruction du régime colonialiste.

    3°)  L’union du peuple est réalisée dans la lutte contre l’ennemi commun, sans sectarisme :

    Le FLN affirmait au début de la Révolution que « la libération de l’Algérie sera l’œuvre de TOUS les Algériens et non pas celle d’une fraction du peuple algérien, quelque soit son importance ». C’est pourquoi le FLN tiendra compte dans sa lutte de toutes les forces anti-colonialistes, même si elles échappent à son contrôle.

    4°)   La condamnation définitive du culte de la personnalité, la lutte ouverte contre les aventuriers, les mouchards, les valets de l’administration, indicateurs ou policiers. D’où la capacité du FLN à déjouer les manœuvres politiques et les traquenards de l’appareil policier français.

    Cela ne saurait signifier que toutes les difficultés seraient complètement effacées.

    Notre action politique a été handicapée au départ pour les raisons ci-après :

    1°) L’insuffisance numérique des cadres et des moyens matériels et financiers.

    2°)   La nécessité d’un long et dur travail de clarification politique, d’explication patiente et persévérante pour surmonter une grave crise de croissance.

    3°) L’impératif stratégique de SUBORDONNER TOUT AU FRONT DE LA LUTTE ARMÉE.

    Cette faiblesse, normale et inévitable au début, est déjà corrigée, après la période où il se contentait de lancer uniquement des mots d’ordre de résistance à l’impérialisme, on a assisté à une réelle apparition du FLN sur le plan de la lutte politique.

    Ce redressement fut marqué par la grève d’anniversaire du 1er novembre 1955, considérée comme l’événement décisif, tant par son aspect spectaculaire et positif que par son caractère profond, preuve de la « prise en main  » de toutes les couches de la population.

    Jamais, de mémoire d’Algérie, aucune organisation politique n’avait obtenu une grève aussi grandiose dans les villes et villages du pays.

    D’autre part, le succès de la non-coopération politique lancée par le FLN est non moins probant. La cascade de démissions des élus patriotes suivie de celles des élus administratifs ont imposé au gouvernement français la non-prorogation du mandat des députés du Palais Bourbon, la dissolution de l’Assemblée Algérienne. Les conseils généraux et municipaux et les djemaa ont disparu, vide accentué et amplifié par la démission de nombreux fonctionnaires et auxiliaires de l’autorité coloniale, caïds, chefs de fraction, gardes champêtres. Faute de candidatures ou de remplaçants, l’administration française est disloquée; son armature considérée comme insuffisante ne trouve aucun appui parmi le peuple; dans presque toutes les régions elle coexiste avec l’autorité du FLN.

    Cette lente mais profonde désagrégation de l’administration française a permis la naissance puis le développement d’une dualité de pouvoir. Déjà fonctionne une administration révolutionnaire avec des djemaa clandestines et des organismes s’occupant du ravitaillement, de perception d’impôts, de la justice, du recrutement de moudjahidine, des services de sécurité et de renseignements. L’administration du FLN prendra un nouveau virage avec l’institution des assemblées du peuple qui seront élues par les populations rurales avant le deuxième anniversaire de notre révolution.

    Le sens politique du FLN s’est vérifié d’une façon éclatante par l’adhésion massive des paysages pour lesquels la conquête de l’indépendance nationale signifie en même temps la réforme agraire qui leur assurera la possession des terres qu’ils fécondent de leur labeur.

    Cela se traduit par l’éclosion d’un climat insurrectionnel qui s’est étendu avec rapidité et une forme variée à tout le pays.

     La présence d’éléments citadins, politiquement mûrs et expérimentés, sous la direction lucide du FLN, a permis la politisation des régions retardataires. L’apport des étudiants a été d’une grande utilité, notamment dans les domaines politiques, administratif et sanitaire.

    Ce qui est certain, c’est que la Révolution Algérienne vient de dépasser avec honneur une première étape historique.

    C’est une réalité vivante ayant triomphé du pari stupide du colonialisme français prétendant la détruite en quelques mois.

     

    C’est une révolution organisée et non une révolte anarchique.

    C’est une lutte nationale pour détruire le régime anarchique de la colonisation et non une guerre religieuse. C’est une marche en avant dans le sens historique de l’humanité et non un retour vers le socialisme.

    C’est en fin la lutte pour la renaissance d’un État Algérien sous la forme d’une république démocratique et sociale et non la restauration d’une monarchie ou d’une théocratie révolues.

    c.   La faillite des anciennes formations politiques.

    La Révolution Algérienne a accéléré la maturité politique du peuple algérien. Elle lui a montré, à la lumière de l’expérience décisive du combat libérateur, l’impuissance du réformisme et la stérilité du charlatanisme contre-révolutionnaire.

    La faillite des vieux partis a éclaté au grand jour.

    Les groupements divers ont été disloqués. Les militants de base ont rejoint le FLN. L’UDMA dissoute et les Oulama se sont alignés courageusement sur les positions du FLN ; l’UGEMA groupant tous les universitaires et lycéens, a proclamé par la voix de son congrès unanime le même sentiment.

    Le Comité central du M.T.L.D. a complètement disparu en tant que regroupement  ex-dirigeants et en tant que tendance politique.

    Le Messalisme en déroute

    L e M.N.A., en dépit de la démagogie et de la surenchère, n’a pas réussi à surmonter la crise mortelle du M.T.L.D. Il conservait une assise organique seulement en France du fait de la présence de Messali en exil, de l’ignorance totale des émigrés de la réalité algérienne.

    C’est de là que partaient les mots d’ordre, les fonds et les hommes en vue de la création en Algérie de groupes armés ou de maquis dissidents, destinés non à la participation à la lutte contre l’ennemi exécré des opérations de provocation et à saboter par le défaitisme, le désordre et l’assassinat, la Révolution Algérienne et ses dirigeants militaires et politiques.

    L’activité sporadique et brève du M.N.A. s’était manifestée publiquement, dans les rares villes telles Alger, comme une secte contre-révolutionnaire dans des opérations de division (campagne anti mozabite), de gangstérisme (racket de commerçants), de confusion et de mensonges (Messali, soi-disant créateur et chef de l’Armée de Libération Nationale).

    Le messalisme a perdu sa valeur de courant politique. Il est devenu de plus en plus un état d’âme qui s’étiole chaque jour.

    Il est particulièrement significatif que les derniers admirateurs et défenseurs de Messali  soient précisément les journalistes et intellectuels proches de la présidence du gouvernement français. Ils prétendent dénoncer l’ingratitude du peuple algérien qui ne reconnaîtrait plus «les mérites exceptionnels de Messali, le créateur, il y a trente ans, du nationalisme algérien ».

    La psychologie de Messali s’apparente à la conviction insensée du coq de la fable qui ne se contente pas de constater l’aurore, mais proclame « qu’il fait lever le soleil ».

    Le nationalisme Algérien dont Messali revendique effrontément l’initiative est un phénomène de caractère universel, résultat d’une évolution naturelle suivie par tous les peuples sortant de leur léthargie.

    Le soleil se lève sans que le coq soit pour quelque chose, comme la Révolution Algérienne triomphe sans que Messali y ait aucun mérite.

    Cette apologie du messalisme dans la presse française était un indice sérieux de la préparation psychologique d’un climat artificiel favorable à une manœuvre de grande envergure contre la Révolution Algérienne.

    C’est la division, arme classique du colonialisme.

    Le gouvernement français a tenté en vain d’opposer au FLN des groupements modérés, voire même le groupe des «61». Ne pouvant plus compter sur les Sayah ou Farès, le béni-oui-ouisme étant discrédité d’une façon définitive et sans retour, le colonialisme français espérait utiliser le chef du MNA dans son ultime manœuvre diabolique pour tenter de voler au peuple algérien sa victoire.

    Dans cette perspective, Messali représente, en raison de son orgueil et de son manque de scrupules, l’instrument parfait pour la politique impérialiste.

    Ce n’est dons pas par hasard que Jacques Soustelle pouvait affirmer en novembre 1956 au professeur Massignon : « Messali est ma dernière carte ».

    Le ministre résidant Lacoste ne se gêne pas pour confier à la presse colonialiste algérienne sa satisfaction de voir le MNA s’efforcer uniquement d’affaiblir le FLN.

    L’hebdomadaire socialiste «Demain», dévoilant les divergences tactiques divisant les gouvernants français, pouvait écrire que certains ministres étaient disposés, pour empêcher le renforcement du FLN à accorder à Messali sa liberté totale, «le seul problème étant de protéger la vie du leader algérien».

    Quand on se rappelle que Messali s’est livré à une violente attaque contre les pays arabes, ce qui ne peut que réjouir les Soustelle, Lacoste et Borgeaud, son déplacement d’Angoulême à Belle-Isle justifie la thèse du journal «Demain».

    Lorsque la vie de Messali est si précieuse pour le colonialisme français, faut-il s’étonner de le voir glisser vers la trahison consciente.

    Le Communisme Absent

    Le P.C.A., malgré son passage dans l’illégalité et la publicité tapageuse dont la presse colonialiste l’a gratifié pour justifier la collusion imaginaire avec la Résistance Algérienne, n’a pas réussi à jouer un rôle qui mériterait d’être signalé.

    La direction communiste, bureaucratique, sans aucun contact avec le peuple, n’a pas été capable d’analyser correctement la situation révolutionnaire. C’est pourquoi elle a condamné le «terrorisme» et ordonné dès les premiers mois de l’insurrection aux militants des Aurès, venus à Alger chercher des directives, DE NE PAS PRENDRE LES ARMES.

    La sujétion au P.C.F. a pris le caractère d’un Béni-oui-ouisme avec le silence qui a suivi le vote des pouvoirs spéciaux.

    Non seulement les communistes algériens n’ont pas eu suffisamment de courage pour dénoncer cette attitude opportuniste du groupe parlementaire, mais ils n’ont pas soufflé mot sur l’abandon de l’action concrète contre la guerre d’Algérie : manifestations contre les renforts de troupes, grèves de transports, de la marine marchande, des ports et des docks, contre le matériel de guerre.

    Le P.C.A. a disparu en tant qu’organisation sérieuse à cause surtout de la prépondérance en son sein d’éléments européens dont l’ébranlement des convictions nationales algériennes artificielles a fait éclater les contradictions face à la résistance armée.

    Cette absence d’homogénéité et la politique incohérente qui en résulte ont pour origine fondamentale la confusion et la croyance en l’impossibilité de la libération nationale de l’Algérie avant le triomphe de la révolution prolétarienne en France.

    Cette idéologie qui tourne le dos à la réalité est une réminiscence des conceptions de la S.F.I.O., favorable à la politique d’assimilation passive et opportuniste.

    Niant le caractère révolutionnaire de la paysannerie et des fellahs algériens en particulier, elle prétend défendre la classe ouvrière algérienne contre le danger problématique de tomber sous la domination directe de la «bourgeoisie arabe», comme si l’indépendance nationale de l’Algérie devait suivre forcément le chemin des Révolutions manquées, voire même de faire marche arrière vers un quelconque féodalisme.

    La C.G.T., subissant l’influence communiste, se trouve dans une situation analogue et tourne à vide sans pouvoir énoncer et appliquer le moindre mot d’ordre d’action.

    La passivité générale du mouvement ouvrier organisé, aggravée dans une certaine mesure par l’attitude néfaste des syndicats F.O. et C.F.T.C., n’est pas la conséquence du manque de combativité des travailleurs des bras croisés, les directives de Paris.

    Les dockers d’Alger en ont donné la preuve en participant à la grève politique anniversaire du 1er novembre 1956.

    Nombreux furent les travailleurs qui ont compris que cette journée d’action patriotique aurait revêtu un caractère d’unanimité nationale, plus démonstrative, plus dynamique, plus féconde, si les organisations ouvrières avaient été entraînées intelligemment dans la lutte générale par une véritable centrale syndicale nationale. Cette appréciation juste se trouve entièrement confirmée dans les succès complets de la grève générale patriotique du 5 juillet 1956.

    Voila pourquoi les travailleurs algériens ont salué la naissance de l’U.G.T.A., dont le développement continu est irrésistible, comme l’expression de leur désir impatient de prendre une part plus active à la destruction du colonialisme, responsable du régime de misère, de chômage, d’émigration et d’indignité humaine.

    Cette extension du sentiment national, en même temps que son passage à niveau qualificatif plus élevé, n’a manqué de réduire, comme une peau de chagrin, la base de masse du P.C.A., déjà rétrécie par la perte des éléments européens hésitants et instables.

    On assiste cependant à certaines initiatives émanant à titre individuel de certains communistes s’efforçant de s’infiltrer dans les rangs du F.L.N. et de l’A.L.N. Il est possible qu’il s’agisse là de sursauts individuels pour retourner à une saine conception de la libération nationale.

    Il est certain que le P.C.A. essaiera dans l’avenir d’exploiter ces « placements » dans le but de cacher son isolement total et son absence dans le combat historique de la Révolution Algérienne.

     B)  LA STRATÉGIE IMPÉRIALISTE FRANÇAISE.

    La Révolution Algérienne, détruisant impitoyablement tous les pronostics colonialistes et faussement optimistes, continue de se développer avec une vigueur exceptionnelle, dans une phase ascendante de longue portée.

    Elle ébranle et ruine ce qui reste de l’empire colonial français en déclin.

    Les gouvernements successifs de Paris sont en proie à une crise politique sans précédant. Obligés de lâcher les colonies d’Asie, ils croient pouvoir conserver celles d’Afrique. Ne pouvant faire face au « pourrissement » de l’Afrique du Nord, ils ont lâché du lest en Tunisie et au Maroc pour tenter de garder l’Algérie.

    a) La leçon des expériences tunisiennes et marocaines.

    Cette politique sans perspectives réalistes s’est traduite notamment par la succession rapide de défaites morales dans tous les secteurs :

    Mécontentement en France, grèves ouvrières, révoltes de commerçants, agitation chez les paysans, déficit budgétaire, inflation, sous-production, marasme économique, question algérienne à l’ONU, abandon de la Sarre en Allemagne.

    La poussée révolutionnaire nord-africaine, malgré l’absence d’une stratégie politique commune en raison de la faiblesse organique de ce qu’a été le Comité de Libération du Maghreb, a acculé le colonialisme français à improviser une tactique défense hâtive, bouleversant tous les plans de la répression esclavagiste traditionnelle.

    Les conventions franco-tunisiennes qui devaient jouer le rôle de barrage  néo-colonialiste ont été dépassées sous la pression conjuguée du mécontentement populaire et des coups portés à l’impérialisme dans les trois pays frères.

    Le rythme de l’évolution de la crise marocaine, l’entrée en lutte armée des montagnards venant renforcer la résistance citadine, et surtout la pression de la révolution algérienne ont été parmi les facteurs les plus déterminants du revirement de l’attitude officielle française et de l’indépendance marocaine.

    Le brusque changement de méthode du gouvernement colonialiste abandonnant l’immobilisme pour s’engager dans la recherche d’une solution rapide était dicté d’abord par des raisons de caractère stratégique.

    Il s’agissait :

    1°)  D’empêcher la constitution d’un véritable second front, en mettant fin à l’unification de la lutte armée au RIFF  et en ALGERIE.

    2°)    D’achever de briser l’unité de combat des trois pays d’Afrique du Nord.

    3°)  D’isoler la Révolution Algérienne dont le caractère populaire la rendait nettement plus dangereuse.

    Tous les calculs ont été voués à l’échec. Les négociations menées séparément avaient pour but de tenter de duper ou de corrompre certains dirigeants des pays frères en les poussant à abandonner consciemment ou inconsciemment le terrain réel de la lutte révolutionnaire jusqu’au bout.

    La situation politique nord-africaine est caractérisée par le fait que le problème algérien se trouve encastré dans les problèmes marocain et tunisien pour n’en faire qu’un seul.

    En effet, sans l’indépendance de l’Algérie, celle du Maroc et de la Tunisie est un leurre.

    Les Tunisiens et les Marocains n’ont pas oublié que la conquête de leurs pays respectifs par la France a suivi la conquête de l’ALGERIE.

    Les peuples du MAGHREB sont aujourd’hui convaincus par l’expérience que la lutte en ordre dispersé contre l’ennemi commun n’a pas d’autre issue que la défaite pour tous, chacun pouvant être écrasé séparément.

    C’est une aberration de l’esprit que de croire que le Maroc et la Tunisie pouvaient jouir d’une indépendance réelle alors que l’Algérie restera sous le joug colonial.

    Les gouvernants colonialistes, experts en hypocrisie diplomatique, reprenant d’une main ce qu’ils cèdent de l’autre, ne ma, queront pas de songer à la reconquête de ces pays dès la conjoncture internationale leur semblera favorable.

    D’ailleurs, il est important de souligner que les leaders marocains et tunisiens formulent dans des déclarations récentes et renouvelées des points de vue rejoignant l’appréciation du FLN.

    b) La politique algérienne du gouvernement.

    Le gouvernement à direction socialiste dès le 6 février, après la manifestation   ultra colonialiste d’Alger, a abandonné les promesses électorales du Front républicain : Ramener la paix en Algérie par la négociation, renvoyer dans leurs foyers les soldats du contingent, briser les « féodalités » administratives et financières, libérer les prisonniers politiques, fermer les camps de concentration.

     

    Si, avant la démission de Mendès-France, celui-ci représentait au gouvernement la tendance à la négociation  face à la tendance opposée, animée furieusement par Bourgès-Maunoury et Lacoste, aujourd’hui, c’est la politique Lacoste qui fait l’unanimité. C’est la guerre à outrance qui a pour but chimérique de tenter d’isoler le maquis du peuple par l’extermination.

    Devant cet objectif accepté par l’unanimité du gouvernement et la presque totalité du parlement français, il ne peut exister aucune divergence, sauf quand cette politique d’extermination dite «de pacification » aura échouée. Il est clair que les buts politiques déclarés à nouveau par Guy Mollet ne servent qu’à camoufler l’entreprise réelle qui veut être le nettoyage, par le vide, de toutes nos forces vives.

    L’offensive militaire est doublée d’une offensive politique condamnée, d’avance, à un échec.

    La « reconnaissance de la personnalité algérienne » reste une formule vague sans contenu réel, concret, précis. La solution politique exprimée d’une façon schématique n’avait au début d’autres supports que deux idées-forces : celle de la consultation des Algériens par des élections libres et celle du cessez-le-feu. Les réformes fragmentaires et dérisoires étaient proclamées dans l’indifférence générale : provisoirement pas de représentation parlementaire au Palais Bourbon, dissolution de l’Assemblée algérienne, épuration timide de la police, remplacement de «trois» hauts fonctionnaires, augmentation des salaires agricoles, accès des musulmans à la fonction publique et à certains postes de directions, réforme agraire, élections au collège unique. Aujourd’hui le gouvernement Guy Mollet annonce l’existence de 6 ou 7 projets de statuts pour l’Algérie, dont la ligne générale serait la création de deux assemblées, la première législative, la seconde économique, avec un gouvernement composé de ministres ou de commissaires et présidé d’office par un ministre du gouvernement français.

    Cela démontre d’une part l’évolution, grâce à notre combat, de l’opinion publique en France, et d’autre part le rêve insensé des gouvernants français de croire que nous accepterions un compromis honteux de ce genre.

    La tentative d’isoler les maquis de la solidarité du peuple algérien, préconisée par Naegelen sur le plan intérieur, devait être complétée par la tentative d’isoler la Révolution Algérienne de la solidarité des peuples anti-colonialistes, engagée par Pineau sur le plan extérieur.

    Le FLN déjouera comme par le passé les plans futurs de l’adversaire.

    Nous mentionnerons l’appréciation sur la situation internationale dans la troisième partie.

    II)  LES PERSPECTIVES POLITIQUES

    La preuve est faite que la Révolution Algérienne n’est pas une révolte de caractère anarchique, localisée, sans coordination, sans direction politique, vouée à l’échec.

    La preuve est faite qu’il s’agit au contraire d’une véritable révolution organisée nationale et populaire, centralisée, guidée par un état-major capable de la conduire jusqu’à la victoire finale.

     

    La preuve est faite que le gouvernement français, convaincu de l’impossibilité d’une solution militaire, est obligé de rechercher une solution politique.

    Voilà pourquoi le FLN, inversement, doit se pénétrer de ce principe :

    La négociation suit la lutte à outrance contre un ennemi impitoyable, elle ne la précède  jamais.

    Notre position à cet égard est fonction de trois considérations essentielles pour bénéficier du rapport des forces :

    1°)   Avoir une doctrine politique claire ;

    2°)   Développer la lutte armée d’une façon incessante jusqu’à l’insurrection générale ;

    3°)   Engager une action politique d’une grande envergure.

    A)  POURQUOI NOUS COMBATTONS !

    La Révolution Algérienne a la mission historique de détruire de façon définitive et sans retour le régime colonial odieux, décadent, obstacle au progrès et à la paix.

    I.       Les buts de guerre ;

    II.     Le cessez-le-feu ;

    III.  Négociations pour la paix.

    I.   Les buts de guerre

    Les buts de guerre, c’est le point final de la guerre à partir duquel se réalisent les buts de paix. Les buts de guerre, c’est la situation à laquelle on accule l’ennemi pour lui faire accepter nos buts de paix. Ce peut être la victoire militaire ou bien la recherche d’un cessez-le-feu ou d’un Armistice en vue de négociations. Il ressort que, vu notre situation, nos buts de guerre sont politico-militaires. Ce sont :

    1°)  L’affaiblissement total de l’Armée française, pour lui rendre impossible une victoire par les armes ;

    2°)  La détérioration sur une grande échelle de l’économie colonialiste par le sabotage, pour rendre impossible l’administration normale du pays ;

    3°) La perturbation au maximum de la situation en France sur le plan économique et social, pour rendre impossible la continuation de la guerre;

    4°) L’isolement politique(de la France) en Algérie et dans le monde ;

    5°) Donner à l’insurrection un développement tel qu’il la rend conforme au droit international(personnalisation de l’armée, pouvoir politique reconnaissable, respect des lois de la guerre, administration normale de zones libérées par l’ALN) ;

    6°) Soutenir constamment le peuple devant les efforts d’extermination des Français.

    II.  Cessez- le-feu

    Conditions

    a)     Politiques :

    1°)    Reconnaissance de la Nation Algérienne indivisible.

    Cette clause est destinée à faire disparaître la fiction colonialiste de « Algérie française ».

    2°)    Reconnaissance de l’indépendance de l’Algérie et de sa souveraineté dans tous les domaines, jusque et y compris la défense nationale et la diplomatie.

    3°)    Libération de tous les Algériens et Algériennes emprisonnés, internés ou exilés en raison de leur activité patriotique avant et après l’insurrection nationale du 1er novembre 1954.

    4°)   Reconnaissance du FLN comme une seule organisation représentant le peuple algérien et seule habilitée en vue de toute négociation. En contre-partie, le FLN est garant et responsable du cessez-le-feu au nom du peuple algérien.

     b)  Militaires

    Les conditions militaires seront précisées ultérieurement.

    III.  Négociations pour la paix

    1°)  Les conditions sur le cessez- le- feu étant remplies, l’interlocuteur  valable et exclusif pour l’Algérie demeure le FLN. Toutes les questions ayant trait à la représentativité du peuple algérien sont du ressort exclusif du FLN (gouvernement, élections, etc….). Aucune ingérence de ce fait de la part du gouvernement français n’est admise.

    2°) Les négociations se font sur la base de l’indépendance (diplomatie et défense nationale incluses).

    3°) Fixation des points de discussions :

    -  Limites du territoire algérien(limites actuelles y compris le Sahara algérien) ;

    -  Minorité française(sur la base de l’option entre : citoyenneté algérienne ou étrangère – pas de régime préférentiel – pas de double citoyenneté algérienne et française) ;

    -   Biens français: de l’État français, des citoyens français ;

    -   Transfert des compétences(administration) ;

    - Formes d’assistance et de coopération françaises dans les domaines économiques, monétaire, social, culturel, etc.…. ;

    -  Autres points.

    Dans une deuxième phase, les négociations sont menées par un gouvernement chargé de préciser le contenu des têtes de chapitre. Ce gouvernement est issu d’une assemblée constituante, elle-même issue d’élections générales.

    La Fédération Nord-africaine

    L’Algérie libre et indépendante, brisant le colonialisme racial fondé sur l’arbitraire colonial, développera sur des bases nouvelles l’unité et la fraternité de la Nation Algérienne dont la renaissance fera rayonner sa resplendissante originalité.

    Mais les Algériens ne laisseront jamais leur culte de la Patrie, sentiment noble et généreux, dégénérer en un nationalisme chauvin, étroit et aveugle.

    C’est pourquoi ils sont en même temps des Nord-Africains sincères attachés, avec passion et clairvoyance, à la solidarité naturelle et nécessaire des trois pays du Maghreb.

    L’Afrique du Nord est un TOUT par : La géographie, l’histoire, la langue, la civilisation, le devenir.

    Cette solidarité doit donc se traduire naturellement dans la création d’une Fédération des trois Etats nord-africains.

    Les trois peuples frères ont intérêt pour le commencement à organiser une défense commune, une orientation et une action diplomatique communes, la liberté des échanges, un plan commun et rational d’équipement et d’industrialisation, une politique monétaire, l’enseignement et l’échange concerté des cadres techniques, les échanges culturels, l’exploitation en commun de nos sous-sols et de nos régions sahariennes respectives.

    Les tâches nouvelles du FLN pour préparer l’insurrection générale.

    L’éventualité de l’ouverture des négociations pour la Paix ne doit en aucun cas donner naissance à une griserie du succès, entraînant inévitablement un dangereux relâchement de la vigilance et la démobilisation des énergies qui pourrait ébranler la cohésion politique du peuple.

    Au contraire, le stade actuel de la révolution algérienne exige la poursuite acharnée de la lutte armée, la consolidation des positions, le développement des forces militaires et politiques de la Résistance.

    L’ouverture des négociations et leur conduite à bonne fin sont conditionnées d’abord par le rapport des forces en présence.

    C’est pourquoi, sans désemparer, il faut travailler avec ensemble et précision pour transformer l’Algérie en un camp retranché, inexpugnable. Telle est la tâche que doivent remplir avec honneur et sans délai le FLN et son Armée de Libération Nationale.

    Dans ce but, reste valable plus que jamais le mot d’ordre fondamental :

    Tout pour le Front de la Lutte Armée.

    Tout pour obtenir une victoire décisive.

    L’indépendance de l’Algérie n’est plus la revendication politique, le rêve qui a longtemps bercé le peuple algérien  courbé sous le joug de la domination française.

    C’est aujourd’hui un but immédiat qui se rapproche à une allure vertigineuse pour devenir, très bientôt, une lumineuse réalité.

    Le FLN marche à pas de géants pour dominer la situation sur le plan militaire, politique et diplomatique.

    Objets nouveaux : préparer dès maintenant, d’une façon systématique, l’insurrection générale, inséparable de la libération nationale.

    a)  Affaiblir l’armature militaire, policière, administrative et politique du  colonialisme ;

    b) Porter une grande attention, et d’une manière ininterrompue, aux cotés techniques de la question, notamment l’acheminement du maximum de moyens matériels ;

    c)   Consolider et élever la synchronisation de l’action politico-militaire.

    Faire face aux inévitables manœuvres de division, de divergence ou d’isolement lancé par l’ennemi, par une contre-offensive intelligente et vigoureuse basée sur l’amélioration et le renforcement de la Révolution populaire libératrice.

    a) Cimenter l’union nationale anti-impérialiste ;

    b) S’appuyer  d’une façon plus particulière sur les couches sociales les plus nombreuses, les plus pauvres, les plus révolutionnaires, fellahs, ouvriers agricoles ;

    c) Convaincre avec patiente et persévérance les éléments retardataires, encourager les hésitants, les faibles, les modérés, éclairer les inconscients ;

    d) Isoler les ultra-colonialistes en recherchant l’alliance des éléments libéraux, d’origine européenne ou juive, même si leur action est encore timide ou neutraliste.

    Sur le plan extérieur, rechercher le maximum de soutien matériel, moral et psychologique.

    a) Augmenter le soutien de l’opinion publique ;

    b)   Développer l’aide diplomatique en gagnant à la cause algérienne les gouvernements des pays neutralisés par la France ou insuffisamment informés sur le caractère national de la guerre d’Algérie.

    III) MOYENS D’ACTION ET DE PROPAGANDE

    Les perspectives politiques générales tracées précédemment mettent en relief la valeur et la variété des moyens d’action que le FLN doit engager pour assurer la victoire complète du noble combat pour l’indépendance de la patrie martyre.

    Nous allons en préciser les grandes lignes sur le plan algérien, nord-africain, français et étranger.

    1°) Comment organiser et diriger des millions d’hommes dans un gigantesque combat .

    L’union psyco-politique du peuple algérien forgée et consolidée dans la lutte armée est aujourd’hui une réalité historique.

    Cette union nationale, patriotique, anticolonialiste, constitue la base fondamentale de la principale force politique et militaire de la Résistance.

    Il convient de la maintenir intacte, inentamée, dynamique, en évitant parfois les fautes impardonnables de sectarisme ou d’opportunisme, pouvant favoriser les manœuvres diaboliques de l’ennemi.

    Le meilleur moyen d’y parvenir, c’est de maintenir le FLN comme guide unique de la Révolution Algérienne ; cette condition ne doit pas être interpréter comme un sentiment de vanité égoïste ou un esprit de suffisance aussi dangereux que méprisable.

    C’est l’expression d’un principe révolutionnaire : réaliser l’unité de commandement dans un état-major qui a déjà donné les preuves de sa capacité, de sa clairvoyance, de sa fidélité à la cause du peuple algérien.

    Il ne faut jamais oublier que, jusqu’au déclenchement de la Révolution, la force de l’impérialisme français ne résidait pas seulement dans sa puissance militaire et policière, mais aussi dans la faiblesse du pays dominé, divisé, mal préparé à la lutte organisée, et surtout, pendant une longue période, de l‘insuffisance politique des dirigeants des diverses fractions du mouvement anti-colonialiste.

    L’existence d’un FLN puissant, prolongeant ses racines profondes dans toutes les couches du peuple, est une des garanties indispensables.

    a)  Installer organiquement le FLN dans tout le pays, dans chaque ville, village, mechta, quartier, entreprise, ferme, université, collège, etc.. ;

    b) Politiser le maquis ;

    c)   Avoir une politique de cadres formés politiquement, éprouvés, veillant au respect de la structure de l’organisation, vigilants, capables d’initiatives ;

    d)   Répondre avec rapidité et clarté à tous les mensonges, dénoncer les provocations, populariser les mots d’ordre du FLN en éditant une littérature abondante, variée touchant les secteurs même les plus restreints.

    Multiplier les centres de propagande avec machines à écrire, papier, ronéo(reproduction des documents nationaux et édition de bulletins ou tracts locaux).

    Éditer brochure sur la Révolution et bulletin intérieur pour directives et conseils aux cadres.

    Bien se pénétrer de ce principe : La propagande n’est pas l’agitation qui se caractérise par la violence verbale, souvent stérile et sans lendemain. En ce moment ou le peuple algérien est mûr pour l’action armée positive et féconde, le langage du FLN doit traduire sa maturité en prenant la forme sérieusement, mesurée et nuancée sans manquer pour cela de la fermeté, de la franchise et de la flamme révolutionnaire.

    Chaque tract, déclaration, interview ou proclamation du FLN a aujourd’hui une résonance internationale. C’est pourquoi nous devons agir avec un réel esprit de responsabilité qui fasse honneur au prestige mondial de l’Algérie en marche vers la liberté et l’indépendance.

    2°) Clarifier le climat politique

    Pour conserver juste l’orientation de la Résistance toute entière, dressée pour détruire l’ennemi séculaire, nous devons balayer tous les obstacles et tous les écrans sur notre chemin par les éléments conscients ou inconscients d’une action néfaste, condamnés par l’expérience.

    3°) Transformer le torrent populaire en énergie créatrice

    Le FLN doit être capable de canaliser les immenses vagues qui soulèvent l’enthousiasme patriotique de la nation. La puissance irrésistible de la colère populaire ne doit pas se perdre comme la force extraordinaire du torrent qui s’évanouit dans les sables.

    Pour la transformer en énergie créatrice le FLN a entrepris un colossal travail de brassage de millions d’hommes.

    Il s’agit d’être présent partout.

    Il faut organiser sous des formes multiples, souvent complexes, toutes les branches de l’activité humaine.

    A) Le Mouvement Paysan

    La participation massive de la population des fellahs, khammès et ouvriers agricoles à la Révolution, la proportion dominante qu’elle représente dans les moudjahidine ou moussebiline de l’Armée de Libération Nationale ont profondément marqué le caractère de la Résistance algérienne.

    Pour en mesurer l’importance exceptionnelle, il suffit d’examiner le revirement spectaculaire de la politique agraire colonialiste.

    Alors que cette politique était basée essentiellement sur le vol des terres (habous, arch, melk) les expropriations s’étant poursuivies jusqu’en 1945-46, le gouvernement français préconise aujourd’hui la réforme agraire. Il ne recule pas devant la promesse de distribuer une partie des terres d’irrigation, en mettant en application la loi Martin restée lettre morte à la suite du veto personnel d’un haut fonctionnaire au service de la grosse colonisation. Lacoste lui-même ose envisager, dans ce cas, une mesure révolutionnaire : l’expropriation d’une partie des grands domaines.

    Par souci d’équilibre, pour apaiser la furieuse opposition des gros colons, le gouvernement français a décidé la réforme du Khammessat. C’est là une mesure trompeuse tendant à faire croire à l’existence d’une rivalité intestine entre fellahs et Khammés, alors que le métayage a déjà évolué naturellement vers un processus plus équitable, sans l’intervention officielle, pour se transformer généralement en « chourka benés » ou l’association par moitié.

    Ce changement de tactique traduit le profond désarroi du colonialisme voulant tenter de tromper la paysannerie pour la détacher de la Révolution.

    Cette manœuvre grossière de dernière heure ne dupera pas les fellahs qui ont déjà mis en échec la vielle chimère des «affaires indigènes» séparant artificiellement les Algériens en Berbères et Arabes hostiles.

    Car la population paysanne est profondément convaincue que sa soif de terre ne pourra être satisfaite que par la victoire de l’indépendance nationale.

    La véritable réforme patriotique de la misère des campagnes, est inséparable de la destruction totale du régime colonial.

    Le FLN doit s’engager dans cette politique juste, légitime et sociale. Elle aura pour conséquence :

    a) La haine irréductible à l’endroit du colonialisme français, de son administration, de son armée, de sa police et des traîtres collaborateurs.

    b) La constitution de réserves humaines inépuisables pour l’ALN et la Résistance ;

    c) L’extension de l’insécurité dans les campagnes(sabotages, incendies de fermes, destruction des tabacoops et des vinicoops, symboles de la présence colonialiste) ;

    d) La création des conditions pour la consolidation et l’organisation de nouvelles zones libérées.

    B) Le Mouvement Ouvrier

    La classe ouvrière peut et doit apporter une contribution plus dynamique pouvant conditionner l’évolution rapide de la Révolution, sa puissance et son succès final.

    Le FLN salue la création de l’U.G.T.A. comme l’expression d’une saine réaction des travailleurs contre l’influence paralysante des dirigeants de la C.G.T., de F.O. et de la C.F.T.C..

    L’U.G.T.A. aide la population salariée à sortir du brouillard de la confusion et de l’attentisme.

    Le gouvernement socialiste français et la direction néo-colonialiste de F.O. sont inquiets de l’affiliation internationale de l’U.G.T.A. à la C.I.S.L., dont l’aide à l’U.G.T.A. et à la Centrale marocaine a été positive dans divers domaines nationaux et extérieurs.

    La naissance et le développement de l’U.G.T.A. ont eu en effet un profond retentissement. Son existence a provoqué immédiatement un violent remous au sein de la C.G.T, abandonnée en masse par les travailleurs. Les dirigeants communistes ont essayé vainement de retenir les cadres les plus conscients en essayant de retrouver sous les cendres l’esprit de l’ancienne C.G.T.U. dont le mot d’ordre de l’indépendance de l’Algérie fut enterré au lendemain de l’unité syndicale en 1935.

    Mais pour devenir une centrale nationale, il ne suffit pas à la filiale de la C.G.T. parisienne de modifier le titre, ni de changer la couleur de la carte, ni même de couper un cordon ombilical atrophié.

    Pour s’adapter aux fonctions nouvelles du mouvement ouvrier ayant déjà atteint l’âge adulte, il ne suffisait pas à l’U.G.S.A. de changer de forme ou d’aspect extérieur. Quiconque observe les velléités communistes, ne peut manquer de retrouver le rythme et la méthode colonialistes, qui ont présidé à la transformation des délégations financières en la bâtarde Assemblée Algérienne.

    L’accession de certains militants à des postes de direction syndicale rappelle singulièrement la promotion symbolique de certains élus-administratifs.

    Dans les deux cas, il aurait fallu changer le but, la nature et le contenu du Foyer civique et du Palais Carnot.

    L’incapacité de la direction du P.C.A. sur le plan politique ne pouvait que se traduire sur le plan syndical et entraîner la même faillite.

    L’U.G.T.A. est le reflet de la profonde transformation qui s’est produite dans le mouvement ouvrier, à la suite d’une longue évolution et surtout après le bouleversement révolutionnaire provoqué par la lutte pour l’indépendance nationale.

    La nouvelle centrale algérienne diffère des autres organisations C.G.T.F.O. et C.F.T.C. dans tous les domaines, notamment par l’absence de tutelle, le choix de l’état-major, la structure rationnelle, l’orientation juste et la solidarité fraternelle en Algérie, en Afrique du Nord et dans le monde entier.

    1°) Le caractère national se traduit non seulement par une indépendance organique, détruisant les contradictions inhérentes à une tutelle étrangère, mais aussi par une liberté totale dans la défense des travailleurs dont les intérêts vitaux se confondent avec ceux de toute la nation algérienne.

    2°) La direction est formée non par des éléments issus d’une minorité ethnique n’ayant jamais subi l’oppression coloniale, toujours enclins au paternalisme, mais par des patriotes dont la conscience nationale aiguise la combativité contre la double pression de l’exploitation sociale et de la haine raciale.

    3°) La « colonne vertébrale » est constituée non par une aristocratie ouvrière(fonctionnaires et cheminots) mais par les couches les plus nombreuses et les plus exploitées(dockers, mineurs, ouvriers agricoles, véritables parias jusqu’ici abandonnés honteusement à la merci des seigneurs de la vigne.

    4°) Le souffle révolutionnaire purifie le climat syndical non seulement en chassant l’esprit néo-colonialiste et le chauvinisme national qu’il engendre, mais en créant les conditions pour l’épanouissement d’une fraternité ouvrière, imperméable au racisme.

    5°)  L’action syndicale, maintenue longtemps dans le cadre étroit des revendications économiques et sociales, isolée de la perspective générale, est devenue non un frein dans la lutte anti-colonialiste mais un accélérateur dans le combat pour la liberté et la justice sociale ;

    6°) La population laborieuse algérienne, jugée jusqu’ici comme mineure ne méritant pas l’émancipation, est appelée, non à occuper un rang subalterne dans le mouvement social français, mais à coopérer brillamment avec le mouvement ouvrier nord-africain et international ;

    7°) L’U.G.S.A. -C.G.T-, se verra inévitablement contrainte de se dissoudre à l’exemple des organisations similaires de Tunisie et du Maroc pour céder entièrement la place à l’U.G.T.A., centrale nationale authentique et unique, groupant tous les travailleurs algériens sans distinction.

    Le FLN ne doit pas négliger le rôle politique qu’il peut jouer pour aider et compléter l’action syndicale indépendante de l’U.G.T.A. en vue de sa consolidation et de son renforcement.

    Les militants FLN doivent être parmi les plus dévoués, les plus actifs, toujours soucieux de respecter les règles démocratiques selon la tradition en honneur dans le mouvement ouvrier libre.

    Pas de schématisme: tenir compte de chaque situation concrète et adapter les formes d’actions aux conditions particulières, objectives de chaque corporation.

    - Développer l’esprit de combativité en organisant sans retard l’action revendicative sous une forme souple et variée selon les conditions concrètes du moment(arrêt de travail limité, grèves locales, corporatives, de solidarité) ;

    -  Entraîner dans l’action, les travailleurs européens ;

    - Concrétiser la sympathie pour l’ALN en transformant en action de soutien la résistance : souscriptions, fournitures aux combattants, actes de sabotage, grèves de solidarité, grèves politiques.

    C)   Le Mouvement des Jeunes

    La jeunesse algérienne a les qualités naturelles de dynamisme, de dévouement et d’héroïsme.

    De plus, elle se caractérise par un fait rare. Très nombreuse, elle représente près de la moitié de la population totale, en raison d’un développement démographique exceptionnel.

    En outre, elle possède une qualité originale ; la maturité précoce. En raison de la misère, de l’oppression coloniale, elle passe rapidement de l’enfance à l’âge adulte ; la période de l’adolescence est singulièrement réduite.

    Elle suit avec passion, avec le mépris de la peur et la mort, l’organisation révolutionnaire qui peut la conduire à la conquête de son pur idéal de liberté.

    La Révolution Algérienne, les exploits de l’ALN et l’action clandestine du FLN répondent à sa témérité que nourrit le plus noble sentiment patriotique.

    C’est donc pour le FLN un levier inflexible d’une puissance et d’une résistance formidables.

    D)  Intellectuels et Professions Libérales

    Le ralliement des intellectuels à la patrie algérienne, le fait que la «francisation » n’a pas réussi à étouffer leur conscience nationale, la rupture avec les positions idéalistes individualistes ou réformistes, sont les preuves d’une saine orientation politique.

    1°)  Former des comités d’action des intellectuels patriotiques :

    a)  Propagande : indépendance de l’Algérie ;

    b) Contacts avec les libéraux français ;

    c) Souscriptions.

    Le FLN devra assigner aux étudiants et étudiantes, d’une manière rationnelle, des tâches précises dans les domaines ou ils peuvent rendre le mieux : politique, administratif, culturel, sanitaire, économique, etc…

    2°)  Organiser des services de santé :

    a) Chirurgiens, médecins, pharmaciens en liaison avec les hospitaliers (internes et infirmiers) ;

    b) Soins, médicaments, pansements ;

    c) Infirmiers de campagne, traitement des malades et convalescents.

    E)  Commerçants et Artisans

    A côté du syndicat commercial algérien, dominé par le monopoleur Schiaffino, maître des chambres de commerce et le mouvement Poujade raciste et colonial-fasciste, se trouvait le vide constitué par l’absence d’une véritable Centrale commerciale et artisanale, dirigée par des patriotes pour assurer la défense de l’économie algérienne.

    L’U.G.C.A. prendra donc une place importante à côté de l’organisation ouvrière sœur, l’U.G.T.A.

    Le FLN doit l’aider à se développer rapidement en créant les conditions politiques les plus favorables :

    1°) Lutte contre les impôts.

    2°) Boycott des grossistes colonialistes, poujadistes, apportant un soutien actif à la guerre impérialiste.

    F)  Mouvement des Femmes

    D’immenses possibilités existent et sont de plus en plus nombreuses dans ce domaine.

    Nous saluons avec émotion, avec admiration, l’exaltant courage révolutionnaire des jeunes filles et des jeunes femmes, des épouses et des mères ; de toutes nos sœurs « moudjahidates » qui participent activement, et parfois les armes à la main, à la lutte sacrée pour la libération de la Patrie.

    Chacun sait que les Algériens ont chaque fois participé activement aux insurrections nombreuses et renouvelées qui ont dressé, depuis 1830, l’Algérie contre l’occupation française.

    Les explosions principales de 1864 des Ouled Sidi Cheikh du Sud Oranais, de 1871 en Kabylie, de 1916 dans les Aurès et la région de Mascara ont illustré à jamais l’ardent patriotisme, allant jusqu’au sacrifice suprême, de la femme algérienne.

    Celle-ci est aujourd’hui convaincue que la Révolution actuelle aboutira inexorablement à la conquête de l’indépendance.

    L’exemple récent de la jeune fille kabyle qui repousse une demande en mariage, parce que n’émanant pas d’un maquisard illustre d’une façon magnifique le moral sublime qui anime les Algériennes.

    Il est donc possible d’organiser dans ce domaine, avec des méthodes originales propres aux mœurs du pays, un redoutable et efficace moyen de combat.

    a)  Soutien moral des combattants et des résistants ;

    b) Renseignements, liaisons, ravitaillement, refuges ;

    c) Aide aux familles et enfants de maquisards, de prisonniers ou d’internés.

    4°)  L a recherche des alliances.

    Pour libérer leur patrie enchaînée, les Algériens comptent d’abord sur  eux-mêmes.

    L’action politique, comme la science militaire, enseignement qu’il ne faut négliger aucun facteur, même apparemment peu important, pour assurer la victoire.

    L’action politique le FLN a entrepris avec succès la mobilisation de toutes les énergies nationales. Mais il ne laissera pas l’ennemi colonialiste s’appuyer sur la totalité de la minorité ethnique en Algérie, dresser contre nous l’opinion en France et nous priver de la solidarité internationale.

    A) Les Libéraux Algériens

    A la différence de la Tunisie et du Maroc la minorité ethnique d’origine européenne a une importance numérique dont il faut tenir compte. Elle est renforcée par une immigration permanente jouissant d’une aide officielle et fournissant au régime colonial une fraction importante de ses soutiens les plus farouches, les plus obstinés, les plus racistes.

    Mais en raison de ses privilèges inégaux, du rôle qu’elle joue dans la hiérarchie économique, administrative et politique du système colonialiste, la population d’origine européenne ne constitue pas un bloc indissoluble autour de la grosse colonisation dirigeante.

    L’esprit de race supérieure est général. Mais il se manifeste sous des aspects nuancés, allant de la frénésie du type « sudiste » à l’hypocrisie paternaliste.

    Le colonialisme français, maître tout-puissant de l’administration algérienne, de la police, du monopole de la presse, de la radio, s’est montré souvent capable d’exercer une pression psychologique pouvant cristalliser l’opinion publique autour d’une  idée-force réactionnaire.

    Le départ de Soustelle et la manifestation du 6 février ont été les preuves d’une grande habilité dans l’art de la provocation et du complot.

    Le résultat fut la capitulation du chef du gouvernement français.

    Pour atteindre son but, le colonialisme organisa la panique. Il accusa le gouvernement d’abandonner la minorité ethnique non-musulmane à la « barbarie arabe », à la « guerre sainte », à un Saint-Barthélemy plus immonde.

    Le slogan fabriqué par le maître chanteur Reygasse et diffusé par le bourreau Benquet-Crevaux, l’odieuse image « la valise ou le cercueil » semblent aujourd’hui anodins.

    Les anciens partis nationalistes n’ont pas toujours accordé à cette question l’importance qu’elle mérite. Ne prêtant d’attention que pour l’opinion musulmane, ils ont négligé souvent de relever comme il convient des déclarations maladroites de certains charlatans ignorés, apportant en fait de l’eau au moulin de l’ennemi principal.

    Actuellement, la contre-offensive est encore faible. La presse libérale de France ne put enrayer totalement le poison colonialiste. Les moyens d’expression du FLN sont insuffisants.

    Heureusement la Résistance Algérienne n’a pas fait de faute majeure pouvant justifier les calomnies de la presse colonialiste du service psychologique de l’armée colonialiste, convaincu de mensonges flagrants par les témoignages de journalistes français et étrangers.

    Voilà pourquoi le bloc colonialiste et raciste, sans fissure le 6 février, commence à se désagréger. La panique a cédé la place peu à peu à un sentiment plus réaliste. La solution militaire devant rétablir le statu-quo est un mirage évident. La question dominante aujourd’hui, c’est le retour à une paix négociée : quelle est la place qui sera faite à ceux qui considèrent l’Algérie comme patrie toujours généreuse même après la disparition du règne de Borgeaud ?.

    Des tendances diverses apparaissent.

    1°) Le neutralisme est le courant le plus important. Il exprime le souhait de laisser les ultra-colonialistes défendre leurs privilèges menacés par les nationalistes « extrémistes ».

    2°) Les partisans d’une solution « intermédiaire » : la négociation pour « une communauté algérienne à égale distance entre le colonialisme français et le rétrograde impérialiste arabe » par la création d’une double nationalité ;

    3°) La tendance la plus audacieuse accepte l’indépendance de l’Algérie et la nationalité algérienne, à la condition de s’opposer à l’ingérence américaine, anglaise et égyptienne.

    Cette analyse est sommaire. Elle n’a d’autre but que de souligner la différenciation qui s’opère dans le large éventuel de l’opinion publique européenne.

    Ce serait donc une erreur impardonnable que de mettre dans le « même sac » tous les Algériens d’origine européenne ou juive.

    Comme il serait impardonnable de nourrir l’illusion de pouvoir les gagner entièrement à la cause de la libération nationale.

    L’objectif à atteindre, c’est l’isolement de l’ennemi colonialiste qui opprime le peuple algérien.

    Le FLN doit donc s’efforcer d’accentuer l’évolution de ce phénomène psychologique en neutralisant une fraction importante de la population européenne.

    La Révolution Algérienne n’a pas pour but de « jeter à la mer » les Algériens d’origine européenne, mais de détruire le joug colonial inhumain.

    La Révolution Algérienne n’est pas une guerre civile, ni une guerre de religion.

    La Révolution Algérienne veut conquérir l’indépendance nationale pour installer une république démocratique et sociale garantissant une véritable égalité entre tous les citoyens d’une même patrie, sans discrimination.

    B) La Minorité Juive

    Ce principe fondamental, admis par la morale universelle, favorise la naissance dans l’opinion israélite d’un espoir dans le maintien d’une cohabitation pacifique millénaire.

    D’abord, la minorité juive a été particulièrement sensible à la campagne de démoralisation du colonialisme. Des représentants de leur communauté ont proclamé au congrès mondial juif de Londres leur attachement à la citoyenneté française, les mettant au-dessus de leurs compatriotes musulmans.

    Mais le déchaînement de la haine antisémite qui a suivi les manifestations colonialo-fascistes ont provoqué un trouble profond qui fait place à une saine réaction d’auto-défense.

    Le premier réflexe fut de se préserver, du danger d’être pris entre deux feux. Il se manifeste par la condamnation des Juifs, membres du « 8 novembre » et du mouvement poujadiste, dont l’activité trop voyante pouvait engendrer le mécontentement vindicatif contre toute la communauté.

    La correction inflexible de la Résistance Algérienne, réservant tous ses coups au colonialisme, apparut aux plus inquiets comme une qualité chevaleresque d’une noble colère des faibles contre les tyrans.

    Des intellectuels, des étudiants, des commerçants prirent l’initiative de susciter un mouvement d’opinion pour se désolidariser des gros colons et des  anti-juifs.

    Ceux-là n’avaient pas la mémoire courte. Ils n’ont pas oublié l’infâme souvenir du régime de Vichy. Pendant quatre ans, 185 lois, décrets ou ordonnances les ont privés de leurs droits, chassés des administrations et des universités, spoliés de leurs immeubles et de leurs fonds de commerce, dépouillés de leurs bijoux.

    Leurs coreligionnaires de France étaient frappés d’une amende collective d’un milliard. Ils étaient traqués, arrêtés, internés au camp de Drancy et envoyés par wagons plombés en Pologne ou beaucoup périrent dans les fours crématoires.

    Au lendemain de la libération de la France, la communauté juive algérienne retrouva rapidement ses droits et ses biens grâce à l’appui des élus musulmans, malgré l’hostilité de l’administration pétainiste.

    Aura-t-elle la naïveté de croire que la victoire des ultra-colonialistes, qui sont précisément les mêmes qui l’ont persécuté, naguère, ne ramènera pas le même malheur ?

    Les Algériens d’origine juive n’ont pas encore surmonté leur trouble de conscience, ni choisi de quel côté se diriger.

    Espérons qu’ils suivront en grand nombre le chemin de ceux qui ont répondu à l’appel de la patrie généreuse, donné leur amitié à la Révolution en revendiquant déjà avec fierté, leur nationalité algérienne.

    Cette option est basée sur l’expérience, le bon sens et la clairvoyance.

    En dépit du silence du Grand Rabbin d’Alger, contrastant avec l’attitude réconfortante de l’Archevêque se dressant courageusement et publiquement contre le courant et condamnant l’injustice coloniale, l’immense majorité des Algériens s’est gardée de considérer la communauté juive, comme passée définitivement dans le champ ennemi.

    Le FLN a étouffé dans l’œuf des provocations nombreuses préparées par les spécialistes du gouvernement général. En dehors du châtiment individuel infligé aux policiers et contre-terroristes responsables de crimes contre la population innocente, l’Algérie a été préservée de tout pogrom. Le boycottage des commerçants juifs, devant suivre le boycottage des Mozabites a été enrayé même d’exploser.

    Voilà pourquoi, le conflit arabo-israélien n’a pas eu, en Algérie, de répercussions  graves, ce qui aurait comblé le vœu des ennemis du peuple algérien.

    Sans puiser dans l’histoire de notre pays les preuves de tolérance religieuse, de collaboration dans les plus hauts postes de l’État, de cohabitation sincère, la Révolution Algérienne a montré par les actes, qu’elle mérite la confiance de la minorité juive pour lui garantir sa part de bonheur dans l’Algérie indépendante.

    En effet, la disparition du régime colonial, qui s’est servi de la minorité juive comme tampon pour atténuer les chocs anti-impérialistes, ne signifie pas forcément sa paupérisation.

    C’est une hypothèse absurde que de s’imaginer que« l’Algérie ne serait rien sans la France ».

    La prospérité économique des peuples affranchie est évidente.

    Le revenu national, plus important, assurera à tous les Algériens une vie plus confortable.

    Tenant compte de ce qui précède, le FLN recommande :

    1°)  Encourager et aider à la formation de comités et mouvements de libéraux algériens, même ceux ayant au départ des objectifs limités :

    a) Comité d’action contre la guerre d’Algérie ;

    b) Comité pour la négociation et la paix ;

    c) Comité pour la nationalité algérienne ;

    d) Comité de soutien des victimes de la répression ;

    e) Comité d’études du problème algérien ;

    f) Comité pour la défense des libertés démocratiques ;

    g) Comité pour le désarmement des milices civiles ;

    h) Comité d’aide aux ouvriers agricoles(parrainage des syndicats, soutien des grèves, défense des enfants et des femmes exploités).

    2°) Intensifier la propagande auprès des rappelés et des soldats du contingent :

    a) Envoi de livres, revues, journaux, tracts anti-colonialistes ;

    b) Comité d’accueil des permissionnaires ;

    c) Théâtre : pièces exaltant la lutte patriotique pour l’indépendance.

    3°) Multiplier les comités de femmes de mobilisés pour exiger le rappel de leurs maris.

    C) L’Action du FLN en France

    1°) Développer l’appui de l’opinion libérale

    L’analyse de l’éventail politique chez les libéraux en Algérie peut être valable pour saisir les nuances de l’opinion publique en France, sujette à des fluctuations rapides en raison de la sensibilité populaire.

    Il est certain que le FLN attache une certaine importance à l’aide que peut apporter à la justice cause de la Résistance Algérienne la partie éclairée du peuple français, insuffisamment informé des horreurs indicibles perpétrées en son nom.

    Nous apprécions la contribution des représentants du mouvement libéral français tendant à faire triompher la solution politique, pour éviter une effusion de sang inutile.

    La Fédération FLN en France, dont la direction est aujourd’hui renforcée à Paris, a une tâche politique de premier plan pour annuler l’effet négatif de la pression réactionnaire et colonialiste.

    1°) Contacts politiques avec les organisations, mouvements et comités contre la guerre coloniale.

    - Presse, meetings, manifestations et grèves contre le départ des soldats, la manutention et le transport du matériel de guerre.

    2°) Soutien financier par la solidarité aux résistants et aux combattants pour la liberté.

    2°) Organiser l’émigration algérienne

    La population algérienne émigrée en France est un capital précieux en raison de son importance numérique, de son caractère jeune et combatif, de son potentiel politique.

    La tâche du FLN est d’autant plus importante pour mobiliser la totalité de ces forces qu’elle nécessite, en même temps, la lutte à outrance contre les tentatives de survivance du messalisme.

    1°) Éclairer l’opinion publique française et étrangère en donnant informations, articles de journaux et revues. Grouper à cet effet les militants expérimentés, les intellectuels et les étudiants.

    2°) Dénoncer d’une façon infatigable et patiente la faillite du messalisme comme courant politique, sa compromission avec les milieux proches du gouvernement français ce qui explique l’orientation dirigée non contre le colonialisme, mais contre le FLN et l’ALN.

    D) La Solidarité Nord-Africaine

    L’intransigeance révolutionnaire du FLN, la poursuite farouche de la lutte armée par l’ALN, l’unanimité nationale du peuple algérien soudée par l’idéal d’indépendance nationale, ont mis en échec les plans colonialistes.

    Les gouvernements tunisien et marocain ont en particulier(sous la pression des peuples frères), pris nettement position sur ce problème qui conditionne l’équilibre nord-africain.

    Le FLN doit encourager :

    1°) La coordination de l’action gouvernementale des deux pays du Maghreb, dans le but de faire pression sur le gouvernement français : action diplomatique ;

    2°) L’unification de l’action politique par la création d’un comité de coordination des partis frères nationaux avec le FLN ;

    a) Création de comités populaires de soutien de la Résistance Algérienne ;

    b) Intervention multiforme dans tous les secteurs ;

    3°) La liaison permanente avec les Algériens résidant au Maroc et en Tunisie(action concrète auprès de l’opinion publique, de la presse et du gouvernement) ;

    4°) La solidarité des Centrales Ouvrières U.G.T.T, U.M.T.,U.G.T.A.;

    5°) L’entraide des trois unions estudiantines.

    6°) La coordination de l’action des trois centrales économiques.

    4°) L’Algérie devant le monde.

    La diplomatie française a entrepris sur le plan international un travail interne pour obtenir partout oÙ  c’est possible, ne serait-ce que très provisoirement, une aide morale et matérielle ou une neutralité bienveillante et passive. Les seuls résultats plus ou moins positifs sont les déclarations gênées, arrachées aux représentants des Etats–Unis, de l’Angleterre et de l’O.T.A.N.

    Mais la presse mondiale, notamment la presse américaine, condamne impitoyablement les crimes de guerre, plus particulièrement la légion et les paras, le génocide des vieillards, des femmes, des enfants, le massacre des intellectuels et des civils innocents, la torture des emprisonnés politiques, la multiplication des camps de concentration, l’exécution d’otages.

    Elle exige du colonialisme français, la reconnaissance solennelle du droit du peuple algérien à disposer librement de son sort.

    La lutte gigantesque engagée par l’Armée de Libération Nationale, son invincibilité garantie par l’adhésion unanime de la nation algérienne à l’idéal de liberté, ont sorti le problème algérien du cadre français dans lequel l’impérialisme l’a tenu jusqu’alors prisonnier.

    La conférence de Bandoeng et surtout la 10ème session de l’O.N.U. ont en particulièrement le mérite historique de détruire la fiction juridique de « l’Algérie française ».

    L’invasion et l’occupation d’un pays par une armée étrangère ne sauraient en aucun cas modifier la nationalité de ses habitants. Les Algériens n’ont jamais accepté la « francisation », d’autant plus que cette « étiquette » ne les a jamais empêchés d’être dans leur patrie moins libres et moins considérés que les étrangers.

    La langue arabe, langue nationale de l’immense majorité, a été systématiquement étouffée. Son enseignement supérieur a disparu dès la conquête par la dispersion des maîtres et des élèves, la fermeture des universités, la destruction des bibliothèques, le vol des donations pieuses.

    La religion islamique est bafouée, son personnel est domestiqué, choisi et payé par l’administration colonialiste.

    L’impérialisme français a combattu le mouvement progressiste des Oulémas pour donner son appui total au maraboutisme, domestiqué par la corruption de certains chefs de confréries.

    Combien apparaît dégradante le malhonnêteté des Bidault, Lacoste, Soustelle et du Cardinal Feltin lorsqu’ils tentent de tromper l’opinion publique française et étrangère en définissant la Résistance Algérienne comme un mouvement religieux fanatique au service du panislamisme.

    La ligne de démarcation de la Révolution ne passe pas entre les communautés religieuses qui  peuplent l’Algérie, mais entre d’une part, les partisans de la liberté, de la justice, de la dignité humaine et d’autre part, les colonialistes et leurs soutiens, quelle que soit leur religion ou leur condition sociale.

    La meilleure des preuves n’est-elle pas le châtiment suprême infligé à des traîtres officiants du culte, dans l’enceinte même des mosquées.

    Par contre, grâce à la maturité politique du peuple algérien et à la sage et lucide direction du Front de Libération Nationale, les provocations traditionnelles et renouvelées du colonialisme : pogroms, troubles anti-chrétiens, xénophobie, ont été déjouées et étouffées dans l’œuf.

    La Révolution Algérienne, malgré les calomnies de la propagande colonialiste, est un combat patriotique, dont la base est incontestablement de caractère national, politique et social.

    Elle n’est inféodée ni au Caire, ni à Londres, ni à Moscou, ni à Washington.

    Elle s’inscrit dans le cours normal de l’évolution historique de l’humanité qui n’admet plus l’existence de nations captives.

    Voilà pourquoi l’indépendance de l’Algérie martyre est devenue une affaire internationale et le problème-clé de l’Afrique du Nord.

    De nouveau, l’affaire algérienne sera posée devant l’O.N.U. par les pays  afro-asiatiques.

    Si, lors de la dernière session de l’Assemblée Générale de l’O.N.U., on constata chez ces pays amis le souci tactique exagérément conciliateur, allant jusqu’à retirer de l’ordre du jour la discussion de l’affaire algérienne, il n’en est pas de même aujourd’hui car les promesses de la France n’ont nullement été tenues.

    Ce manque de hardiesse était déterminé par l’attitude des pays arabes en général et de l’Egypte en particulier. Leur soutien à la lutte du peuple algérien demeurait limité ; il était assujetti aux fluctuations de leur diplomatie. La France exerçait une pression particulière sur lr Moyen-Orient en monnayant son aide économique et militaire et son opposition au Pacte de Bagdad. Elle avait notamment essayé de peser de toutes ses forces pour paralyser les armes psychologiques et morales dont le FLN dispose.

    L’attitude des pays non arabes du bloc afro-asiatique était conditionnée, semble-t-il, par le souci d’une part de ne jamais dépasser celle des pays arabes, par le désir d’autre part de jouer un rôle déterminant dans des problèmes tels que ceux désarmement et de la coexistence pacifique.

    Ainsi l’internationalisation du problème algérien dans sa phase actuelle a renforcé la prise de conscience universelle sur l’urgence du règlement d’un conflit armé pouvant affecter le bassin méditerranéen et l’Afrique, le Moyen-Orient et le monde entier.

    Comment Diriger Notre Activité internationale ?

    Nos contacts avec les dirigeants des pays frères n’ont jamais été autre chose que des contacts d’alliés et non d’instruments.

    Nous devons veiller d’une façon systématique à conserver intacte l’indépendance de la Révolution Algérienne. Il convient de réduire à néant la calomnie lancée par le gouvernement français, sa diplomatie, sa grande presse pour nous présenter, n’ayant pas de racines dans la Nation Algérienne captive.

    1°) Provoquer chez les gouvernements du Congrès de Bandoeng, en plus de l’intervention à l’O.N.U., des pressions diplomatiques, voire économiques directes sur la France ;

    2°) Rechercher l’appui des peuples d’Europe, y compris les pays nordiques et les démocraties populaires ainsi que les pays d’Amérique Latine ;

    3°) S’appuyer sur l’émigration arabe dans les pays de l’Amérique Latine.

    Dans ce but, le FLN a renforcé la Délégation algérienne en mission à l’extérieur. Il devra avoir :

    a) Bureau permanent auprès de l’ONU et aux USA ;

    b) Délégation dans les pays d’Asie ;

    c) Délégations itinérantes pour la visite des capitales et la participation aux rassemblements mondiaux culturels, estudiantins, syndicaux, etc ;

    d) Propagande écrite crée par nos propres moyens ; bureau de presse, éditions de rapports, documents par la photo et le film.

    CONCLUSION

    Il y a dix an, au lendemain de la fin de la deuxième guerre mondiale, une formidable explosion a ébranlé l’impérialisme.

    L’irrésistible mouvement de libération nationale, longtemps comprimé, secoua  les peuples captifs. Une réaction en chaîne entraîna les pays colonisés, l’un après l’autre, dans la conquête d’un avenir flamboyant de liberté et de bonheur..

    En cette courte période, dis huit nations sont sorties des ténèbres de l’esclavage colonial et ont pris place au soleil de l’indépendance nationale.

    Les peuples de Syrie et du Liban, du Viet-Nam et du Fezzan ont brisé  les barreaux de leurs cellules et réussi à quitter l’immense prison du colonialisme français.

    Les trois peuples du Maghreb ont manifesté à leur tour leur volonté et leur capacité de prendre leur place dans le concert des nations libres.

    La révolution Algérienne du 1er Novembre 1954 est sur la bonne voie.

    La lutte sera encore difficile, âpre, cruelle.

    Mais sous la ferme direction du FRONT DE LIBÉRATION NATIONALE, la victoire couronnera la longue lutte armée menée par le peuple algérien indompté.

    La date humiliante du 5 juillet 1830 sera effacée avec la disparition de l’odieux régime colonial.

    Le moment est proche où le peuple algérien recueillera les doux fruits de son douloureux sacrifice et de son courage sublime.

    L’INDÉPENDANCE DE LA PATRIE SUR LAQUELLE FLOTTERA SOUVERAINEMENT LE DRAPEAU NATIONAL ALGÉRIEN.

    Publié dans Publications | Commentaires fermés

    Les personnes handicapées demeurent les oubliées des pouvoirs publics

    Posté par jiljadidbejaia le 20 juin 2016

    Pension handicapésIl est dans la nature de ce système qui nous dirige de placer les intérêts des membres des clans qui le constituent avant ceux du peuple. Et, lorsqu’il arrive qu’une décision serve les intérêts légitimes des citoyens, les tenants du pouvoir s’arrangent toujours, par de multiples parades, de nous convaincre que c’est grâce à « leur générosité » et à « l’intérêt accordé au peuple » que cette charité nous est parvenue.

    Les «berrahines» et les affidés identifiés ou cachés du pouvoir sont toujours assez nombreux et disponibles pour nous faire parvenir l’information relative à la paternité de cette obole comme si les richesses du sous-sol leur appartenaient, qu’ils sont les « authentiques propriétaires » de ce pays et que les citoyens sont réduits au statut de simples locataires vivant de la charité de nos dirigeants.

    Cette situation a toujours prévalu dans notre pays, et les citoyens, victimes de ce diktat, en sont parfaitement conscients mais malheureusement mis sous oppression pour étouffer toute manifestation sociale.

    Je n’ai nullement l’intention de m’étaler davantage sur le constat de la situation car tout le monde la connait. Les raisons qui m’ont poussé à écrire cet article, c’est beaucoup plus pour m’indigner du mépris affiché par ce gouvernement à l’égard d’une frange de la société que représentent les handicapés physiques et mentaux au niveau national. Et pourtant, l’initiateur de la charte universelle des droits de la personne handicapée n’est autre que l’Algérien, le Professeur Mahfoud Boucebci, lâchement assassiné par un minable tôlier. Cette charte a été adoptée par l’Organisation des Nations-Unies et que notre pays a signée et ratifiée.

    Qu’en est-il sur le terrain ?

    Avant de répondre très succinctement à cette question qui exigera de nombreuses réponses, je tiens à préciser que je ne suis pas handicapé et que je n’ai aucun membre de ma famille handicapé. Mais, je reste convaincu que nul n’est à l’abri d’un handicap et nul n’a droit à l’indifférence de la situation alarmante des personnes handicapées qui vivent autour de nous.

    Mauvaise prise en charge des personnes handicapées

    La prise en charge est très insuffisante pour ne pas dire inexistante alors que les besoins manifestés par cette frange de la société sont énormes (chaises roulantes, prothèses, suivis médicaux, la rééducation orthophonique ou fonctionnelle, etc…). L’ironie du sort veut que le plus grand de ces personnes handicapées sont issues de familles à faibles revenus ou carrément de familles démunies.

    Mépris des services publics

    Les textes réglementaires de l’urbanisme recommandent l’aménagement de voies d’accès aux personnes à mobilité réduite pour leur permettre d’accéder aux différents services publics. Mais, malheureusement, sur le terrain c’est le mépris total de la part de ces bureaux d’études, des responsables de l’exécutif et même des élus locaux et nationaux. Si l’on ne peut pas trop critiquer les concepteurs des anciens édifices publics, il n’en est pas de même des nouvelles structures publiques dont les architectes sont formés et informés de cette nécessité qui est aujourd’hui universelle.

    Quelques rares administrations ont conçu une rampe d’accès à cette catégorie de personnes, mais qui s’arrête au niveau du premier palier qui n’est autre que le rez-de-chaussée alors qu’il y a des services qui se trouvent au quatrième ou cinquième étage sans ascenseur (cas du service des impôts de Bgayet). Cette façon d’agir s’apparente à du mépris caractérisé comme si la personne handicapée n’a pas droit de gérer une activité commerciale, de faire des démarches auprès d’une administration, de demander audience à un magistrat, etc…

    handicap_01   handicap_02

    Une pension qui s’apparente à une gifle

    Malgré l’aisance financière de l’Algérie des années passées, malgré les cris de détresse lancés par les personnes handicapées, malgré les alertes lancées par les nombreuses associations humanitaires sur les conditions de vie précaire de cette frange fragile de la société, les pouvoirs publics continuent de faire la sourde oreille.

    Le gouvernement préfère tripler les indemnités des députés et des sénateurs qui ne produisent rien et qui n’osent même pas s’indigner sur le sort de ces personnes malades et à mobilité réduites à qui on demande de survivre avec 4000,00 DA/mois, soit l’équivalent de 25 Euros par mois avec lesquelles il doit se nourrir, s’habiller, s’entretenir, etc…

    Le pire de l’histoire est que souvent cette minable pension arrive un énorme retard sans possibilité de recours. Toutes ces brimades entament la dignité des handicapés auxquelles il faut rajouter l’absence totale du service statistique au niveau de toutes les communes du pays. Cette situation favorise les détournements des dons en nature destinés à ces personnes malades et démunies.

    handicap_03

    Jil Jadid suggère.

    Il est urgent, aujourd’hui, que toutes les communes du pays mettent en place un service des statistiques qui leur permettra d’actualiser la liste des personnes handicapées physiques ou mentales afin d’élaborer un programme de suivi et de soutien de cette catégorie sociale.

    De même qu’il est nécessaire de dissoudre ce ministère de la solidarité, dont l’appellation est réductrice, pour mettre en place un Secrétariat d’Etat aux personnes handicapées et aux familles démunies.

    Publié dans Analyses | Commentaires fermés

    Pourquoi Jil Jadid a quitté la CLTD ?

    Posté par jiljadidbejaia le 9 juin 2016

    Beaucoup de sympathisants de notre parti Jil Jadid n’ont pas cessé de me poser la question portant sur le retrait de notre formation politique de la coordination alors que nous étions les précurseurs de la construction d’un pôle d’opposition.

    J’ai donc opté pour la republication de l’interview accordée par le président du parti, Soufiane Djilali, au journaliste du quotidien Le Soir d’Algérie.

    Ci-joint le lien de l’interview.

    http://news.jiljadid.info/fr/actualites/soufiane-djilali-pour-le-soir-dalg%C3%A9rie-%C2%ABle-pays-est-bloqu%C3%A9%C2%BB.html

    —————————

    Le pays est bloqué

    Dans cet entretien, Soufiane Djillali s’explique sur les raisons qui l’ont poussé à quitter la CNLTD et analyse la situation de crise qui prévaut dans le pays.

    Le Soir d’Algérie : De manière inattendue, vous vous retirez de la CNLTD. Qu’est-ce qui a motivé ce geste ?

    Soufiane Djillali : Cette décision couvait depuis un bon moment. Elle aurait pu se produire en janvier 2015 lorsque le majliss ecchoura du MSP avait décidé d’ouvrir un dialogue direct avec le pouvoir sans prendre l’avis de la CNLTD, elle a failli être annoncée le 9 juillet de la même année lorsque M. Mokri avait rencontré M. Ouyahia sans que personne n’en soit averti au préalable. Personnellement, j’avais fait part de mon désaccord. Mais on avait tous alors décidé que la CNLTD était plus importante que ce geste qui officiellement était sans conséquences.

    Mais Monsieur Mokri est revenu à plusieurs reprises dans les médias, sur plusieurs plateaux de télévision et lors de meetings, sur sa demande d’établir un «gouvernement d’union nationale» entre les partis de l’opposition et ceux du pouvoir. Il est évident que cette position devenait stratégique pour ce parti. Il faut dire que lui au moins a eu la franchise de soutenir sa position publiquement. Au sein de la CNLTD, il y avait une hostilité déclarée contre les positions de Jil Jadid et aucune de nos propositions ne passait : refus de s’engager à prendre une position commune concernant les élections avec option de boycotter en cas d’absence de garanties d’un vrai scrutin, refus de s’engager à ne pas négocier en solo avec le pouvoir, refus de discuter d’un programme commun, refus d’engager une discussion sur un modèle de constitution…

    Puis au final, je vois que tout le monde s’accommode bien des élections. Le RCD et le MSP participent aux sénatoriales, et tout le monde vise les législatives, sans mettre, à mon avis, les conditions de transparence pour en finir avec la logique des quotas.

    J’avais prévenu mes ex-partenaires qu’à ce rythme, Jil Jadid se trouverait en porte-à-faux avec ses principes et qu’il ne me sera pas possible de cautionner ces choix en tant que membre de la CNLTD. Je rappelle que celle-ci avait publié des communiqués, sans compter la plateforme de Zéralda, où elle disait que M. Bouteflika était illégitime, que ce gouvernement a mené le pays au désastre et à l’échec, que la corruption est de son fait, qu’en son sein pullulent des corrompus, etc. Maintenant on demande d’entrer au gouvernement de M. Bouteflika, de participer à ses scrutins frelatés, de cohabiter avec les «corrompus», de partager la gestion du pays et d’accepter à respecter les «lignes rouges» de M. Saâdani et consorts. Pour compléter le tableau, M. Ouyahia, comme en écho aux appels au gouvernement d’union, vient d’ouvrir une brèche et tend la main à l’opposition. J’ai le profond sentiment d’avoir raté quelque chose ! 

    Je sais qu’au sein de la CNLTD, la position de Jil Jadid est désormais minoritaire, et que probablement elle est perçue comme trop radicale. Seulement, et nous ne l’avons jamais caché, notre objectif à nous est d’aider ce pouvoir à s’en aller et non pas à participer avec lui à la gestion du pays. Et s’il n’y a pas un vrai engagement pour la construction d’institutions crédibles et légitimes, je refuserai de cautionner un processus électoral dévoyé, même au prix de mon exclusion de la scène politique. Mais je ne suis pas là non plus pour obliger les autres à avoir les mêmes convictions que les miennes. En tout état de cause, il faut être réaliste : pour moi, la CNLTD a épuisé son potentiel et atteint ses limites.

    Que voulez-vous dire par la cnltd a atteint ses limites ?

    A Jil Jadid, notre intime conviction est qu’il faut préparer la prochaine phase pour le pays. La CNLTD a réalisé ce qu’elle pouvait faire. L’opposition en général et la CNLTD en particulier ont fait leur devoir moral : elles ont informé leurs concitoyens. Bien entendu, quand je dis «opposition», je parle des partis mais aussi de la société civile, des intellectuels, des syndicalistes, sans oublier les journalistes. Mais les enjeux de l’avenir nous exigent bien plus. Il faut une vision, un vrai projet, des positions claires. Les directions stratégiques des uns et des autres sont devenues inhibitrices pour le groupe. J’en ai tiré les conclusions. Peut-être qu’en me retirant, les autres membres se retrouveront plus à l’aise et en harmonie. C’est d’ailleurs ce que j’ai compris des premières réactions du RCD à la suite de mon retrait. 

    En vous retirant, vous n’avez pas peur d’affaiblir l’opposition ?

    Absolument pas. Imaginez que je sois resté à la CNLTD et que celle-ci participe aux élections puis entre au gouvernement. Qui aura gagné, le pouvoir ou l’opposition ? Là au moins il y a une voix discordante. Par ailleurs, n’oubliez pas qu’il y a la société civile et beaucoup de personnalités, sans compter d’autres partis politiques qui continuent à croire en un vrai changement. Enfin, l’Icso est toujours là, et c’est un rassemblement plus large !

    Par ailleurs, une solution négociée ne veut absolument pas dire une participation à un gouvernement d’union. Nous voulions négocier des règles du jeu politique à respecter par tous, pas un partage du pouvoir. Je sais, pour le vivre moi-même depuis 27 ans, qu’il est difficile de faire de l’opposition en sachant que vous n’avez aucune chance d’arriver au pouvoir avec ce régime. Mon but est de contribuer à faire évoluer le régime politique vers l’Etat de droit et non pas de détenir une parcelle de décision à l’ombre du système actuel. Certains pourraient penser que c’est un idéalisme naïf, moi je reste persuadé qu’offrir à la nouvelle génération un vrai modèle d’une action politique honnête est plus profitable au pays qu’un siège de député ou de ministre dans ce système. 

    Que proposez-vous en échange ?

    Nous sommes arrivés à une étape où il faut proposer aux Algériens un projet de société. Il ne s’agit pas d’énumérer des chiffres sur la croissance économique ou le nombre de logements et de postes d’emploi à créer. Non, il y a lieu d’expliciter une vraie vision d’avenir, un projet de construction d’une société qui est par ailleurs en plein bouleversement.
    Nous avons, à plusieurs reprises, répété que c’est le «système» de gouvernance en entier qui doit être changé. Contrairement aux accusations à notre encontre, ce n’est pas le «siège présidentiel» qui nous importe. Pour ma part, je critique le président de la République parce qu’il est le parrain de ce régime depuis plus de 17 ans. Et ce régime est malsain, prédateur et sans morale. A l’avenir, il nous faut instaurer un Etat de droit et une démocratie de qualité dans le pays. Cela doit se faire progressivement mais résolument. Il faut une alternative crédible aux yeux de l’opinion nationale et internationale.

    En tout état de cause, Jil Jadid présentera aux Algériens sa vision des choses dès la rentrée prochaine. Nous travaillerons en collaboration avec tous les démocrates du pays qui le désirent, pour proposer aux Algériens les voies et moyens pour remettre le pays sur la voie du développement. L’Algérie est mûre pour un projet de société porté par un courant d’idée démocrate.

    Le pays traverse une crise sans précédent. Comment peuvent évoluer les événements, selon vous ?

    Le pays est exposé à de graves difficultés. Pour se limiter au plan politique, les Algériens sont aujourd’hui convaincus que le président de la République est totalement absent. Il ne leur parle pas et ne dirige pas dans les faits et, même recevoir quelques convives, ne fait plus diversion, tout au contraire. Par ailleurs, les institutions sont bloquées, le Conseil des ministres n’est réuni que très rarement et juste pour la galerie et faire passer une fournée de lois. L’APN est une coquille vide, infestée de prédateurs et de petits ambitieux. Quant aux partis du pouvoir, ils sont devenus des appareils délabrés.

    Pour illustrer mes propos, voyez ce qui s’est passé avec l’examen du baccalauréat et même auparavant avec l’examen de recrutement des enseignants. La fraude est devenue rédhibitoire et à large échelle. Qui en est responsable ? Les élèves ? Les enseignants ? Je vais vous le dire clairement : quand votre Etat n’a plus assez de dignité pour respecter le vote de ses citoyens, lorsqu’un candidat devient président de la République après avoir présenté au Conseil constitutionnel un dossier de santé frauduleux et tout le monde ferme les yeux, lorsque vous avez des ministres qui trichent avec le fisc, transfèrent de l’argent dans les paradis fiscaux sans que personne lève le petit doigt, lorsqu’un M. Chakib Khelil se pavane sous escorte dans les zaouïas sans conscience… quel message croyez-vous transmettre au peuple ? Tout est maintenant truqué, les matchs de foot, les CV des responsables, les comptes de Sonatrach…

    Non, je vous l’assure, coopérer avec ce pouvoir pour lui donner même un semblant de légitimité n’est pas la solution. Il faut rester ferme et sans concessions : la seule chose qui vaille, même si cela devrait durer encore 20 ans, c’est de préparer le vrai changement.

    Publié dans Analyses | Commentaires fermés

    Tasuta Tamaynut n’Bgayet (Jil Jadid n’Bgayet) dénonce les tentatives de récupération et de clochardisation de la cause Amaziɣ par le pouvoir;

    Posté par jiljadidbejaia le 21 avril 2016

    Malgré les dénonciations publiques et souvent reprises par la presse écrite et audiovisuelle nationales et internationales, le pouvoir, assisté de ses relais, s’obstine à tenter de récupérer et de clochardiser coûte que coûte la revendication Amaziɣ après avoir tenté, pendant très longtemps, de l’étouffer, voire même de l’effacer quitte à falsifier l’histoire.

    La répression consciente exercée par le pouvoir algérien sur les militants pacifiques de la revendication amaziɣ a été contre productive. Bien au contraire, cette répression a renforcé la détermination des Amaziɣ pour une reconnaissance de leur langue maternelle et de leur identité.

    Le pouvoir, croyant avoir trouvé la parade pour soustraire cette revendication qui s’est élargi bien au-delà des frontières de l’Afrique du nord, et de s’en accaparer, introduit cette revendication dans une énième constitution qui sert beaucoup plus les intérêts des clans au pouvoir plutôt que ceux du peuple algérien. Cette consécration-piège s’apparente davantage à un enfermement qu’à une volonté d’épanouissement de cette langue-mère millénaire.

    Le Conseil politique de notre parti, Tasuta Tamaynut (Jil Jadid) a rejeté dans le fond et dans la forme la mouture de cette nouvelle constitution qui était porteuse de dangers pour la stabilité du pays, pour la cohésion sociale et pour l’unité nationale.

    Aujourd’hui, avec l’arrivée de la date-symbole du 20 avril 2016 qui marque le 36ème anniversaire du combat identitaire, le pouvoir, toute honte bue, récidive en organisant des festivités folkloriques dans le but de clochardiser cet évènement payé au prix du sang de nos Martyrs.

    Tasuta Tamaynut n’Bgayet (Jil Jadid de Bgayet) dénonce l’attitude insultante du ministère de la jeunesse et des sports qui aurait ordonné à sa direction de Bgayet d’organiser le « premier festival du chant patriotique amaziɣ ». Mieux encore, les organisateurs optent pour la placette Saïd Mekbel qui n’est pas plus grande qu’un mouchoir de poche alors que les pouvoirs publics ont toujours affectionné le Théâtre ou la Maison de la culture. Mais comme plusieurs partis politiques ont programmé une marche qui se terminera au niveau de cette placette avec une prise de parole, nos organisateurs diaboliquement bien conseillés ont occupé les lieux dès 08 heures du matin sans calculer les risques de dérapage. Ils ont ramené un groupe de jeunes écoliers (filles et garçons) ne dépassant pas quinze années d’âge pour chanter ces chants patriotiques au risque d’assister à des scènes de désordre.

    Tasuta Tamaynut n’Bagyet dénonce ces tentatives de récupération et de clorchardisation du printemps Amaziɣ et de la terreur exercée sur la population par les services de sécurité qui ont affecté un hélicoptère qui a commencé à tourbillonner au dessus de la ville, parfois même à basse altitude, depuis le 16 avril.

    Tasuta Tamaynut n’Bgayet se solidarise avec tous les militants pacifiques de la cause amaziɣ, qui est un facteur déterminant de stabilité et de cohésion, et fait sienne cette revendication qui s’étale aujourd’hui sur toutes l’étendue de l’Afrique du nord.

    Festival_patriotique  Festival_patriotique_4  Festival_patriotique_2  Festival_patriotique_3

    Publié dans Analyses | Commentaires fermés

    Akbou accueille une délégation de Jil Jadid

    Posté par jiljadidbejaia le 18 avril 2016

    Depuis quelques semaines, le Conseil Politique de Jil Jadid piloté par son président, Soufiane Djilali, a tracé un ambitieux programme de tournées à travers les wilayas du pays pour des contacts directs avec les citoyens.

    Ce lundi 18 avril 2016, ce fut Akbou, deuxième ville de la wilaya de Bgayet, qui accueillit chaleureusement la délégation de Jil Jadid composée d’une dizaine de cadres dont le coordinateur de la commune, Brahim Abdelouhab. Les Akbouciens, naturellement, bombardaient le président du parti de questions sur la situation politique explosive prévalant ces dernières années dans notre pays. Tous les citoyens, jeunes et moins jeunes, ne manquaient pas de confier au président du parti la rupture de confiance entre le peuple et les institutions de la république ainsi que de ses dirigeants. L’institution la plus critiquée fut celle de la justice après la série de scandales financiers et des graves affaires de corruption rapportées par la presse écrite locale et étrangère.

    Certains jeunes avouent leur désespoir de voir la situation générale se redresser et leur avenir s’améliorer en matière de postes d’emplois, de logements, de leur pouvoir d’achat, etc… Les enseignants n’étaient pas en reste en dénonçant la répression exercée par les pouvoirs publics sur leurs collègues vacataires qui réclamaient des droits socio-professionnels.

    Akbou_1  Akbou_2  Akbou_3  Akbou_4   Akbou_5

    Publié dans Analyses | Commentaires fermés

    « L’Algérie est malade », déclare le président de Jil Jadid

    Posté par jiljadidbejaia le 17 avril 2016

    Djilali

    Texte intégral

    Conférence de presse du 16 avril 2016

    du président de Jil Jadid

    Mesdames et Messieurs,

    L’Algérie est malade. Elle est malade de son Président, de son gouvernement, de ses institutions, en un mot, de son système politique.

    Que de fois l’avons-nous dit, que de fois l’avons-nous répété.

    Le choix malheureux d’un quatrième mandat a mené le pays là où beaucoup l’avait prédit : le désordre et la paralysie.

    Faut-il aujourd’hui s’offusquer face à l’effondrement de pans entiers de l’Etat ?

    L’image du pays est ravagée. L’opinion mondiale vient d’être informée qu’à Alger, il n’y a plus que l’ombre d’un régent. Leurs dirigeants quant à eux le savaient depuis longtemps.

    L’opinion nationale elle, se sent profondément humiliée par les incessants mensonges, la malhonnêteté et la cupidité de ses gouvernants.

    Comme chacun le sait, l’Etat algérien a été fondé sur le capital symbolique de la révolution. Malheureusement, au lieu d’être fructifié, ce capital a été consommé et dilapidé par ceux là mêmes qui avaient la charge d’entretenir sa mémoire.

    Aujourd’hui, les zaouaya de Chakib Khellil, les comptes off shore de Bouchouareb ou le tweet de Valls dévoilant l’insoutenable dégradation de l’image du Président, ne sont que les derniers épisodes d’une affligeante fin de régime.

    Oui, le régime politique algérien est entrain de rendre ses derniers souffles.

    Dans quelques semaines ou quelques mois, durée qui ne représente qu’un laps de temps très court dans la vie d’une nation, ce pouvoir rendra l’âme.

    Dans l’opposition, combien de fois, ces dernières années, avons-nous demandé l’organisation d’un passage en douce du système algérien vers une forme de gouvernance plus moderne, vers la transparence, le respect du peuple et l’Etat de droit.

    Cela aurait pu se faire à la fin du troisième mandat. Cela aurait pu se faire par la mise en place d’une constitution consensuelle et des institutions élus dignement. Cela aurait pu se faire avec des élections présidentielles anticipées. Mais de tout cela, le pouvoir n’en avait cure.

    Maintenant il est probablement trop tard.

    Tous les fondamentaux d’une crise paroxysmique sont là : un Président inapte à la conduite des affaires, un gouvernement fait de bric et de broc, des partisans du Président en guerre intestine, une mal gouvernance, un désordre généralisé, une économie de rente en perdition, une contestation sociale grandissante… Tout cela ne peut mener qu’au choc final.

    Je le sais, la réaction de celles et ceux qui m’écoutent me diront : oui, mais que proposez-vous ? Que faut-il faire pour sortir de cette crise mortifère ?

    Ma réponse peut être choquante mais je vous la donne : à la limite, il n’y a plus rien à faire sinon attendre la chute finale et  l’enterrement de ce régime. Et ce n’est pas à nous de nous occuper de la cérémonie de ses funérailles. Le régime algérien agonise et devra quitter la scène et  laisser la place à une nouvelle république. C’est à vous, Monsieur Abdelaziz Bouteflika que revient cette responsabilité. C’est à vous de vous décider quand et comment quitter le pouvoir. Et le plus tôt serait le mieux. Dans le cas contraire, les événements vous dépasserons,  nous dépasserons tous.

    Alors, saisissez cette ultime perche, tendue par le destin. Sortez de l’enfer dans lequel vous vous êtes laissé enfermés. Donnez-vous une chance de ne pas être accusé par l’histoire d’avoir été le fossoyeur de l’Algérie, d’avoir été la cause du sang qui pourrait couler, d’avoir sciemment organisé la déroute nationale.

    Vous vous êtes entouré, probablement en toute conscience, d’hommes sans conscience.

    Alors ayez un réflexe salutaire, pour vous, pour votre famille, pour votre nom.

    Dites « oui » à l’Algérie profonde et  « non » à la nomenklatura qui a trahi le message de novembre. Organiser votre départ en emmenant avec vous cette cohorte d’hommes sans foi ni loi qui ont pris toute l’Algérie en otage.

    En attendant l’issue inéluctable, la société doit réagir. L’élite du pays doit bouger.

    Il nous faut impérativement penser puis construire un avenir. Seuls, les quelques journalistes qui dénoncent, les quelques politiques qui se battent, les quelques patriotes qui tiennent encore à leur pays, ne suffisent plus.

    Le peuple est réduit à se coudre les lèvres, à s’allonger sur les trottoirs et à se faire molester par la police. Le peuple fait ce qu’il peut, c’est-à-dire, beaucoup mais pas assez.

    Mais, où est l’élite ? Où sont ces hommes et ces femmes, qui ont pour devoir d’éclairer et de diriger le pays ?

    Il faut passer aux actes. Il faut s’engager. Il faut coordonner nos actions. Tranquillement, paisiblement mais de façon déterminée.

    Il nous faut mettre en place un projet de société qui soit construit sur la confiance de soi. Sur la confiance en l’avenir, malgré toutes les difficultés, malgré tous les défis.

    En 1945, au sortir de la 2ème guerre mondiale, certains pays étaient totalement détruits. Un demi-siècle après ils étaient redevenus des puissances mondiales.

    Malgré une chute drastique de la valeur des hydrocarbures et donc des entrées en devises, l’Algérie peut et doit reprendre le chemin d’une forte croissance. Il suffit d’éliminer les surfacturations qui ont coûté autour de 20 milliards de dollars l’an selon les aveux du gouvernement, il suffit de compter sur la main d’œuvre algérienne pour les grands travaux et le bâtiment, il suffit de lever la chape de la bureaucratie grâce à laquelle les gouvernants amassent les milliards de dinars qu’ils transfèrent ensuite à l’étranger par le change parallèle et parfois au taux de change officiel. Il suffit de mettre les hommes et les femmes de qualité dans les postes de responsabilité et non pas les ignorants au service des puissants et les enfants gâtés des pontes du régime à Sonatrach, aux ambassades, à Air Algérie ici et à l’étranger et dans tous les démembrements de l’Etat qui donnent le contrôle de la rente, des devises, des terrains et des juteux contrats !

    Le pays a tous les moyens pour se remettre au travail et pour vivre dignement de ses propres efforts. Pour cela, il faut remplir une condition : écarter définitivement les hommes qui ont été au pouvoir depuis trop longtemps, qui ont organisé le système de corruption, qui ont dévitalisé la jeunesse par des programmes scolaires criminels, qui ont laminé l’esprit d’entreprise…

    L’histoire retiendra qu’après l’erreur du socialisme scientifique et spécifique, le pays entra dans la guerre idéologique dont il n’est ressorti que pour tomber dans l’ère orgiaque et du délire du consumérisme. Après tant de soubresauts, l’heure est venue pour que le travail, le mérite et le sérieux reprennent leur place.

    L’élite est interpellée. Elle existe. Elle est capable. Il lui suffit maintenant de vouloir puis de passer à l’acte.

    Je sais que pendant trop longtemps, la société n’aimait pas l’élite. C’est ainsi qu’elle a été conditionnée.

    Je sais que les hommes et les femmes de ce pays qui se respectent n’osent pas s’engager en politique tellement l’image des partis politiques est repoussante.

    Je sais que les hommes et les femmes de valeurs ont des difficultés à se voir côte à côte avec les hommes du régime qui ont incarné la politique : valeurs dégradés, cupidité et souvent  déshonneur.

    Pourtant, malgré cela, il n’y a pas de solutions aux problèmes du pays sans engagement politique de l’intelligentsia.

    L’Algérie mérite autre chose que des analphabètes en costard, des voyous au haut des tribunes et des voleurs en gérant des bijoux de la nation.

    Il faut résolument tourner la page. Il faut libérer les énergies.

    Je fais ici un appel à la société civile : c’est le moment de construire ensemble un projet de société et de le proposer à nos compatriotes.

    Je sais que beaucoup n’aiment pas s’engager dans des structures partisanes. C’est leur droit. Cependant, ils doivent contribuer à formuler un avenir pour leur pays et pour leurs enfants et à agir dans le sens de sa réalisation : cela c’est leur devoir.

    Publié dans Analyses | Commentaires fermés

    12345...16
     

    Debout La République 21 |
    Justforenglish |
    La Voix des Justes |
    Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Journallemilitant
    | Piouzelzok2013
    | Goranafarroa