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    jiljadidbejaia

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    Projet de société. Partie 1

    Posté par jiljadidbejaia le 21 mars 2017

    Jil Jadid

     

     Projet de Société

    Pour une Algérie moderne

    -o-o-o-o-o-o-o-

    Introduction

    « Si tu constates un mal, corrige-le avec la main, si tu ne le peux pas, alors avec la parole, si tu ne le peux pas, alors avec le cœur, et c’est là l’expression de la foi la plus faible » Hadith Nabaoui.

         Dans l’Algérie des années 90 du siècle dernier, avec la première tentative d’ouverture démocratique, la notion de projet de société avait fait flores. Tous les partis politiques voulaient offrir un idéal aux Algériens, tel qu’ils l’avaient conçu selon les idéologies  usuelles et  les interprétations en cours. Face à l’islamisme qui couvait depuis quelques décades, une tentative de  projet de société dit moderniste lui fut opposée. Mais par delà les discours politiques, il était difficile de comprendre exactement la portée intellectuelle de ces projections et encore moins les moyens pratiques pour le concrétiser.

         Logo_Jil_JadidDans le corps de la société, la scission était là, béante et conflictuelle. La place et le rôle de la religion, de la femme, de la tenue vestimentaire ou même des interdits culinaires avaient pris une dimension dramatique dans les harengs politiques. L’Islam était l’argument d’autorité jeté à la face de tous ceux qui voulaient remettre en cause des rapports sociaux archaïques, déséquilibrés et inadaptés au monde d’aujourd’hui. Le code de la famille, la peine de mort, la liberté de travail pour la femme,  les obligations religieuses, la répudiation… tout était sujet à conflit potentiel, tout devenait source de tension. La problématique idéologique s’articulait autour de questions sociétales, du rapport homme-femme, des croyances et des rites, de l’ordre familial, de l’identité, des langues usitées…

         Mais pourquoi ces thématiques se sont-elles imposées avec cette intensité ? Pourquoi précisément en cette fin du XXe siècle en Algérie ? S’agissait-il d’une impasse politique ? Cela relevait-il de la nature même du régime instauré depuis l’acquisition de l’indépendance ? Cela s’expliquait-il par l’échec de l’expérience socialiste et du parti unique tentés depuis 1962 ? Des conséquences de la colonisation ? D’où venait exactement cet emballement de l’histoire et ce bouleversement de la donne concernant la perception de la société ? Autant de questions qui ne trouvaient point de réponses et restaient de ce fait en suspens.

         Les partis politiques séculiers, modernistes ou nationalistes, les plus en vue et les mieux outillés, n’embrayaient pas ou plus sur la société. Seul le courant islamiste semblait avoir définitivement emporté toutes les batailles, le vent en poupe. Il lui restait toutefois la guerre à gagner pour confirmer son ascendant définitif ! Son discours empreint de religiosité mais caractérisé par une effervescence passionnelle et des attitudes enfiévrées, était rétrograde, misogyne, traditionnaliste et en même temps violent. Le recours au rapport de force brutal semblait être dans sa nature même. Populiste, totalitaire, sectaire, le mouvement ne pouvait qu’aboutir à l’initiation de troubles majeurs. Et pourtant, il semblait en même temps profondément en phase avec l’état d’esprit d’une bonne partie du peuple. Il a incontestablement incarné la volonté du petit peuple même si celle-ci apparaissait comme fantasmagorique et quelque peu naïve. La rupture entre l’Algérie profonde et les notions de liberté, d’émancipation, de démocratie semblait ontologique. Comble de l’ironie, ceux qui défendaient la démocratie devaient par la suite se mettre au travers de la route de la majorité du peuple. Le régime du parti unique, du socialisme « spécifique », du progressisme était l’objet d’un rejet viscéral et la seule alternative semblait être le retour aux « sources » et la restauration des valeurs « authentiques ».

         Après les événements d’Octobre 1988, l’heure n’était donc pas aux débats d’idées. Qui pouvait d’ailleurs en formuler et en soumettre impunément à l’opinion publique ? L’université, vidée de sa raison d’être, n’était plus qu’une machine à reproduire au pareil des « porteurs de diplômes » sans esprit critique. L’élite universitaire n’avait pas la capacité d’entreprendre pour le compte d’une société désemparée, une longue et douloureuse introspection tellement nécessaire pour proposer de vraies réformes. Les hommes politiques étaient souvent démunis face à la profondeur de la crise. Qui donc pouvait plonger dans les abysses  psychologiques d’une société saisie de violents soubresauts et en plein tourment ?  En effet, on ne peut concevoir un projet de société sans d’abord analyser et même oserons-nous dire psychanalyser la société elle-même. Agir sur une société pour dénouer des nœuds, fluidifier son flux vital, la libérer de ses complexes si puissants et si nuisibles, doit être précédé par une compréhension intime de son esprit, de sa structure inconsciente, de ses points forts et de ses points faibles.

         Aucun courant de pensée, aucun mouvement politique, quelle que soit sa pertinence et sa  dimension, ne peut inventer de facto un modèle de société et l’imposer à un peuple dont les éléments psychosociologiques et anthropologiques ne s’y prêtent pas. Or, ni le socialisme, dût-il être spécifique, ni l’islamisme, distorsion idéologique et affective de l’islam, ni le populisme, de nature sentimentaliste et démagogique, ni un capitalisme cupide et matérialiste, ne pourront apporter le remède dont notre société a présentement besoin.Oui, il faut bien parler de remède car, comme peut l’être toute autre société, la nôtre a été atteinte d’un mal, d’une pathologie, ayant surgit d’elle-même, de ses propres entrailles, sans qu’elle ne le sache ni ne le comprenne et, par conséquent, ne le prévienne.

         Aujourd’hui, un projet de société ne peut être un programme pour énumérer les millions de logements à construire, les emplois à créer et les crédits à offrir. Un projet de société doit fondamentalement relever un défi historique en proposant un idéal partagé, car  compréhensible, séduisant et réalisable. Il faut offrir un dessein et une vision d’avenir qui s’enracinent en une croyance collective puissante et exprime une raison d’être transcendant les égoïsmes et sublimant les qualités intrinsèques d’un peuple.Ce projet de société doit être pensé et mis en œuvre par une élite digne de ce qualificatif, en phase avec son peuple et avec le monde d’aujourd’hui. C’est à cette tâche que ce travail est dédié.

    La problématique algérienne 

    L’Algérie affronte une mutation profonde de ses structures sociétales. Nous passons d’une société traditionnelle à une forme de modernité naissante non encore stabilisée. Les changements des valeurs anthropologiques sous jacentes à la société ont provoqué des troubles très profonds des comportements et un désarroi de la collectivité. C’est l’univers social (affectif) qui est en cause. Une modernisation exogène et impensée, imposée à une société traditionnelle sclérosée a désorienté les Algériens et créé un malaise par la perte de repères intériorisés.

    L’Algérie n’est pas dans une pathologie d’excès sécuritaire ou guerrier. Rien n’indique que la société ait une tendance à l’esprit de guerre qui est reflété par des valeurs de grande discipline et de rationalisme. Tout au contraire, c’est le laxisme, l’indiscipline et l’absence du sens de responsabilité qui dominent. Le terrorisme et les violences dramatiques qu’elle a vécus sont les symptômes réactifs, dérivés d’un bouleversement de l’univers affectif. Les troubles affectifs ont alors été associés à une réactivation des univers sécuritaire et religieux.

    Malgré les apparences d’une religiosité, parfois forcenée, les Algériens sont au fond, souvent en défaut quant au respect des valeurs morales. Fraude, triche, vol, violence, mensonge, hypocrisie, impolitesse, arrogance ne sont pas rares et démontrent s’il en était besoin que le ritualisme religieux n’est qu’une façade pour cacher l’affaissement générale de la foi et de la morale traditionnelle dans la société. Ces phénomènes de transgression viennent de l’enfermement de l’individu dans l’enclos exigu des traditions dont il veut sortir, attiré par un monde moderne plein de tentations. Ne pouvant le faire ouvertement à cause du poids de la société, il est amené à transgresser les règles séculaires par des voies contournées. Cela donne des comportements d’hypocrisie très répandus. Les troubles de l’univers affectif se manifestent également par des comportements sentimentaux immatures. Les humeurs et les affects dirigent souvent les actes en lieu et place de la raison froide et de la lucidité. La vanité, la prétention et les fanfaronnades cachent en fait un malaise plus profond, une perte de confiance en soi et une perte du sens logique de l’action.

    La dislocation des vieilles structures de la société traditionnelle, sous les coups de boutoir de la modernité, a entrainé la décomposition de son « blindage » à caractère sacré, soit la morale religieuse. La partie instrumentée de la religion, utilisée comme « carcan » de renforcement de la tradition est de fait, elle aussi, en voie de destruction. L’Islam avait donné une cohésion et une force exceptionnelles aux structures traditionnelles. Leur inéluctable recomposition mettra à mal la dimension religieuse de la société, aujourd’hui en crise et en proie à l’incohérence générale.

    La désorganisation fonctionnelle des codes sociaux a entrainé des troubles au sein de la société. Le désordre immerge peu à peu tous les compartiments et toutes les activités de la nation. Celle-ci se fracture entre individus à tendance traditionnaliste ou moderniste selon les situations et créant des attitudes schizophrènes. Le besoin d’un recours à des structures stables, censées apporter de l’ordre, sollicite l’institution religieuse (lutter par tous les moyens contre la dissolution brutale et effrayante de la morale est la solution pour certains) ainsi que  l’institution sécuritaire (sécuriser les citoyens dans leurs libertés publiques contre les nouveaux inquisiteurs est l’issue pour d’autres). Ces deux institutions sont sollicitées sans cesse et appelées à la rescousse pour compenser la perte de l’ordre qui devait découler normalement d’un univers social (affectif) stable et apaisé.

    La société d’aujourd’hui         

    Depuis des décades, la société algérienne vit des bouleversements successifs et douloureux qui impliquent les fondements de ses structures politiques, sociologiques et psychologiques et qui la mènent vers une nouvelle configuration sociétale.

    D’abord lentement durant la première moitié du  XXe siècle jusqu’au soulèvement nationaliste, puis de plus en plus rapidement après l’accession à l’indépendance, les mutations ont fini par prendre une allure incontrôlée aux conséquences tragiques.

    Comme tous les peuples, les Algériens n’ont conscience que d’une couche superficielle de leur vécu. La vie économique, sociale et politique est perçue, à tort, comme le moteur d’une évolution désirée, crainte ou refusée. La réalité est que l’aspect extérieur, l’aspect manifeste de cette vie, n’est que le résultat visible d’une réalité inconsciente très profonde qui, elle, motive les choix et les actes des individus et par extension, de toute la société.

    Ce sont les valeurs anthropologiques, tels des logiciels qui gèrent toutes les fonctionnalités d’un ordinateur, qui sont aux commandes des comportements sociaux et qui se traduisent alors en système sociologique, économique et politique.

    Des mouvements de fond dans les structures mentales opèrent comme la tectonique des plaques. Les valeurs les plus puissantes qui déterminent les comportements, les choix et les espoirs des populations sont celles qui sont inscrites dans la structure même de l’inconscient collectif et qui deviennent de ce fait, comme des vérités intangibles auxquelles se lie le sens de la vie de chacun. Les psychanalystes appellent cette instance, le Surmoi. Ces valeurs ont été sculptées durant des siècles au travers un mode de vie forcément en rapport direct avec le milieu ambiant, géographique, climatique, biologique etc.…

    Des normes comportementales et sociales se sont ainsi établies sur le très long terme. Ce lien avec la terre a permis la construction d’une vision du monde. Le mode de vie que cela implique et les normes établies sont alors transmis de génération en génération avec une haute fidélité grâce au conditionnement des enfants par une éducation familiale normalisée, puis par les institutions éducatives (zaouïas, mosquées…) et, enfin, maintenus par une pression sociale intense.

    Dans ce rapport au concret (nature du territoire, économie de l’eau, agriculture et élevage, climat, pression démographique, règles primaires de la vie en commun, insertion des croyances religieuses, appréhension des phénomènes naturels, explications métaphysiques etc.) les hommes finissent par créer un mode de vie cohérent avec leur époque et leur milieu.

    Avec le temps, il s’établit des stéréotypes comportementaux qui reviennent comme des leitmotive dans chaque situation où l’individu est appelé à faire des choix ou à prendre des décisions. Tout comme des programmes préétablis, les attitudes, comportements et actions sont prédéterminées en grande partie par une imprégnation psychologique de ces stéréotypes qui, au final, constituent les structures mêmes de la société.

    Plus ce système est cohérent et plus longtemps il peut durer. Lorsque le mode d’exploitation du territoire est en harmonie avec le rituel social, les valeurs comportementales et les croyances religieuses, la structure sociétale sera puissante et perdurera sur des siècles. La dimension sacrale d’une religion bien adaptée à ces structures sociétales les consolidera et les verrouillera définitivement. La religion devient l’armature de renforcement d’un ordre social qui, à l’origine, s’était constitué en dehors d’elle, et auquel elle donne la dimension du sacré pour empêcher toute velléité de changement, ou d’évolution,  assimilée à une transgression religieuse.

    Ce sont des dysfonctionnements internes à l’univers affectif et l’ébranlement concomitants des structures de la société qui ont été à l’origine de la décennie noire et de sa violence dramatique. Pour sortir rapidement de cette étape inévitable sans avoir à rajouter aux dégâts déjà immenses et réussir sa nécessaire métamorphose, l’Algérie doit préparer un modèle de société qui lui sied. Un modèle de société qu’elle doit construire avec les matériaux qui ont cours aujourd’hui : la responsabilité, la justice, la créativité, la solidarité. Il faudra trouver un nouvel équilibre entre les univers affectif, matériel, sécuritaire et spirituel.

    Quel chemin prendre

    Ce n’est pas à l’homme (ou dorénavant la femme) politique de transformer la société. Cependant, la classe politique doit comprendre les forces profondes qui agissent au sein de cette dernière pour l’accompagner avec un rôle de facilitateur. Le politique doit résoudre les conflits et les tensions qui tiraillent sans cesse la société en fonction d’une vision claire sur l’avenir. C’est la société qui, imperceptiblement, impose son propre projet de société. En l’occurrence, la société algérienne doit être aidée par un pouvoir légitime et compétent à dépasser au plus vite ses contradictions internes, à renforcer ses points forts, à réparer ses points faibles. Un pouvoir qui anticipe doit adapter la structure de l’Etat aux réels besoins de la population qui se profilent : citoyenneté, tempérance du rapport de force, légitimité du gouvernement, respect des libertés, performance économique… Un pouvoir intelligent doit également accélérer la prise de conscience politique et l’éducation des citoyens dans des valeurs essentielles : sens des responsabilités, justice mais aussi innovation ou solidarité.

    L’Algérie est face à un immense défi : reconstruire sur des bases rationnelles, une société actuellement désarticulée et délabrée. Il faut rétablir une échelle de valeur conforme aux exigences du monde moderne et reconstruire un « Surmoi collectif » capable de créer de l’harmonie dans la communauté. C’est à travers une lente et longue mutation que s’inscrit désormais le rapport entre l’individu, la conscience citoyenne et le pouvoir. C’est essentiellement la prise de conscience par les acteurs, des forces motrices profondes qui portent le changement et lui indique le chemin à prendre qui leur permettra, par l’action politique, d’aider la société à retrouver ses repères et à se stabiliser dans ses structures.

    Comprendre le fonctionnement de la société en général et de la nôtre en particulier, nous permet  de saisir l’origine des anomalies et autres pannes du pays. Ces dernières  entravent sa marche vers un monde plus moderne, mieux adapté au présent et en meilleur capacité d’offrir plus de bonheur aux citoyens et à lui assurer une sécurité sans sacrifier sa liberté.

    L’effondrement de la structure interne à la société traditionnelle a entrainé des dégâts immenses tant pour la collectivité que pour les individus. Cette fin aurait pu être prévue et l’évolution générale de la société mieux accompagnée. Aujourd’hui, la société semble être toujours sous l’emprise de la tradition mais celle-ci a cependant perdu sa cohésion interne et n’est plus en mesure d’entretenir les ambitions et les rêves légitimes de notre nation. Déstructurée, affaiblie par un combat inégal face à la modernité, elle a été démantelée et fragmentée. Elle subit un processus de résorption qui peut, cependant, être très long et donc pénible.

    On ne remontera pas le temps

    Il y a peu de risques pour qu’un retour en arrière soit possible. Les moments de violence totale des années 90 sont désormais loin derrière nous. Ils ne reviendront pas. Cependant, cela ne signifie pas que d’un coup, au prix d’une guerre civile, les structures traditionnelles ont été remplacées par de nouvelles, plus adaptées au monde moderne. Au contraire, la disqualification des traditions laisse devant nous, un vide immense qui risque de perdurer, de créer encore des tensions, du stress et des névroses.

    Si les Algériens commencent à percevoir leur problème sous cet éclairage, ils ne le saisissent pas totalement et avec discernement. Ils ne le réfléchissent pas en termes systémiques. Jusqu’à présent, le terme « société » a été perçu comme un vocable désignant une collection de personnes qui, à la limite, avaient certaines préoccupations en partage. Et c’est tout. Peu de gens ont conscience de l’effet extrêmement puissant et contraignant des structures de la société, chacun croyant naïvement agir en toute liberté et en toute bonne foi en tant que personne mentalement autonome.

    La société, faut-il le répéter, est en fait un logiciel, un programme de comportement social stéréotypé que reçoivent les individus dès l’enfance, et qu’ils intègrent comme partie prenante de leur réalité. Ce programme partagé prend la forme d’une structure extérieure aux individus à laquelle, bon gré mal gré, ils se soumettent, toujours de manière inconsciente. Ainsi, la société devient une entité complexe, faite d’une myriade d’individus interconnectés et fonctionnant de manière harmonieuse chacun dans sa propre « niche psychosociologique ». Le tout est alors cohérent et vivant. Les structures de la tradition sont alors intégrées dans le subconscient et s’établissent en tant que normes dont la transgression entraine culpabilité et honte.

    Depuis 1962, la société qui était en place, dite traditionnelle, a été attaquée violemment par des valeurs nouvelles, souvent antagonistes à celles qui la fondaient. Jusqu’à aujourd’hui, et extérieurement, malgré certains remaniements visibles, cette société traditionnelle semble être toujours souveraine. En réalité, ses piliers internes ont été sapés. L’édifice tient dans certaines de ses parties mais n’est plus fonctionnel. La tradition ne répond donc plus aux raisons qui l’ont constituée.

    Les Algériens ne le savent pas encore, mais avec la destruction de la société traditionnelle, ils sont eux-mêmes directement atteints : leur programme comportemental est devenu inapte à poursuivre un travail collectif. Ils deviennent nuisibles les uns pour les autres, antagonistes entre eux et finalement sombrent tous dans le stress, le mal-être et le désarroi.

    Par ailleurs, une partie de leur culture religieuse ritualiste, a été ébranlée étant donnée son alliance intime avec la tradition. L’utilisation abusive du sacré pour le maintien des structures traditionnelles s’est retournée contre la religion lorsque la modernité s’est introduite par effraction dans l’univers mental des Algériens. Avec le changement des valeurs anthropologiques en cours, l’Islam va être de plus en plus contesté, d’abord de façon subtile puis, par la suite, frontalement. Sur les deux ou trois générations à venir, l’Islam tel que nous le connaissons subira de profonds changements essentiellement du point de vue formel. Pourtant, la société algérienne en gardera de très profondes traces dans sa culture. La sécularisation progressera avec des à-coups, avec quelques chocs dus aux résistances, mais probablement de manière irréversible. L’univers spirituel risque alors de rétrécir, de s’assécher et de se résorber ne laissant qu’une armature virtuelle d’inspiration islamique, tout comme a été le sort du christianisme dans ses versions catholique ou protestante dans une Europe médiévale qui détruisit sa société traditionnelle, créant un vide comblé alors par les nationalismes naissants.

    Cette évolution probable n’est pourtant pas à souhaiter. Tout au contraire, au fur et à mesure que le formalisme ritualiste reculera, il faudra combler la faille religieuse par une spiritualité de qualité.

    Ambition et réalisme

    L’Islam a d’immenses réserves spirituelles. Ce sera l’atout déterminant pour faire épanouir et renforcer notre personnalité et notre identité. Dans cette optique, il sera essentiel de déconnecter l’Islam des structures de la société traditionnelle. L’Islam ne doit pas être mis au service d’une forme obsolète de société. Tout au contraire, l’Islam, dans sa dimension divine et spirituelle doit aider les hommes à devenir des êtres libres et libérés des conditionnements sociaux archaïques.

    Il faut impérativement inscrire l’évolution de l’Algérie dans une perspective universaliste. Or, le monde entier, par la globalisation, est en bute à de très graves questions : la fin du pétrole et de l’énergie bon marché, la pénurie d’eau, les changements climatiques, les pollutions, la pauvreté…

    L’Algérie doit avoir les plus grandes ambitions possibles. Cependant, son ambition ne doit pas être plus grande que ce que le réel peut offrir. La consommation excessive et débridée qui accompagne un univers matérialiste hypertrophié est hors d’atteinte.

    La dimension spirituelle et culturelle doit être encouragée. L’Algérien doit reconstruire un équilibre entre ses quatre univers de façons raisonnable. Il doit apaiser ses affects, enrichir son humus culturel, organiser sa sécurité et nourrir sa sensibilité spirituelle.

    L’Algérie a-t-elle les moyens d’une telle évolution ?

    La question en elle-même est un défi et la réponse qu’elle appelle, un risque. Mais « qui ne risque rien n’a rien » dit l’adage. L’Algérie doit se décider à construire son destin. Et elle a des atouts.

    Beaucoup d’atouts

    Tout d’abord, il y a l’éclosion d’une nouvelle génération d’Algériens. Libérés de beaucoup de contraintes liées à l’univers mental traditionnel, les jeunes d’aujourd’hui, pour un certain nombre d’entre eux au moins, sont mieux éduqués, plus cultivés, mieux adaptés aux nouvelles relations sociales. Ils sont prêts à vivre différemment que leurs aïeux. Pour le moment, ils ne forment pas la majorité. Ils sont eux-mêmes tiraillés entre des croyances qui leur ont été transmises mais devenues problématiques et un horizon nouveau qu’ils n’arrivent pas à percevoir ni à imaginer. Dans la société qui se profile, les rapports hommes/femmes se rééquilibrent peu à peu, la mixité devient plus naturelle. L’individu commence à s’imposer face au groupe avec parfois, il est vrai, des excès : juste retour de balancier dirons certains ! Par ailleurs, la pression économique agit en sélectionnant de nouveaux profils psychologiques. Vu le système politique actuel du pays, il faut souvent faire fonctionner ses réseaux familiaux, tribaux ou régionalistes pour progresser dans le champ économique. Mais il y a aussi quelques qualités complémentaires nécessaires aux candidats à l’enrichissement : audace, action, créativité, maitrise de l’environnement, ambition…

    L’installation d’une classe possédante induira forcément la naissance d’une nouvelle technocratie, une classe moyenne plus compétente, plus performante que la précédente par le jeu de la concurrence et du mérite. Plus que cela, les rapports d’autorité évolueront nécessairement. Le rapport de force traditionnel sera moins productif. Des rapports de raison vont peu à peu s’imposer. Le travail d’équipe, du collectif, de l’échange deviendront des objectifs de management.

    Mais, la question qui se pose pour chacun de nous, à titre personnel, est : que faire concrètement ?

    Maintenant que la tradition est en pleine débâcle, pouvons-nous vivre sans structures sociétales ou bien doit-on (et peut-on) la remplacer par autre chose ? Y a-t-il une société « moderne » prête à l’emploi et que  signifierait-elle au juste pour nous ?

    Quelle modernité ?

    Le réflexe facile serait bien entendu de proclamer la victoire inéluctable de la modernité et la fin de l’histoire ! Celle-ci, par opposition à la tradition, pourrait être caractérisée par certains traits : individualisme affirmé, cellule familiale réduite au couple avec enfants mineurs (famille nucléaire), ou même recomposée selon plusieurs schémas incluant les couples homosexuels, émancipation et libération de la femme, tendance vers une indifférenciation sexuelle (théorie du genre), liberté de conscience, liberté d’initiative, propriété privée prononcée, matérialisme, hédonisme à tendance narcissique…

    Le couple société-culture moderne a donné ainsi naissance à une civilisation matérielle et technologique exceptionnelle offrant une puissance extraordinaire aux pays développés. Mais elle n’est pas sans paradoxes. Elle véhicule également des valeurs destructrices du lien social, de la solidarité et de la fraternité. La spiritualité s’est rétrécie en peau de chagrin. Les univers affectif, sécuritaire, matérialiste et spirituel sont déséquilibrés. L’homme a de grandes difficultés à trouver les raisons de vivre. Par dépit, il ne reste plus que la recherche de l’activation et l’excitation de ses sens.

    A chaque fois qu’homosapiens fait un saut vers une organisation nouvelle, plus sophistiquée, il traîne avec lui le bon et le mauvais côté qui le constitue, comme le dit si bien le Coran :

    « Par l’âme en son équilibre, du fait qu’Il lui inspira le mal et le bien intrinsèquement. » S91V7-8.

    A chaque pas évolutif, il gagne de nouveaux horizons mais perd en même temps de sa substance.

    La modernité a, peu à peu, sécularisé et rationalisé les esprits, contribuant à la régression de l’esprit magique primitif et dans son sillage, a entrainé la dévalorisation de toute spiritualité. Les univers mentaux matérialiste et sécuritaire sont devenus hégémoniques, les univers affectifs et spirituels, chétifs et rabougris.

    Au niveau individuel, le délitement social provoquée par la modernité est vécu avec de l’anxiété, des névroses, des dépressions… La solitude des vieux devient une fatalité que même la compagnie des animaux domestiques n’arrive pas à rompre.

    Lorsque l’on regarde de près les sociétés dites modernes, surtout avec l’œil de la tradition, elles apparaissent comme froides, rationalistes à la limite du cynisme, inscrivant tout acte humain dans les colonnes « actifs » et « passifs » des livrets de comptabilité. Tout est traduit en chiffres.

    Il est donc légitime de se demander si le démantèlement des traditions ne nous mènera pas au vide dépressif, voire suicidaire. Les croyances en des stéréotypes structurants étant maintenant inopérantes, seule la force extérieure des lois peut alors s’imposer. L’Etat, qui détient le monopole de la violence, est sommé de sévir pour maintenir l’ordre.

    S’étant affaiblie de l’intérieur, la société doit maintenant se maintenir grâce à un « exosquelette », c’est-à-dire des structures qui s’appuient pour l’essentiel sur les règles du droit positif et non plus sur des croyances intégrées dans la subjectivité. Ce n’est plus l’emprise des sentiments, de l’honneur et de l’esprit qui règne sur les comportements qui est légitime. Dorénavant, c’est le droit, énoncé par des institutions qui doit faire office de référence. Les réactions pulsionnelles, façonnées par les valeurs anthropologiques et déclinés à travers « l’honneur » et l’amour-propre, n’ont plus de légitimité, ne se justifient plus. Il est aujourd’hui difficile de réclamer le droit de tuer celui par qui un déshonneur serait advenu. C’est la loi, discutée et votée au parlement qui va dire le bien et le mal, le vrai et le faux, le hallal et le haram !

    La tradition qui mettait en œuvre le droit coutumier mâtiné de sacré, bat en retraite. Elle se retire progressivement du champ de l’action humaine, parfois sur la pointe des pieds, d’autres fois plus brutalement. Mais la tendance historique est que homo sapiens, finira par construire la société par le droit. Le spirituel deviendra l’affaire des individus s’ils ont les moyens de son appréhension. Si tel est l’avenir, l’homme démuni de la notion du divin risque de se perdre en lui-même, n’étant pas maître des raisons de son existence.

    Les sociétés modernes actuelles se sont reconstruites tant bien que mal, au gré des rapports de force qui agitaient ses élites, ses classes sociales et les indices de la bourse, c’est-à-dire, finalement sans plan directeur préconçu.

    Nous pouvons refaire cette expérience. Laisser le temps qu’il faut pour que petit à petit, un nouvel équilibre s’établisse ;comme on laisserait une plaie se refermer avec le temps. Elle finira bien par cicatriser.

    Mais on peut également intervenir à bon escient, comme un catalyseur, juste pour accélérer certains changements, en favoriser ceux qui sont porteurs d’efficacité ou freiner et faire ralentir ceux qui sont à l’évidence négatifs. Ainsi, on gagnerait du temps, tout en diminuant les souffrances, grâce à l’éclairage des bons chemins à prendre.

    Bien entendu, il ne s’agit pas de venir avec une recette bien écrite et conçue en laboratoire. Il faut juste être attentif aux pulsations de la société et agir en cohérence avec les forces profondes qui travaillent à l’évolution positive de  la nation.

    Il sera nécessaire de mener des réformes de fond sur plusieurs fronts : religieux, identitaire, et bien entendu sur celui des valeurs et des principes de vie. C’est-à-dire, en définitive, agir sur ce que nous avions défini dès le début de cet essai comme étant le « génotype » de la société, soit sa culture. Aujourd’hui, nous sommes en « devoir d’agir », chacun à son niveau. Nous sommes tous responsables !

    Publié dans Analyses | Commentaires fermés

    La fraude a officiellement commencé.

    Posté par jiljadidbejaia le 26 septembre 2016

    Le pouvoir algérien a, depuis toujours, excellé dans la fraude électorale empêchant ainsi l’émergence des nouvelles compétences tout en favorisant la médiocrité. Après chaque élection « remportée », le pouvoir et ses valets se mettent ensuite à l’œuvre pour renforcer ses cercles de soutien et procéder aux recrutements d’éléments qui pourront, un jour, occuper des postes de responsabilité au mépris du bon sens et de l’efficacité.

    Avant, la fraude se faisait d’une façon vulgaire et arrogante à un point tel que l’on pouvait remplir une bibliothèque d’anecdotes aussi insolites les unes que les autres comme par exemple faire voter des personnes décédées depuis des décennies, une personne qui possède deux ou trois cartes de vote, des électeurs qui votent dans plusieurs communes à la fois, etc…
    Mais avec les dénonciations de certains partis politiques, de certaines personnalités politiques, le pouvoir a « amélioré » ses techniques jusqu’à mettre au point un logiciel, sur mesure, qui fait ressortir les quotas de siège comme il sied au pouvoir.

    Depuis quelques années, le pouvoir a abandonné toutes les vieilles astuces pour tricher en optant pour la grande corruption, la « chkara » dit le citoyen lambda. Des sommes énormes d’argent sont versées dans des comptes d’associations-écran qui n’existent que sur papier, des marchés cédés à leurs affidés dans des conditions douteuses, des importations de tout-venant, et même de bouses de vache comme si nos vaches sont chroniquement constipées…

    Parmi les dernières techniques utilisées pour procéder à des actions de corruption à grande échelle, on peut citer l’augmentation de 50% des salaires des policiers à qui on a ordonné ensuite d’interdire, à coups de matraques, toute  tentative de rassemblement au niveau de la capitale. C’est ainsi que nous avons vu des avocats, des médecins, des enseignants, de vieux révolutionnaires, etc…se faire tabasser comme de vulgaires malfrats.

    On peut encore citer la spectaculaire augmentation  des indemnités des députés qui est passée du simple au triple. Peu de temps après, ces mêmes députés ont voté (presque à 2 mains si cela était autorisé) le viol flagrant de la constitution pour accorder le mandat à vie à un président gravement malade.

    Aujourd’hui, la presse nationale a rapporté que le ministre de l’intérieur vient de donner le coup d’envoi officiel d’une fraude future. Se sentant acculé par l’opposition et par la société civile, le pouvoir se voit contraint de faire des concessions sur certaines exigences comme la révision du fichier électoral, la commission indépendante de suivi et de contrôle des élections. Mais la crainte de se voir écarté aux prochaines élections, si élection il y a, le pouvoir prend de l’avance sur les évènements en prétextant des réformes portant sur une valorisation des gestionnaires, autrement dit élargir les prérogatives des secrétaires généraux de mairie au détriment des élus locaux qui ont vu déjà leur pouvoir diminué avec le nouveau code communal.

    Comme nous le savons si bien, l’administration a toujours été l’instrument, par excellence, de la fraude au service du pouvoir. Le ministre de l’intérieur a donc avancé que 72 nouveaux grades seront créés pour soi-disant « la prise en charge  de fonctions vitales« . Par contre, il n’a pas soufflé mot sur la police urbaine qui doit être mise sous l’autorité du maire comme le stipule le code communal. C’est avec l’aide de cette police urbaine que le maire peut instaurer le respect de l’hygiène publique, l’ordre et la discipline dans sa commune, etc…

    Il nous est aisé de deviner que tout se jouera au niveau des communes concernant l’exploitation des résultats des élections et de proclamations des résultats finaux qui seront en conformité avec les orientations de la tutelle.

    Les vieilles pratiques ont la peau dure parce qu’elles sont entretenues par le pouvoir lui-même dont son seul souci est de se maintenir aux commandes malgré tous les échecs enregistrés et tous les scandales financiers liés, pour la plupart, à de sales affaires de corruption dont la justice  demeure craintive pour ouvrir des enquêtes.

    Avec tous ses risques et ces pièges qui se préparent, on se demande quelles seraient les formations politiques, mis à part les partis satellitaires et les pseudo-opposants, qui s’aventureraient dans cette nouvelle mascarade dont les jeux sont à l’avance fermés.

    Réforme

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    Informations et vérités sur l’ITE de Bgayet

    Posté par jiljadidbejaia le 19 septembre 2016

    La presse d’aujourd’hui rapporte qu’un mouvement de contestation a été provoqué par les étudiants de l’université de Bgayet qui revendiquent, entre autres, la réouverture de la cité universitaire (ITE de A3mriw) car celle-ci a été restituée à la direction de l’éducation.

    J’ai donc jugé nécessaire d’apporter quelques éléments d’information concernant cet édifice. Que nos jeunes étudiants sachent qu’il n’est nullement dans mon intention de désavouer leurs revendications, qui sont tout à fait légitimes, bien au contraire, toute la société civile les soutient car les conditions de vie de ces futurs cadres du pays évoluent dans des conditions lamentables et indécentes.

    Mon intervention porte uniquement sur la genèse de cette infrastructure qui était anciennement I.T.E (Institut de Technologie de l’Education) qui avait pour mission principale d’assurer une formation pédagogique des futurs enseignants comme cela est pratiqué partout dans le monde. Malheureusement, cet institut a cessé de fonctionner, pour des raisons que nous ignorions mais qui nous est facile aujourd’hui de deviner ; autrement dit, la bâtisse est restée vide à part quelques employés qui assuraient le gardiennage.

    Le recteur de l’époque, Mr Djoudi Merabet, a sollicité l’APW (Assemblée Populaire de Wilaya) que j’avais l’honneur de présider, pour lui céder cette infrastructure pour 2 ou 3 années, c’est à dire le temps de finir la construction d’une cité universitaire.
    Les arguments avancés en pleine assemblée, par le recteur, étaient convaincants. Il a informé l’ensemble des élus et les cadres de l’administration de wilaya de l’ambition projet mis en route comme la création de nouveaux départements, de nouvelles facultés et du nouveau campus d’Abudaw. Ceci provoquera inévitablement un flux important d’étudiants des communes de l’intérieur de la wilaya de Bgayet et d’autres wilayas du pays.

    Le Directeur de l’éducation de la wilaya de Bgayet, présent à la session, a été invité à donner son avis du moment que cette infrastructure, un bien du patrimoine de la wilaya, était gérée par sa direction. Il a confirmé que depuis quelques années, et sur instruction du ministère de l’éducation, tous les ITE ont cessé d’activer. (Nous comprenons aisément, aujourd’hui, pourquoi nos enseignants dérapent et piétinent vulgairement les règles pédagogiques de l’éducation. Tous les malheurs de gestion ont une cause humaine).

    Après débat, l’Assemblée Populaire de Wilaya a délibéré favorablement pour céder, à titre provisoire, à l’université de Bgayet l’infrastructure de l’ITE pour servir de cité d’hébergement des étudiants.
    Comme l’université a joui d’une grande renommée pour la qualité de son enseignement, de très nombreux étudiants des autres wilayas ont afflué vers notre ville pour leur formation universitaire. De ce fait, toutes les nouvelles résidences construites n’ont pas suffi pour absorber le flux, de plus en plus important, d’étudiants. Par conséquent, le délai de 2 années accordé a été largement dépassé d’autant plus que le ministère de l’éducation n’a jamais affiché sa volonté de relancer les ITE.

    Aujourd’hui, nous relevons, avec joie et bonheur, que le ministère de l’éducation -j’allais dire le pouvoir, parce qu’un ministre ne fait qu’exécuter le programme qu’on lui donne- a décidé d’engager de « sérieuses réformes » dans le système éducatif en réhabilitant les instituts de technologie. Il est donc logique que ce centre soit repris pour assurer à nouveau sa mission de formation des enseignants.

    Ceci ne diminue en rien le bien-fondé des revendications des étudiants qui exigent de meilleures conditions d’hébergement et de travail que le ministre de l’enseignement supérieur se doit de satisfaire si l’on veut que le jeune étudiant d’aujourd’hui soit la relève de demain.

    ITE de Bgayet

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    La communication. La plus grave des crises algériennes

    Posté par jiljadidbejaia le 12 septembre 2016

    Indiscutablement, par la faute d’une gouvernance irréfléchie et inadaptée, notre pays est secoué par plusieurs crises qui se traduisent par une déstructuration totale de la société. Cette situation alarmante a été décriée par plusieurs formations politiques et des personnalités nationales sans que cela ne retienne l’attention de nos dirigeants qui s’entêtent à foncer sur le mur, en accélérant.

    Parmi toutes ces nombreuses crises qui mettent à mal la stabilité sociale et mettent en danger la cohésion nationale, il en est une qui est la plus importante car elle conditionne toutes les autres, c’est la crise de communication.
    Comme chacun sait, le système politique algérien n’a jamais inscrit la politique de communication dans son registre de priorités comme l’exige une gestion rigoureuse, efficace et transparente. Bien au contraire, le régime algérien affectionne la cachoterie et la gouvernance trouble pour mieux voiler ses insuffisances, préférant ainsi favoriser les rumeurs de rue et les spéculations.

    Il est universellement reconnu que la culture de communication incombe, depuis toujours, à tous les acteurs de la société, en premier la classe politique et les universitaires en général, qui doivent s’inscrire dans la mise en place de cette culture de communication et de l’enraciner dans les mœurs sociales si l’on veut rétablir la confiance entre les institutions de l’Etat et le peuple, condition sine qua non d’une stabilité sociale.

    Malheureusement, à défaut d’une communication officielle et rigoureuse, la société comble les vides par des rumeurs des plus alarmantes aux plus farfelues. Et comme par hasard, ce sont les rumeurs les plus folles qui se répandent le mieux et qui sont colportées, malgré eux, par les citoyens en mal d’informations.

    Voilà pourquoi j’ai repris un passage d’une déclaration faite par le président de l’association « Aâlawiya » de Mostaganem lors de la célébration du centenaire de la Voie Soufie Aâlamiyya.

    Communication

    Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

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    Les personnes handicapées demeurent les oubliées des pouvoirs publics

    Posté par jiljadidbejaia le 20 juin 2016

    Pension handicapésIl est dans la nature de ce système qui nous dirige de placer les intérêts des membres des clans qui le constituent avant ceux du peuple. Et, lorsqu’il arrive qu’une décision serve les intérêts légitimes des citoyens, les tenants du pouvoir s’arrangent toujours, par de multiples parades, de nous convaincre que c’est grâce à « leur générosité » et à « l’intérêt accordé au peuple » que cette charité nous est parvenue.

    Les «berrahines» et les affidés identifiés ou cachés du pouvoir sont toujours assez nombreux et disponibles pour nous faire parvenir l’information relative à la paternité de cette obole comme si les richesses du sous-sol leur appartenaient, qu’ils sont les « authentiques propriétaires » de ce pays et que les citoyens sont réduits au statut de simples locataires vivant de la charité de nos dirigeants.

    Cette situation a toujours prévalu dans notre pays, et les citoyens, victimes de ce diktat, en sont parfaitement conscients mais malheureusement mis sous oppression pour étouffer toute manifestation sociale.

    Je n’ai nullement l’intention de m’étaler davantage sur le constat de la situation car tout le monde la connait. Les raisons qui m’ont poussé à écrire cet article, c’est beaucoup plus pour m’indigner du mépris affiché par ce gouvernement à l’égard d’une frange de la société que représentent les handicapés physiques et mentaux au niveau national. Et pourtant, l’initiateur de la charte universelle des droits de la personne handicapée n’est autre que l’Algérien, le Professeur Mahfoud Boucebci, lâchement assassiné par un minable tôlier. Cette charte a été adoptée par l’Organisation des Nations-Unies et que notre pays a signée et ratifiée.

    Qu’en est-il sur le terrain ?

    Avant de répondre très succinctement à cette question qui exigera de nombreuses réponses, je tiens à préciser que je ne suis pas handicapé et que je n’ai aucun membre de ma famille handicapé. Mais, je reste convaincu que nul n’est à l’abri d’un handicap et nul n’a droit à l’indifférence de la situation alarmante des personnes handicapées qui vivent autour de nous.

    Mauvaise prise en charge des personnes handicapées

    La prise en charge est très insuffisante pour ne pas dire inexistante alors que les besoins manifestés par cette frange de la société sont énormes (chaises roulantes, prothèses, suivis médicaux, la rééducation orthophonique ou fonctionnelle, etc…). L’ironie du sort veut que le plus grand de ces personnes handicapées sont issues de familles à faibles revenus ou carrément de familles démunies.

    Mépris des services publics

    Les textes réglementaires de l’urbanisme recommandent l’aménagement de voies d’accès aux personnes à mobilité réduite pour leur permettre d’accéder aux différents services publics. Mais, malheureusement, sur le terrain c’est le mépris total de la part de ces bureaux d’études, des responsables de l’exécutif et même des élus locaux et nationaux. Si l’on ne peut pas trop critiquer les concepteurs des anciens édifices publics, il n’en est pas de même des nouvelles structures publiques dont les architectes sont formés et informés de cette nécessité qui est aujourd’hui universelle.

    Quelques rares administrations ont conçu une rampe d’accès à cette catégorie de personnes, mais qui s’arrête au niveau du premier palier qui n’est autre que le rez-de-chaussée alors qu’il y a des services qui se trouvent au quatrième ou cinquième étage sans ascenseur (cas du service des impôts de Bgayet). Cette façon d’agir s’apparente à du mépris caractérisé comme si la personne handicapée n’a pas droit de gérer une activité commerciale, de faire des démarches auprès d’une administration, de demander audience à un magistrat, etc…

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    Une pension qui s’apparente à une gifle

    Malgré l’aisance financière de l’Algérie des années passées, malgré les cris de détresse lancés par les personnes handicapées, malgré les alertes lancées par les nombreuses associations humanitaires sur les conditions de vie précaire de cette frange fragile de la société, les pouvoirs publics continuent de faire la sourde oreille.

    Le gouvernement préfère tripler les indemnités des députés et des sénateurs qui ne produisent rien et qui n’osent même pas s’indigner sur le sort de ces personnes malades et à mobilité réduites à qui on demande de survivre avec 4000,00 DA/mois, soit l’équivalent de 25 Euros par mois avec lesquelles il doit se nourrir, s’habiller, s’entretenir, etc…

    Le pire de l’histoire est que souvent cette minable pension arrive un énorme retard sans possibilité de recours. Toutes ces brimades entament la dignité des handicapés auxquelles il faut rajouter l’absence totale du service statistique au niveau de toutes les communes du pays. Cette situation favorise les détournements des dons en nature destinés à ces personnes malades et démunies.

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    Jil Jadid suggère.

    Il est urgent, aujourd’hui, que toutes les communes du pays mettent en place un service des statistiques qui leur permettra d’actualiser la liste des personnes handicapées physiques ou mentales afin d’élaborer un programme de suivi et de soutien de cette catégorie sociale.

    De même qu’il est nécessaire de dissoudre ce ministère de la solidarité, dont l’appellation est réductrice, pour mettre en place un Secrétariat d’Etat aux personnes handicapées et aux familles démunies.

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    Pourquoi Jil Jadid a quitté la CLTD ?

    Posté par jiljadidbejaia le 9 juin 2016

    Beaucoup de sympathisants de notre parti Jil Jadid n’ont pas cessé de me poser la question portant sur le retrait de notre formation politique de la coordination alors que nous étions les précurseurs de la construction d’un pôle d’opposition.

    J’ai donc opté pour la republication de l’interview accordée par le président du parti, Soufiane Djilali, au journaliste du quotidien Le Soir d’Algérie.

    Ci-joint le lien de l’interview.

    http://news.jiljadid.info/fr/actualites/soufiane-djilali-pour-le-soir-dalg%C3%A9rie-%C2%ABle-pays-est-bloqu%C3%A9%C2%BB.html

    —————————

    Le pays est bloqué

    Dans cet entretien, Soufiane Djillali s’explique sur les raisons qui l’ont poussé à quitter la CNLTD et analyse la situation de crise qui prévaut dans le pays.

    Le Soir d’Algérie : De manière inattendue, vous vous retirez de la CNLTD. Qu’est-ce qui a motivé ce geste ?

    Soufiane Djillali : Cette décision couvait depuis un bon moment. Elle aurait pu se produire en janvier 2015 lorsque le majliss ecchoura du MSP avait décidé d’ouvrir un dialogue direct avec le pouvoir sans prendre l’avis de la CNLTD, elle a failli être annoncée le 9 juillet de la même année lorsque M. Mokri avait rencontré M. Ouyahia sans que personne n’en soit averti au préalable. Personnellement, j’avais fait part de mon désaccord. Mais on avait tous alors décidé que la CNLTD était plus importante que ce geste qui officiellement était sans conséquences.

    Mais Monsieur Mokri est revenu à plusieurs reprises dans les médias, sur plusieurs plateaux de télévision et lors de meetings, sur sa demande d’établir un «gouvernement d’union nationale» entre les partis de l’opposition et ceux du pouvoir. Il est évident que cette position devenait stratégique pour ce parti. Il faut dire que lui au moins a eu la franchise de soutenir sa position publiquement. Au sein de la CNLTD, il y avait une hostilité déclarée contre les positions de Jil Jadid et aucune de nos propositions ne passait : refus de s’engager à prendre une position commune concernant les élections avec option de boycotter en cas d’absence de garanties d’un vrai scrutin, refus de s’engager à ne pas négocier en solo avec le pouvoir, refus de discuter d’un programme commun, refus d’engager une discussion sur un modèle de constitution…

    Puis au final, je vois que tout le monde s’accommode bien des élections. Le RCD et le MSP participent aux sénatoriales, et tout le monde vise les législatives, sans mettre, à mon avis, les conditions de transparence pour en finir avec la logique des quotas.

    J’avais prévenu mes ex-partenaires qu’à ce rythme, Jil Jadid se trouverait en porte-à-faux avec ses principes et qu’il ne me sera pas possible de cautionner ces choix en tant que membre de la CNLTD. Je rappelle que celle-ci avait publié des communiqués, sans compter la plateforme de Zéralda, où elle disait que M. Bouteflika était illégitime, que ce gouvernement a mené le pays au désastre et à l’échec, que la corruption est de son fait, qu’en son sein pullulent des corrompus, etc. Maintenant on demande d’entrer au gouvernement de M. Bouteflika, de participer à ses scrutins frelatés, de cohabiter avec les «corrompus», de partager la gestion du pays et d’accepter à respecter les «lignes rouges» de M. Saâdani et consorts. Pour compléter le tableau, M. Ouyahia, comme en écho aux appels au gouvernement d’union, vient d’ouvrir une brèche et tend la main à l’opposition. J’ai le profond sentiment d’avoir raté quelque chose ! 

    Je sais qu’au sein de la CNLTD, la position de Jil Jadid est désormais minoritaire, et que probablement elle est perçue comme trop radicale. Seulement, et nous ne l’avons jamais caché, notre objectif à nous est d’aider ce pouvoir à s’en aller et non pas à participer avec lui à la gestion du pays. Et s’il n’y a pas un vrai engagement pour la construction d’institutions crédibles et légitimes, je refuserai de cautionner un processus électoral dévoyé, même au prix de mon exclusion de la scène politique. Mais je ne suis pas là non plus pour obliger les autres à avoir les mêmes convictions que les miennes. En tout état de cause, il faut être réaliste : pour moi, la CNLTD a épuisé son potentiel et atteint ses limites.

    Que voulez-vous dire par la cnltd a atteint ses limites ?

    A Jil Jadid, notre intime conviction est qu’il faut préparer la prochaine phase pour le pays. La CNLTD a réalisé ce qu’elle pouvait faire. L’opposition en général et la CNLTD en particulier ont fait leur devoir moral : elles ont informé leurs concitoyens. Bien entendu, quand je dis «opposition», je parle des partis mais aussi de la société civile, des intellectuels, des syndicalistes, sans oublier les journalistes. Mais les enjeux de l’avenir nous exigent bien plus. Il faut une vision, un vrai projet, des positions claires. Les directions stratégiques des uns et des autres sont devenues inhibitrices pour le groupe. J’en ai tiré les conclusions. Peut-être qu’en me retirant, les autres membres se retrouveront plus à l’aise et en harmonie. C’est d’ailleurs ce que j’ai compris des premières réactions du RCD à la suite de mon retrait. 

    En vous retirant, vous n’avez pas peur d’affaiblir l’opposition ?

    Absolument pas. Imaginez que je sois resté à la CNLTD et que celle-ci participe aux élections puis entre au gouvernement. Qui aura gagné, le pouvoir ou l’opposition ? Là au moins il y a une voix discordante. Par ailleurs, n’oubliez pas qu’il y a la société civile et beaucoup de personnalités, sans compter d’autres partis politiques qui continuent à croire en un vrai changement. Enfin, l’Icso est toujours là, et c’est un rassemblement plus large !

    Par ailleurs, une solution négociée ne veut absolument pas dire une participation à un gouvernement d’union. Nous voulions négocier des règles du jeu politique à respecter par tous, pas un partage du pouvoir. Je sais, pour le vivre moi-même depuis 27 ans, qu’il est difficile de faire de l’opposition en sachant que vous n’avez aucune chance d’arriver au pouvoir avec ce régime. Mon but est de contribuer à faire évoluer le régime politique vers l’Etat de droit et non pas de détenir une parcelle de décision à l’ombre du système actuel. Certains pourraient penser que c’est un idéalisme naïf, moi je reste persuadé qu’offrir à la nouvelle génération un vrai modèle d’une action politique honnête est plus profitable au pays qu’un siège de député ou de ministre dans ce système. 

    Que proposez-vous en échange ?

    Nous sommes arrivés à une étape où il faut proposer aux Algériens un projet de société. Il ne s’agit pas d’énumérer des chiffres sur la croissance économique ou le nombre de logements et de postes d’emploi à créer. Non, il y a lieu d’expliciter une vraie vision d’avenir, un projet de construction d’une société qui est par ailleurs en plein bouleversement.
    Nous avons, à plusieurs reprises, répété que c’est le «système» de gouvernance en entier qui doit être changé. Contrairement aux accusations à notre encontre, ce n’est pas le «siège présidentiel» qui nous importe. Pour ma part, je critique le président de la République parce qu’il est le parrain de ce régime depuis plus de 17 ans. Et ce régime est malsain, prédateur et sans morale. A l’avenir, il nous faut instaurer un Etat de droit et une démocratie de qualité dans le pays. Cela doit se faire progressivement mais résolument. Il faut une alternative crédible aux yeux de l’opinion nationale et internationale.

    En tout état de cause, Jil Jadid présentera aux Algériens sa vision des choses dès la rentrée prochaine. Nous travaillerons en collaboration avec tous les démocrates du pays qui le désirent, pour proposer aux Algériens les voies et moyens pour remettre le pays sur la voie du développement. L’Algérie est mûre pour un projet de société porté par un courant d’idée démocrate.

    Le pays traverse une crise sans précédent. Comment peuvent évoluer les événements, selon vous ?

    Le pays est exposé à de graves difficultés. Pour se limiter au plan politique, les Algériens sont aujourd’hui convaincus que le président de la République est totalement absent. Il ne leur parle pas et ne dirige pas dans les faits et, même recevoir quelques convives, ne fait plus diversion, tout au contraire. Par ailleurs, les institutions sont bloquées, le Conseil des ministres n’est réuni que très rarement et juste pour la galerie et faire passer une fournée de lois. L’APN est une coquille vide, infestée de prédateurs et de petits ambitieux. Quant aux partis du pouvoir, ils sont devenus des appareils délabrés.

    Pour illustrer mes propos, voyez ce qui s’est passé avec l’examen du baccalauréat et même auparavant avec l’examen de recrutement des enseignants. La fraude est devenue rédhibitoire et à large échelle. Qui en est responsable ? Les élèves ? Les enseignants ? Je vais vous le dire clairement : quand votre Etat n’a plus assez de dignité pour respecter le vote de ses citoyens, lorsqu’un candidat devient président de la République après avoir présenté au Conseil constitutionnel un dossier de santé frauduleux et tout le monde ferme les yeux, lorsque vous avez des ministres qui trichent avec le fisc, transfèrent de l’argent dans les paradis fiscaux sans que personne lève le petit doigt, lorsqu’un M. Chakib Khelil se pavane sous escorte dans les zaouïas sans conscience… quel message croyez-vous transmettre au peuple ? Tout est maintenant truqué, les matchs de foot, les CV des responsables, les comptes de Sonatrach…

    Non, je vous l’assure, coopérer avec ce pouvoir pour lui donner même un semblant de légitimité n’est pas la solution. Il faut rester ferme et sans concessions : la seule chose qui vaille, même si cela devrait durer encore 20 ans, c’est de préparer le vrai changement.

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    Tasuta Tamaynut n’Bgayet (Jil Jadid n’Bgayet) dénonce les tentatives de récupération et de clochardisation de la cause Amaziɣ par le pouvoir;

    Posté par jiljadidbejaia le 21 avril 2016

    Malgré les dénonciations publiques et souvent reprises par la presse écrite et audiovisuelle nationales et internationales, le pouvoir, assisté de ses relais, s’obstine à tenter de récupérer et de clochardiser coûte que coûte la revendication Amaziɣ après avoir tenté, pendant très longtemps, de l’étouffer, voire même de l’effacer quitte à falsifier l’histoire.

    La répression consciente exercée par le pouvoir algérien sur les militants pacifiques de la revendication amaziɣ a été contre productive. Bien au contraire, cette répression a renforcé la détermination des Amaziɣ pour une reconnaissance de leur langue maternelle et de leur identité.

    Le pouvoir, croyant avoir trouvé la parade pour soustraire cette revendication qui s’est élargi bien au-delà des frontières de l’Afrique du nord, et de s’en accaparer, introduit cette revendication dans une énième constitution qui sert beaucoup plus les intérêts des clans au pouvoir plutôt que ceux du peuple algérien. Cette consécration-piège s’apparente davantage à un enfermement qu’à une volonté d’épanouissement de cette langue-mère millénaire.

    Le Conseil politique de notre parti, Tasuta Tamaynut (Jil Jadid) a rejeté dans le fond et dans la forme la mouture de cette nouvelle constitution qui était porteuse de dangers pour la stabilité du pays, pour la cohésion sociale et pour l’unité nationale.

    Aujourd’hui, avec l’arrivée de la date-symbole du 20 avril 2016 qui marque le 36ème anniversaire du combat identitaire, le pouvoir, toute honte bue, récidive en organisant des festivités folkloriques dans le but de clochardiser cet évènement payé au prix du sang de nos Martyrs.

    Tasuta Tamaynut n’Bgayet (Jil Jadid de Bgayet) dénonce l’attitude insultante du ministère de la jeunesse et des sports qui aurait ordonné à sa direction de Bgayet d’organiser le « premier festival du chant patriotique amaziɣ ». Mieux encore, les organisateurs optent pour la placette Saïd Mekbel qui n’est pas plus grande qu’un mouchoir de poche alors que les pouvoirs publics ont toujours affectionné le Théâtre ou la Maison de la culture. Mais comme plusieurs partis politiques ont programmé une marche qui se terminera au niveau de cette placette avec une prise de parole, nos organisateurs diaboliquement bien conseillés ont occupé les lieux dès 08 heures du matin sans calculer les risques de dérapage. Ils ont ramené un groupe de jeunes écoliers (filles et garçons) ne dépassant pas quinze années d’âge pour chanter ces chants patriotiques au risque d’assister à des scènes de désordre.

    Tasuta Tamaynut n’Bagyet dénonce ces tentatives de récupération et de clorchardisation du printemps Amaziɣ et de la terreur exercée sur la population par les services de sécurité qui ont affecté un hélicoptère qui a commencé à tourbillonner au dessus de la ville, parfois même à basse altitude, depuis le 16 avril.

    Tasuta Tamaynut n’Bgayet se solidarise avec tous les militants pacifiques de la cause amaziɣ, qui est un facteur déterminant de stabilité et de cohésion, et fait sienne cette revendication qui s’étale aujourd’hui sur toutes l’étendue de l’Afrique du nord.

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    Akbou accueille une délégation de Jil Jadid

    Posté par jiljadidbejaia le 18 avril 2016

    Depuis quelques semaines, le Conseil Politique de Jil Jadid piloté par son président, Soufiane Djilali, a tracé un ambitieux programme de tournées à travers les wilayas du pays pour des contacts directs avec les citoyens.

    Ce lundi 18 avril 2016, ce fut Akbou, deuxième ville de la wilaya de Bgayet, qui accueillit chaleureusement la délégation de Jil Jadid composée d’une dizaine de cadres dont le coordinateur de la commune, Brahim Abdelouhab. Les Akbouciens, naturellement, bombardaient le président du parti de questions sur la situation politique explosive prévalant ces dernières années dans notre pays. Tous les citoyens, jeunes et moins jeunes, ne manquaient pas de confier au président du parti la rupture de confiance entre le peuple et les institutions de la république ainsi que de ses dirigeants. L’institution la plus critiquée fut celle de la justice après la série de scandales financiers et des graves affaires de corruption rapportées par la presse écrite locale et étrangère.

    Certains jeunes avouent leur désespoir de voir la situation générale se redresser et leur avenir s’améliorer en matière de postes d’emplois, de logements, de leur pouvoir d’achat, etc… Les enseignants n’étaient pas en reste en dénonçant la répression exercée par les pouvoirs publics sur leurs collègues vacataires qui réclamaient des droits socio-professionnels.

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    « L’Algérie est malade », déclare le président de Jil Jadid

    Posté par jiljadidbejaia le 17 avril 2016

    Djilali

    Texte intégral

    Conférence de presse du 16 avril 2016

    du président de Jil Jadid

    Mesdames et Messieurs,

    L’Algérie est malade. Elle est malade de son Président, de son gouvernement, de ses institutions, en un mot, de son système politique.

    Que de fois l’avons-nous dit, que de fois l’avons-nous répété.

    Le choix malheureux d’un quatrième mandat a mené le pays là où beaucoup l’avait prédit : le désordre et la paralysie.

    Faut-il aujourd’hui s’offusquer face à l’effondrement de pans entiers de l’Etat ?

    L’image du pays est ravagée. L’opinion mondiale vient d’être informée qu’à Alger, il n’y a plus que l’ombre d’un régent. Leurs dirigeants quant à eux le savaient depuis longtemps.

    L’opinion nationale elle, se sent profondément humiliée par les incessants mensonges, la malhonnêteté et la cupidité de ses gouvernants.

    Comme chacun le sait, l’Etat algérien a été fondé sur le capital symbolique de la révolution. Malheureusement, au lieu d’être fructifié, ce capital a été consommé et dilapidé par ceux là mêmes qui avaient la charge d’entretenir sa mémoire.

    Aujourd’hui, les zaouaya de Chakib Khellil, les comptes off shore de Bouchouareb ou le tweet de Valls dévoilant l’insoutenable dégradation de l’image du Président, ne sont que les derniers épisodes d’une affligeante fin de régime.

    Oui, le régime politique algérien est entrain de rendre ses derniers souffles.

    Dans quelques semaines ou quelques mois, durée qui ne représente qu’un laps de temps très court dans la vie d’une nation, ce pouvoir rendra l’âme.

    Dans l’opposition, combien de fois, ces dernières années, avons-nous demandé l’organisation d’un passage en douce du système algérien vers une forme de gouvernance plus moderne, vers la transparence, le respect du peuple et l’Etat de droit.

    Cela aurait pu se faire à la fin du troisième mandat. Cela aurait pu se faire par la mise en place d’une constitution consensuelle et des institutions élus dignement. Cela aurait pu se faire avec des élections présidentielles anticipées. Mais de tout cela, le pouvoir n’en avait cure.

    Maintenant il est probablement trop tard.

    Tous les fondamentaux d’une crise paroxysmique sont là : un Président inapte à la conduite des affaires, un gouvernement fait de bric et de broc, des partisans du Président en guerre intestine, une mal gouvernance, un désordre généralisé, une économie de rente en perdition, une contestation sociale grandissante… Tout cela ne peut mener qu’au choc final.

    Je le sais, la réaction de celles et ceux qui m’écoutent me diront : oui, mais que proposez-vous ? Que faut-il faire pour sortir de cette crise mortifère ?

    Ma réponse peut être choquante mais je vous la donne : à la limite, il n’y a plus rien à faire sinon attendre la chute finale et  l’enterrement de ce régime. Et ce n’est pas à nous de nous occuper de la cérémonie de ses funérailles. Le régime algérien agonise et devra quitter la scène et  laisser la place à une nouvelle république. C’est à vous, Monsieur Abdelaziz Bouteflika que revient cette responsabilité. C’est à vous de vous décider quand et comment quitter le pouvoir. Et le plus tôt serait le mieux. Dans le cas contraire, les événements vous dépasserons,  nous dépasserons tous.

    Alors, saisissez cette ultime perche, tendue par le destin. Sortez de l’enfer dans lequel vous vous êtes laissé enfermés. Donnez-vous une chance de ne pas être accusé par l’histoire d’avoir été le fossoyeur de l’Algérie, d’avoir été la cause du sang qui pourrait couler, d’avoir sciemment organisé la déroute nationale.

    Vous vous êtes entouré, probablement en toute conscience, d’hommes sans conscience.

    Alors ayez un réflexe salutaire, pour vous, pour votre famille, pour votre nom.

    Dites « oui » à l’Algérie profonde et  « non » à la nomenklatura qui a trahi le message de novembre. Organiser votre départ en emmenant avec vous cette cohorte d’hommes sans foi ni loi qui ont pris toute l’Algérie en otage.

    En attendant l’issue inéluctable, la société doit réagir. L’élite du pays doit bouger.

    Il nous faut impérativement penser puis construire un avenir. Seuls, les quelques journalistes qui dénoncent, les quelques politiques qui se battent, les quelques patriotes qui tiennent encore à leur pays, ne suffisent plus.

    Le peuple est réduit à se coudre les lèvres, à s’allonger sur les trottoirs et à se faire molester par la police. Le peuple fait ce qu’il peut, c’est-à-dire, beaucoup mais pas assez.

    Mais, où est l’élite ? Où sont ces hommes et ces femmes, qui ont pour devoir d’éclairer et de diriger le pays ?

    Il faut passer aux actes. Il faut s’engager. Il faut coordonner nos actions. Tranquillement, paisiblement mais de façon déterminée.

    Il nous faut mettre en place un projet de société qui soit construit sur la confiance de soi. Sur la confiance en l’avenir, malgré toutes les difficultés, malgré tous les défis.

    En 1945, au sortir de la 2ème guerre mondiale, certains pays étaient totalement détruits. Un demi-siècle après ils étaient redevenus des puissances mondiales.

    Malgré une chute drastique de la valeur des hydrocarbures et donc des entrées en devises, l’Algérie peut et doit reprendre le chemin d’une forte croissance. Il suffit d’éliminer les surfacturations qui ont coûté autour de 20 milliards de dollars l’an selon les aveux du gouvernement, il suffit de compter sur la main d’œuvre algérienne pour les grands travaux et le bâtiment, il suffit de lever la chape de la bureaucratie grâce à laquelle les gouvernants amassent les milliards de dinars qu’ils transfèrent ensuite à l’étranger par le change parallèle et parfois au taux de change officiel. Il suffit de mettre les hommes et les femmes de qualité dans les postes de responsabilité et non pas les ignorants au service des puissants et les enfants gâtés des pontes du régime à Sonatrach, aux ambassades, à Air Algérie ici et à l’étranger et dans tous les démembrements de l’Etat qui donnent le contrôle de la rente, des devises, des terrains et des juteux contrats !

    Le pays a tous les moyens pour se remettre au travail et pour vivre dignement de ses propres efforts. Pour cela, il faut remplir une condition : écarter définitivement les hommes qui ont été au pouvoir depuis trop longtemps, qui ont organisé le système de corruption, qui ont dévitalisé la jeunesse par des programmes scolaires criminels, qui ont laminé l’esprit d’entreprise…

    L’histoire retiendra qu’après l’erreur du socialisme scientifique et spécifique, le pays entra dans la guerre idéologique dont il n’est ressorti que pour tomber dans l’ère orgiaque et du délire du consumérisme. Après tant de soubresauts, l’heure est venue pour que le travail, le mérite et le sérieux reprennent leur place.

    L’élite est interpellée. Elle existe. Elle est capable. Il lui suffit maintenant de vouloir puis de passer à l’acte.

    Je sais que pendant trop longtemps, la société n’aimait pas l’élite. C’est ainsi qu’elle a été conditionnée.

    Je sais que les hommes et les femmes de ce pays qui se respectent n’osent pas s’engager en politique tellement l’image des partis politiques est repoussante.

    Je sais que les hommes et les femmes de valeurs ont des difficultés à se voir côte à côte avec les hommes du régime qui ont incarné la politique : valeurs dégradés, cupidité et souvent  déshonneur.

    Pourtant, malgré cela, il n’y a pas de solutions aux problèmes du pays sans engagement politique de l’intelligentsia.

    L’Algérie mérite autre chose que des analphabètes en costard, des voyous au haut des tribunes et des voleurs en gérant des bijoux de la nation.

    Il faut résolument tourner la page. Il faut libérer les énergies.

    Je fais ici un appel à la société civile : c’est le moment de construire ensemble un projet de société et de le proposer à nos compatriotes.

    Je sais que beaucoup n’aiment pas s’engager dans des structures partisanes. C’est leur droit. Cependant, ils doivent contribuer à formuler un avenir pour leur pays et pour leurs enfants et à agir dans le sens de sa réalisation : cela c’est leur devoir.

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    Le wali de Bgayet serait-il contre Tamaziɣt ?

    Posté par jiljadidbejaia le 16 avril 2016

    Selon des sources crédibles, le wali de la wilaya de Bgayet aurait instruit les directeurs des cités universitaires de ne pas autoriser les conférences-débats portant sur des thèmes politiques. L’instruction insisterait davantage sur ces jours-ci compte tenu de l’approche du 20 avril 2016 alors que tout le pouvoir et ses commis savent pertinemment que les étudiants, à travers le pays, célèbrent cette date qui rappelle le noble combat, avec les morts et les blessés qui l’accompagnent, pour la reconnaissance de l’identité et la langue Amaziɣ.

    Faut-il rappeler à ce commis de l’Etat que l’université est le lieu de formation politique par excellence pour les générations appelées à reprendre le flambeau du combat contre le sous-développement et pour affronter les défis de cette mondialisation ?

    Faut-il rappeler à ce fonctionnaire de l’Etat que tous les thèmes susceptibles d’être débattus en public revêtent un aspect politique ?

    A titre d’exemples :

    * lorsqu’un citoyen se rend au marché et constate que le prix de la pomme de terre a augmenté de 01 Dinar et qu’il en parle autour de lui, il fait de la politique.

    * lorsqu’une ménagère va dans la superette de son quartier pour faire ses emplettes et constate que le prix du savon pour vaisselle a augmenté de 05 Dinars et qu’elle en parle avec ses enfants ou ses voisines, elle fait de la politique.

    On peut énumérer des milliers d’exemples que l’on rencontre quotidiennement où la politique est présente dans la vie des citoyens lambda. Donc, le wali de Bgayet, qui obéit certainement à une instruction « venue d’en haut », contribue à compromettre dangereusement la formation de nos jeunes étudiants qui se retrouvent, à la fin de leurs études, complètement désarmés devant les problèmes de la vie courante. Ils deviennent, par conséquent, des sujets malléables et facilement manipulables par les forces obscurantistes qui infestent de nombreux espaces publics.

    Plus grave que cela ! Cette instruction qui insisterait sur les restrictions de la liberté d’expression, à l’approche d’une date historique qui rappelle le sang qui a coulé des jeunes victimes des balles assassines du pouvoir pour avoir eu le tort de revendiquer la reconnaissance de leur identité et de la langue-mère de la Numidie, alors que la nouvelle constitution vient de consacrer, dénote les intentions malsaines et inavouées du pouvoir central de réduire à néant l’aboutissement de ce long et douloureux combat.

    La coordination de Jil Jadid-Bgayet dénonce toute instrumentalisation de la revendication identitaire et toute pression policière ou administrative susceptible de compromettre le plein épanouissement de nos concitoyens, d’une façon générale, et de nos étudiants, d’une façon très particulière.

    La coordination de Jil Jadid-Bgayet se déclare pleinement solidaire de toute action pacifique et d’intérêt général visant la stabilité, la cohésion nationale et l’unité nationale dont la reconnaissance de l’identité et de la langue Amaziɣ reste le point central.

     

    Conférence

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